Les candidats Éric Lord, Jean Lamarche et Jean-François Aubin ont débattu pour la première fois jeudi, sur les ondes de Radio-Canada Mauricie.

Mairie de Trois-Rivières: le ton se durcit entre les candidats

Trois-Rivières — Trois des quatre candidats à la mairie de Trois-Rivières ont eu l’occasion de croiser le fer pour une première fois, jeudi soir, à l’occasion d’un débat télévisé en direct, diffusé sur les ondes de Radio-Canada Mauricie. Un exercice qui s’est déroulé rondement, et qui a permis de sentir que la campagne électorale venait aussi de passer à une autre vitesse.

Si les attaques ont été parsemées et quelque peu discrètes depuis le début de cette campagne électorale, on a vraiment senti, jeudi soir, un changement de ton entre les candidats Éric Lord, Jean Lamarche et Jean-François Aubin. L’exercice du débat se prêtant particulièrement bien à un tel changement de ton, les idées de chacun ont tout de même été mises à l’épreuve par leurs adversaires, parfois même vigoureusement.

Le débat, animé par la chef d’antenne Sophie Bernier, se divisait en trois grandes catégories, soit les finances publiques et le développement économique, l’environnement, de même que les services aux citoyens. Les échanges entre les candidats étaient par ailleurs entrecoupés de questions qui avaient été suggérées par des membres du public via les réseaux sociaux.

Finances publiques et développement économique

Signe que la revitalisation du secteur du Bas-du-Cap occupe de plus en plus l’espace public, une grande partie de ce thème y a été consacrée. Les trois candidats s’entendaient tous pour dire que le développement du site de l’ancienne usine Aleris devait devenir une priorité. Jean Lamarche est revenu sur son idée de calquer le modèle Fortissimo développé à Drummondville, voulant apporter une stratégie urbaine à ce secteur en faisant le lien avec le Sanctuaire et l’île Saint-Quentin, en plus de développer un quartier où l’on prônerait mixité sociale, agriculture urbaine et construction de maisons unifamiliales abordables pour les premiers acheteurs.

Jean-François Aubin a martelé qu’il fallait d’abord s’assurer que la décontamination se fasse et s’est engagé à travailler avec le gouvernement du Québec là-dessus, pendant que les urbanistes de la Ville, qui planchent déjà sur des projets potentiels depuis de nombreux mois, développent un projet ayant un sens pour ce secteur en respectant l’esprit du Bas-du-Cap. Éric Lord, lui aussi en faveur d’un plan de développement, s’est toutefois étonné que ses deux adversaires aient pris la parole sur ce sujet avant que les citoyens aient eu la chance de s’exprimer lors de la consultation publique menée sur ce sujet à la fin du mois de mars. M. Aubin a rappelé qu’il travaillait déjà depuis des années dans ce secteur et qu’il n’en était pas à sa première rencontre, alors que Jean Lamarche souligne habiter le Bas-du-Cap et être très bien placé pour connaître les impressions des habitants du secteur.

M. Aubin a dû défendre son projet «Destination Trois-Rivières», soit l’ouverture d’un point de services à Montréal pour attirer les gens à venir s’installer ici, une mesure qui, dans les moyens déployés, est remise en question par ses adversaires. En point de presse à la fin du débat, il a précisé que le moyen déployé, pour le moment évalué à une seule personne, n’était pas coulé dans le béton, et que «Destination Trois-Rivières» devait être vu à l’intérieur d’un plan global de développement économique et de recrutement de main-d’œuvre.

Environnement

La question de l’environnement a certainement soulevé les passions entre les candidats, alors qu’Éric Lord et Jean-François Aubin ont reproché à Jean Lamarche de ne pas proposer de mesures concrètes pour cet enjeu majeur. M. Lamarche estime que de bonnes actions sont déjà en place et souhaite pouvoir bonifier ces différentes actions, en plus de développer un plan de transport alternatif dans un rayon de 5 km de ce qu’il appelle le Carrefour du savoir, formé des institutions d’enseignement et du CIUSSS.

Si M. Aubin a rappelé ses intentions de mettre en place un système de transport en commun efficace, des stationnements incitatifs et un plan d’achat local, Éric Lord a martelé son plan de transition énergétique visant à offrir des incitatifs pour remplacer les systèmes de chauffage polluants en plus de verdir la ville. Jean Lamarche, qui dit douter de la réelle volonté des Trifluviens de se débarrasser de leurs poêles à bois pour les remplacer par un autre système comme le propose Éric Lord, a, pour sa part, mentionné sa préoccupation de s’attaquer à l’éradication de l’herbe à poux, ce qui a fait rire ses adversaires, qui s’intéressaient de leur côté à l’urgence climatique. Questionné en point de presse sur cette mesure en lien avec les changements climatiques, le candidat a insisté sur le fait que la question ne portait pas sur les changements climatiques, mais bien sur l’environnement et qu’à ce sujet, il fallait aussi s’intéresser aux questions de santé publique.

Services aux citoyens

Rappelant tour à tour des engagements déjà pris quant à l’amélioration du déneigement et de l’entretien des trottoirs en plus de diverses mesures déjà annoncées pour la qualité de vie des aînés, les candidats ont dû défendre leurs positions sur différents aspects des services aux citoyens, dont la question du stationnement au centre-ville. Si Jean Lamarche prône la gratuité des parcomètres les soirs de semaine et la fin de semaine, Éric Lord souhaite réaliser le projet déjà prévu au Plan triennal d’immobilisation, soit la réfection et l’agrandissement du stationnement Badeaux.

Jean-François Aubin ne partage pas cet avis, lui qui insiste pour mieux identifier les stationnements déjà existants au centre-ville, en nombre suffisant selon lui, et qui souhaite faciliter l’accès au centre-ville autrement.

Éric Lord a rappelé à Jean Lamarche qu’il avait été inapproprié de sa part de se prononcer sur la question des parcomètres alors qu’un comité formé d’élus, de fonctionnaires, de commerçants et de professionnels planchait déjà sur la question. Ce à quoi M. Lamarche a répondu que M. Lord avait été tout aussi inapproprié en contactant la direction des Canadiens de Montréal pour discuter de la venue de la East Coast League au colisée de Trois-Rivières, alors que l’ancien joueur de la LNH Marc-André Bergeron avait déjà été mandaté pour le faire, selon lui.

Rappelons que le candidat Pierre-Benoît Fortin n’était pas invité à participer au débat, Radio-Canada Mauricie ayant fait le choix éditorial d’inviter les candidats qui, selon l’organisation, représentaient les courants majeurs de cette campagne électorale.