Julie Boulet

Mairie de Trois-Rivières: qui sera sur les rangs?

Trois-Rivières — Sachant un déclenchement imminent d’une élection partielle à la mairie de Trois-Rivières, il faudra s’attendre, au cours des prochaines semaines, à plusieurs annonces de candidatures potentielles pour succéder à Yves Lévesque. Jeudi, toutefois, bien peu parmi les personnalités pressenties pour lui succéder ont souhaité prendre la tribune pour afficher leurs couleurs, laissant toute la place à l’annonce du jour et souhaitant souligner le travail d’Yves Lévesque.

Seul à s’être affiché publiquement comme candidat pour une prochaine course à la mairie, l’ancien conseiller municipal Jean-François Aubin ne cache pas qu’il a été un peu pris par surprise. «Je ne pensais pas qu’une élection partielle arriverait aussi rapidement que ça. Mais j’avais déjà annoncé mes intentions. Pendant que certains disent être en réflexion mais, en réalité, sont en train de se monter une équipe politique, moi je choisis de ne pas jouer de game politique et d’afficher mes couleurs. Il y a eu l’ère Lévesque où de grandes choses ont été faites, mais je crois aussi qu’il faut maintenant tourner la page et construire d’une autre façon, sur d’autres bases», mentionne M. Aubin, citant au passage son intérêt pour promouvoir l’achat local, s’attaquer à la fiscalité municipale et surtout plancher sur la question environnementale.

Ce dernier s’est toutefois dit préoccupé de l’état de santé d’Yves Lévesque et a salué sa décision de faire passer sa santé avant toute chose.

Jean-François Aubin

Le nom de Julie Boulet a également été évoqué pour remplacer Yves Lévesque à la mairie de Trois-Rivières. Bien qu’elle ait déjà avoué ne pas fermer la porte à une nouvelle implication en politique, l’ancienne députée de Laviolette n’a pas voulu aborder cette question jeudi. «Je n’en suis pas là et on va voir pour la suite des choses. Pour l’instant, je veux simplement saluer la carrière d’Yves Lévesque», s’est-elle contentée de dire.

Celle qui a occupé les fonctions de ministre responsable de la Mauricie durant de nombreuses années soutient n’avoir eu que de bonnes relations avec l’ancien maire de Trois-Rivières. «C’est un homme qui a donné beaucoup et qui a eu de longues années de service public. C’est aussi un homme de convictions et un homme passionné», mentionne-t-elle.

«Ce n’est pas facile 25 ans de vie politique. De durer aussi longtemps, ça démontre qu’il a été un maire attachant, près de la population.»

Jean-Denis Girard

Julie Boulet a également évoqué le caractère «coloré» d’Yves Lévesque. «Il n’était jamais dans le gris, mais toujours blanc ou noir. Mais on l’aimait pour ça», ajoute-t-elle. «Je vais garder de très beaux souvenirs de notre belle collaboration.»

L’ancienne ministre libérale n’hésite pas à qualifier Yves Lévesque de «visionnaire». «Il était un maire qui faisait avancer les choses. Ça n’allait jamais assez vite pour lui. Il bousculait parfois, mais il bousculait toujours dans l’intérêt de ses citoyens», affirme Julie Boulet.

L’ancien député libéral de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, pourrait lui aussi être sur les rangs lors de cette élection partielle, même s’il martèle ne pas avoir pris de décision encore. «Je ne dis pas oui, je ne dis pas non. Je n’en suis pas là. J’ai une réflexion à faire, et j’ai aussi entamé des discussions avec quelques entreprises pour la suite de ma carrière professionnelle. Je veux continuer de faire avancer ma ville, je veux m’investir pour la communauté, mais je dois aussi me demander si c’est en politique que ça doit se passer. J’ai une grande réflexion à faire et je veux prendre la décision la plus éclairée possible», mentionne-t-il.

Robert Aubin

Jean-Denis Girard a par ailleurs salué l’engagement et le dévouement d’Yves Lévesque pour sa ville. «Ça a été un homme de passion, de défis. Il a toujours travaillé pour la ville. On a connu des succès incroyables en économie, en tourisme, sur le plan culturel, avec le port de Trois-Rivières, le District 55, la fusion municipale. Les souliers seront grands à chausser», croit M. Girard, qui se dit convaincu que si la santé le lui permet, Yves Lévesque rebondira ailleurs, «dans un défi à la hauteur de ses attentes».

Le député fédéral de Trois-Rivières, Robert Aubin, a lui aussi salué l’audace et le dynamisme du maire démissionnaire. «Il avait l’énergie et le panache. Il n’a jamais eu peur d’aller de l’avant, parfois contre vents et marées. Je lui souhaite le meilleur pour la suite et surtout de retrouver la santé», a-t-il indiqué. Questionné sur une éventuelle candidature dans cette course à la mairie, Robert Aubin a indiqué que ce n’était «pas la journée pour répondre à cette question».