Les policiers font de plus en plus souvent face à des personnes en situation de crise que ce soit en raison d’une surconsommation de drogue ou de troubles de santé mentale.
Les policiers font de plus en plus souvent face à des personnes en situation de crise que ce soit en raison d’une surconsommation de drogue ou de troubles de santé mentale.

L’utilisation du Taser a triplé en 2019 à la Direction de la police de Trois-Rivières

Trois-Rivières — L’utilisation du pistolet à impulsion électrique (Taser) a triplé à la Direction de la police de Trois-Rivières (DPTR) de 2018 à 2019 que ce soit en mode démonstration ou en mode projection de sondes (le contrevenant est visé).

En 2019, l’arme à impulsion électrique (AIE) a servi à trois reprises contre un suspect alors qu’elle ne l’avait été qu’une fois en 2018.

En mode démonstration, la hausse est encore plus importante avec quatorze utilisations en 2019 contre quatre en 2018. En effet, pour calmer un individu menaçant ou carrément incontrôlable, les policiers déclenchent parfois le pistolet sans le viser. Les arcs électriques et les crépitements qu’il produit sont habituellement suffisamment impressionnants pour que le contrevenant décide de se rendre. De plus, avant de recevoir une décharge électrique, le suspect est averti à plusieurs reprises par le policier de ce qu’il s’apprête à vivre.

«C’est tellement dissuasif que le suspect choisit dans la plupart des cas de se soumettre et de se faire passer les menottes», raconte Luc Mongrain, sergent aux relations publiques et communautaires à la Direction de la police de Trois-Rivières.

Quant à l’augmentation de l’utilisation du pistolet à impulsion électrique, cela ne signifie pas pour autant que les policiers font nécessairement face à davantage de situations où leur sécurité ou celle de la population est compromise. Il a tout simplement fallu une période d’adaptation avant que les patrouilleurs n’apprivoisent cette nouvelle arme intermédiaire.

En effet, ce n’est qu’en janvier 2018 que l’AIE a fait son entrée à la DPTR. «C’est comme n’importe quelle technologie qui entre en fonction, il faut prendre le temps de s’y habituer. Les policiers se sont rendu compte qu’en mode démonstration, c’est assez dissuasif. Avec le temps, ils sont devenus plus confiants et ils ont constaté que c’est un outil de travail très efficace», explique le sergent Mongrain.

Luc Mongrain, sergent aux relations publiques et communautaires à la Direction de la police de Trois-Rivières.

En ce moment, 23 policiers sont formés pour l’utiliser. L’objectif est 25.

La DPTR est dotée de huit pistolets à impulsion électrique. En moyenne, sur chaque relève qui compte de 16 à 18 patrouilleurs, six policiers sont habilités à s’en servir. C’est moins que ce que suggère le coroner Pierre Bélisle qui recommande que chaque duo de patrouilleurs en soit pourvu.

M. Mongrain fait toutefois valoir que le territoire de la DPTR est moins grand que ceux des différents postes de la Sûreté du Québec et qu’un policier doté d’une arme à impulsion électrique n’est jamais bien loin lors d’un appel.

«On essaie de les répartir de façon équilibrée sur tout le territoire. Avec le nombre de véhicules sur la route, le patrouilleur avec un pistolet à impulsion électrique peut être sur place très rapidement. Selon la nature de l’appel, le superviseur va lui dire de s’approcher au cas où», précise le porte-parole. La DPTR ne prévoit d’ailleurs pas se procurer davantage d’AIE à court terme.

Cette arme est surtout utilisée dans des situations impliquant une personne en crise, habituellement en contexte de surconsommation de stupéfiants ou de trouble mentaux. Lorsque le dialogue ou les techniques de désescalade échouent, elle constitue une option de plus pour les forces de l’ordre.

«Les policiers sont unanimes à dire qu’ils sont contents d’avoir cet outil. Avant, on passait soit du poivre de Cayenne, du bâton télescopique à l’arme à feu. Naturellement, personne ne souhaite utiliser son arme à feu. À ce moment-là, il y avait peut-être plus de risques de blessures ou les interventions étaient plus longues», mentionne le sergent Mongrain.

Du côté de la Sûreté du Québec, le déploiement des armes à impulsion électrique est en cours depuis 2016. Ultimement, l’objectif de cette première phase est que deux policiers par relève aient la formation nécessaire pour utiliser ce type de pistolet dans chacun des postes.

En ce moment, selon la Sûreté du Québec, il y en a au moins un par relève dans les postes qui est formé et qui est muni de cette arme.