Trifluvienne d’origine, Lydiane St-Onge est elle aussi en confinement.
Trifluvienne d’origine, Lydiane St-Onge est elle aussi en confinement.

Lydiane St-Onge: la grande voyageuse aux ailes coupées

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Lydiane St-Onge a fait le tour du monde. Ses voyages exotiques ont fait l’objet de nombreuses émissions télévisées. Depuis peu, en collaboration avec Voyages Gendron, elle organisait des voyages de groupe sur les cinq continents. L’Afrique du Sud était la prochaine destination sur sa liste.

La grande voyageuse a maintenant les ailes coupées. «Je suis déménagée chez mes parents, à Longueuil», dit-elle. «Je voulais éviter mon petit balcon à Montréal. Ici, il y a une grande cour arrière», fait-elle valoir.

La Trifluvienne est arrivée il y a quelques jours d’un voyage à Banff où elle accompagnait des touristes en quête de bonnes pentes de ski. «J’ai attrapé l’influenza», raconte-t-elle. Lydiane St-Onge s’est fait tester pour la COVID-19 et fort heureusement, ce n’était pas ce qui la terrassait. «J’ai eu de la grosse fièvre, mal aux muscles. Je n’avais pas d’énergie», se souvient-elle.

Aujourd’hui, elle va bien et suit à la lettre les directives de confinement de la Santé publique.

Pour ce qui est des voyages, disons que le décollage prometteur de sa nouvelle entreprise vient d’être brusquement interrompu, gracieuseté de la COVID-19. Comme la plupart des travailleurs, au Québec. «Il y a maintenant 0 $ qui entre dans mon compte de banque», dit-elle.

«Tous mes contrats de cet été sont en suspens», raconte-t-elle. C’est une catastrophe pour son entreprise émergente. «Les voyages se vendaient en 48 heures», dit-elle.

Sa clientèle, dit-elle, garde toutefois espoir de pouvoir s’envoler à nouveau dans quelques mois. «La majorité des gens pensent à leurs prochains voyages», constate-t-elle d’après les commentaires qui lui sont envoyés. Fin novembre, elle espère pouvoir concrétiser un voyage au Sri Lanka avec ses clients.

En attendant, elle espère de tout cœur ne pas contracter la COVID-19. «Je suis asthmatique», signale-t-elle.

La pandémie actuelle représente un moment sombre dans l’histoire de la civilisation moderne. Confinés dans leurs logis, les gens ne se servent presque plus de leurs voitures. Les déplacements en avion et en train sont aussi très diminués. Un côté positif en ressort toutefois. Des images satellitaires saisissantes montrent que la pollution aérienne est en train de faire place à de l’air pur.

Lorsqu’on demande à Lydiane St-Onge si les voyages, finalement, ne sont pas plus nuisibles qu’autre chose pour la planète, sa réponse ne se fait pas attendre.

«Les voyages sont la meilleure façon de se sensibiliser aux autres cultures et même aux effets de la pollution», dit-elle.

La globetrotteuse a été en effet bouleversée en voyant de ses yeux les îlots de plastique flottant sur les eaux de la Malaisie et à Bali. «C’est choquant. C’est quelque chose qu’on voit moins au Canada», dit-elle.

De plus en plus, ajoute-t-elle, les compagnies aériennes utilisent du biocarburant dans leurs avions afin de limiter leurs impacts sur l’environnement.

Pour les voyages qu’elle organise, l’empreinte carbone est également systématiquement compensée par la plantation d’arbres, dit-elle. Des ententes ont été prises avec des propriétaires fonciers qui s’engagent à soigner ces arbres pendant 25 ans.

Bien sûr, toutes les agences de voyages ne posent pas ces gestes écologiques, reconnaît-elle. C’est pourquoi «il faut que les gouvernements imposent des lois», estime-t-elle, qui les obligeraient à agir.