Lucien Mongrain et Nicole Léveillé sont respectivement maire et directrice générale de Trois-Rives depuis 38 an, c’est-à-dire presque depuis la création de la municipalité.
Lucien Mongrain et Nicole Léveillé sont respectivement maire et directrice générale de Trois-Rives depuis 38 an, c’est-à-dire presque depuis la création de la municipalité.

Maire depuis bientôt 40 ans

Matthieu Max-Gessler,  Initiative de journalisme local
Matthieu Max-Gessler, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
TROIS-RIVES — Voilà bientôt 40 ans que Lucien Mongrain siège à la mairie de Trois-Rives. Âgé de 87 ans, il fait partie des doyens des maires du Québec. Bien qu’il reconnaît que la pandémie de COVID-19 ne ressemble à rien de ce qu’il a pu vivre comme premier magistrat en quatre décennies, il n’en est toutefois pas à sa première gestion de crise.

Lucien Mongrain est né en 1932, à Shawinigan. Ce n’est que trente ans plus tard qu’il emménage à Trois-Rives, ou plutôt, à Rivière-Matawin, vers 1966. Il a longtemps travaillé dans un garage mécanique, avant de se présenter à la mairie de Trois-Rives après la conversion de ce territoire non organisé en municipalité, en 1978.

«Je me présentais contre mon cousin, Elphège Desrosiers. Mais je me suis ramassé à l’hôpital, alors je me suis présenté à nouveau en 1981, et j’ai gagné», raconte l’octogénaire.

Le fait de se présenter contre son propre cousin le gênait-il? Apparemment, non.

«Il ne parlait pas la même langue que moi», lance M. Mongrain.

La plus grande fierté du premier magistrat? Avoir contribué au développement de Trois-Rives, qui regroupe les secteurs de Rivière-Matawin, Saint-Joseph-de-Mékinac et Grande-Anse.

«Quand je suis arrivé comme maire, il n’y avait rien. On a monté tout ça. On est content de l’ouvrage qu’on a fait, comme le développement du lac Mékinac, avec la descente de bateaux», illustre-t-il.

C’est par ailleurs une équipe bien établie sur laquelle il peut compter pour l’épauler. La directrice générale de la municipalité, Nicole Léveillé, est à ce poste depuis que M. Mongrain est maire. Quant à la secrétaire-trésorière adjointe, Monique Bernier, elle est en poste depuis 28 ans.

Plusieurs catastrophes

Trois-Rives a connu des inondations majeures à plusieurs reprises. Le premier magistrat se souvient particulièrement de celle de 1995. C’est cette année-là qu’il a contribué à sauver une vie humaine, celle d’un homme entraîné dans les eaux après s’être éjecté de sa camionnette.

«C’est un gars de Saint-Séverin, Patrice Trottier, que je connaissais depuis un certain nombre d’années. Il arrivait avec son camion, il charriait de la pierre. Il est arrivé dans la courbe et j’étais là, j’ai dit aux gens de se tasser parce que je me doutais qu’il ne serait pas capable de s’arrêter. Il a sauté en bas de son truck et il est tombé dans la rivière. Je lui ai crié: ‘’viens vers moi, viens vers moi’’! Il a réussi à sortir la tête de l’eau et s’est accroché à la berge. Quand il est sorti, il m’a dit que si je ne l’avais pas appelé, il n’aurait pas pu se rendre au bord, parce qu’il commençait à faire noir et il ne voyait rien», relate M. Mongrain.

Le maire se dit également marqué par l’incendie qui a détruit l’auberge le Montagnard, en 2011.

«Dans une municipalité de 400 habitants, ça nous a tous touchés beaucoup, cet événement-là», relate-t-il.

Heureusement, personne n’avait été blessé lors de cet incendie. Les propriétaires se trouvaient à l’extérieur de la région.

Toujours impliqué

Le poids des années n’empêche pas Lucien Mongrain de continuer à s’impliquer dans sa communauté. Malgré la pandémie – et les recommandations de la santé publique concernant les personnes âgées de 70 ans et plus – il se rend régulièrement à l’hôtel de ville situé dans le secteur de Saint-Joseph-de-Mékinac (voir autre texte). L’octogénaire n’est toutefois pas invincible. Ce n’est pas un virus, mais un tour de rein qui l’a forcé à rester alité pendant plusieurs jours.

«J’ai vraiment hâte que le confinement se termine, lance-t-il. Pour le moment, je m’en sors, mais ça va me prendre une bonne séance chez le chiropraticien!»