Politiciens et citoyens ont marché dans les rues de Trois-Rivières contre l’homophobie et la transphobie.

Lutte à l'homophobie et à la transphobie: Politiciens et citoyens marchent dans les rues de Trois-Rivières

Trois-Rivières — Malgré une température incertaine, environ 200 personnes, dont plusieurs politiciens, ont répondu à l’appel du GRIS Mauricie-Centre-du-Québec et ont marché dans les rues du centre-ville de Trois-Rivières pour sensibiliser le public aux enjeux liés à la discrimination envers la communauté LGBTQ+. La marche se voulait l’événement phare de quatre jours d’activités ayant pour titre Ensemble contre l’homophopie et la transphobie.

Au nombre des marcheurs, on pouvait compter Sonia LeBel, députée de Champlain et responsable de la lutte à l’homophobie, dans le cadre de ses fonctions de ministre de la Justice, de même que le nouveau maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, accueilli avec chaleur, d’autant que l’on a pris la peine de souligner qu’il était «le premier maire de Trois-Rivières à participer à la marche».

Bien qu’ils concèdent que la météo n’était pas idéale, les organisateurs de la journée se félicitent de la participation du public et de la présence importante de la classe politique. Outre la ministre de la Justice et le maire de Trois-Rivières, les députés de Trois-Rivières, Jean Boulet, au niveau provincial, et Robert Aubin, au fédéral, de même que quelques conseillers municipaux étaient en effet au rendez-vous.

Deuxième édition à se tenir sous l’égide du GRIS Mauricie-Centre-du-Québec, la marche conserve toute sa pertinence malgré une évolution des mentalités, soutient Louis-Rémi Laplante, président du conseil d’administration de l’organisme qui vise à favoriser une meilleure connaissance des réalités homosexuelles et bisexuelles. Si la nouvelle génération semble appréhender la diversité avec moins de préjugés, M. Laplante évoque un déplacement des problématiques.

Le président du GRIS Mauricie-Centre-du-Québec explique ainsi que l’anonymat relatif des réseaux sociaux donne lieu à la profération de commentaires haineux, la plupart du temps en toute impunité.

Autre phénomène propre à notre époque, ajoute M. Laplante, serait une tendance à un «retour dans le placard» de la part de certaines personnes LGBTQ+ lorsqu’elles entrent en résidences pour aînés. Celles-ci seraient en effet moins enclines à revivre à nouveau un processus d’affirmation de soi, souvent associé à de douloureux souvenirs, et opteraient pour un repli sur soi.

Enfin, souligne M. Laplante, les personnes gaies demeurent surreprésentées dans les statistiques liées au suicide. Le Centre de prévention du suicide Accalmie est d’ailleurs un partenaire de l’événement.

La marche culminait par la prestation du groupe Vertiges, au parc portuaire, pour clore les activités sur une note festive.

Les mots des politiciens

Ce sont des politiciens qui auront choisi de sortir des textes qu’ils avaient préparés pour l’occasion que l’on aura pu entendre lors des allocutions de circonstance.

Faisant écho aux propos de M. Laplante, Sonia LeBel aura par exemple témoigné avoir récemment eu connaissance d’une dame qui, après 40 ans de vie commune avec sa conjointe, a préféré taire son orientation sexuelle en entrant en résidence pour aînés. «En marchant comme on le fait aujourd’hui, et en éduquant nos jeunes, je pense que c’est de cette façon-là qu’on devrait progresser», a-t-elle déclaré.

Pour Robert Aubin, habitué de la marche, la capacité de mobilisation de la communauté LGBTQ+ est un exemple à suivre. Lui qui explique vouloir livrer la prochaine bataille électorale sous le signe de la lutte aux changements climatiques estime que la cause environnementale a des leçons à tirer du dynamisme des défenseurs des droits LGBTQ+. «Je vous observe comme un modèle», a-t-il résumé.

Quant au maire Lamarche, il soutient que sa présence à la marche, tout comme celle de ses collègues, est un geste qui allait de soi. «Voyez notre présence comme un signe de l’importance que la communauté reflète au sein du conseil de ville», a-t-il lancé à la foule. Il aura parlé de courage de s’afficher et du courage des familles qui accompagnent les leurs dans leur démarche d’affirmation.