Jean-Yves St-Arnaud, maire de Saint-Sévère et président du Consortium en développement social de la Mauricie, et Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, lors de l’annonce d’un investissement de 1,2 million $ pour lutter contre l’exclusion sociale et la pauvreté.
Jean-Yves St-Arnaud, maire de Saint-Sévère et président du Consortium en développement social de la Mauricie, et Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, lors de l’annonce d’un investissement de 1,2 million $ pour lutter contre l’exclusion sociale et la pauvreté.

Lutte à la pauvreté et à l'exclusion sociale: 1,2 million $ pour douze projets de la région

Sébastien Houle
Sébastien Houle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Pendant que l’on distribuait les paniers de vivres à quelque 129 familles vivant en situation de pauvreté, aux locaux des Artisans de la Paix de Trois-Rivières, jeudi après-midi, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et député de Trois-Rivières, Jean Boulet, procédait au même endroit à l’annonce d’un investissement de plus de 1,2 million $ pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion.

Le va-et-vient autour des installations de l’organisme communautaire venait illustrer les propos du ministre, qui profitait de l’occasion – et de la Journée mondiale de la justice sociale – pour rappeler que la proportion de personnes dépendant de l’assistance sociale pour subvenir à ses besoins avoisine les 8 % dans la région, contre 5,3 % à l’échelle du Québec. «Nous avons toutes et tous une responsabilité collective à prendre pour réduire les inégalités sociales», a déclaré Jean Boulet.

Ce sont donc 12 projets qui profiteront des sommes annoncées, dans le cadre des Alliances pour la solidarité. L’argent provient du Fonds québécois d’initiatives sociales, lequel prévoit l’injection de 5,7 millions $, d’ici 2023, en Mauricie, pour soutenir différents projets. Le fonds est de 138,8 millions $ pour l’ensemble du Québec, pour la même période.

La gestion de l’enveloppe régionale a été confiée au Consortium en développement social de la Mauricie. L’organisme a notamment le mandat d’évaluer les projets présentés selon une liste de priorités établies par des intervenants du milieu, pour la période 2018-2023.

On parle ainsi de projet répondant à des enjeux d’accès à l’emploi, de vitalité des territoires, de proximité des services, de réussite scolaire, de logement social et communautaire, de participation citoyenne et sociale, de sécurité alimentaire et de transport collectif et adapté.

De manière concrète, trois projets de la MRC des Chenaux recevront un total de près de 179 000 $; un projet du Haut Saint-Maurice sera financé à hauteur de 106 951 $; quatre projets recevront ensemble 690 001 $, à Shawinigan; trois projets trifluviens se partageront près de 150 000 $; et un projet régional visant à accompagner les organisations dans le développement de leurs compétences en matière d’analyse et d’évaluation bénéficiera d’un soutien de près de 138 000 $.

Le ministre Boulet se félicite que les projets retenus touchent une clientèle diverse et des problématiques variées. Il affirme que les fonctionnaires de son ministère sont à pied d’œuvre pour améliorer le sort des quelque 46 715 personnes vivant avec un faible revenu dans la région.

Assis: Robert Tardif, directeur général des Artisans de la Paix et Jean-Yves St-Arnaud, maire de Saint-Sévère et président du Consortium en développement social de la Mauricie. À l’arrière: Claudia Lebel, coordonnatrice du Centre de pédiatrie sociale de Trois-Rivières, Frédéric Trudelle, directeur du centre Roland-Bertrand, Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Louise Baillargeon, directrice du Centre d’action bénévole de la Moraine, et Manon Germain,coordonnatrice de l’Association des personnes vivant avec un handicaps Des Chenaux, lors de l’annonce d’un investissement de 1,2 million $ pour lutter contre l’exclusion sociale et la pauvreté.

Questionné à savoir si des cibles chiffrées avaient été fixées pour réduire le nombre de personnes en pareille situation, le ministre répond que oui. Il demeure toutefois vague, évoquant plutôt des indicateurs, des plans d’action, des stratégies d’intervention et des rapports annuels, que des cibles substantielles.

«Il faut y aller graduellement, il faut être ambitieux, audacieux, et c’est important d’accroître la richesse dans notre région», plaide le député de Trois-Rivières.

Les projets qui viennent d’être financés s’accaparent 71 % du budget disponible pour cette année. D’autres initiatives devraient bientôt être évaluées, alors que la date butoir du 26 mars a été fixée pour recevoir de nouvelles demandes.

Jean-Yves St-Arnaud, maire de Saint-Sévère et président du Consortium de développement social de la Mauricie, indique que tous les projets reçus dans le cadre de la première vague ont obtenu du financement. Le consortium offre par ailleurs de l’accompagnement aux organismes dans l’élaboration de leur demande, fait-il valoir.

Un soutien apprécié

Robert Tardif, directeur général des Artisans de la Paix, qui accueillait la conférence de presse de jeudi, se réjouissait du soutien accordé à son organisme. En effet, celui-ci s’est vu allouer un montant d’un peu plus de 24 000 $ pour l’embauche d’un organisateur communautaire en distribution alimentaire.

«Ça va nous permettre d’exporter ce que l’on fait dans les différentes paroisses de la ville», explique M. Tardif. La somme accordée couvre environ les 3/4 de l’année. On s’apprête déjà à déposer une nouvelle demande pour assurer la pérennité de la ressource.

Les demandes, le suivi et les redditions de compte sont le lot du secteur communautaire, fait valoir le directeur général. «Il y a une lourdeur qui vient avec ça, mais on le fait parce qu’on croit au projet», confie-t-il.

Parmi les organismes ayant obtenu du financement, mentionnons le Centre d’action bénévole de la Moraine, le Carrefour d’action bénévole du Haut-Saint-Maurice, le Carrefour jeunesse emploi de Shawinigan, le Centre d’entraide Aux rayons du soleil (Grand-Mère), le TràSh, le Centre Roland-Bertrand, COMSEP et le Centre de formation communautaire de la Mauricie.