Olymel a envoyé les carcasses de porcs de l’usine ATrahan vers d’autres usines de son groupe.
Olymel a envoyé les carcasses de porcs de l’usine ATrahan vers d’autres usines de son groupe.

L'usine ATrahan de Yamachiche vidée de ses carcasses de porcs

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Yamachiche — Menacée de perdre 4000 carcasses de porcs depuis la fermeture de l’usine ATrahan de Yamachiche pour cause d’épidémie de coronavirus, Olymel a fait entrer mercredi une quarantaine de travailleurs avec le mandat de retirer ces carcasses pour les acheminer vers d’autres usines du groupe.

Ce travail ponctuel ne marque pas une reprise des activités à cette usine, assure la direction, celles-ci étant suspendues pour deux semaines depuis dimanche. Le retrait de ce produit périssable a été effectué sous la supervision de la santé publique.

«C’est énormément de produits, dans une période où on en a besoin. Ça a été fait selon un protocole: prise de température, distanciation sociale. Les gens qui ont procédé à l’opération ne sont pas malades. La condition (pour qu’ils travaillent) est qu’ils respectent le protocole», raconte le porte-parole d’Olymel, Richard Vigneault.

L’information concernant le retrait des carcasses et la mise en place de mesures de contrôle a été confirmée mercredi par la docteure Marie-Josée Godi, directrice régionale de la santé publique. La docteure Godi a aussi mentionné que le nombre d’employés de l’usine ATrahan atteints de la COVID-19 est de 41. Ce nombre était de 26, mardi.

M. Vigneault ajoute que d’autres travailleurs sont toujours en attente du résultat de leur test de dépistage. Par ailleurs, Olymel a mis à la disposition de ses employés une ligne téléphonique pour les informer des différents programmes de soutien disponibles et pour répondre à leurs inquiétudes concernant leur état de santé.

«Si des gens sont malades, on les invite à suivre les consignes d’isolement. On réitère l’importance de tout ça», insiste M. Vigneault.

Paul Carbonneau est le maire de Yamachiche.

La direction d’Olymel travaille avec ses différents partenaires afin de voir ce que la compagnie peut faire pour mettre en place les conditions optimales d’une réouverture tout en mettant les employés à l’abri de la propagation. Questionné à savoir si l’usine va rouvrir dans les délais prévus, M. Vigneault n’était pas en mesure de répondre.

«C’est très préoccupant»

L’éclosion de plusieurs dizaines de cas de coronavirus à l’usine ATrahan cause de l’inquiétude au sein des citoyens de Yamachiche, reconnaît le maire, Paul Carbonneau.

«Je n’ai pas le nombre de travailleurs malades qui résident à Yamachiche. Mais c’est sûr que c’est très préoccupant. On sait que beaucoup de gens d’Olymel circulent ici. C’est difficile. Les commerces ont beau avoir mis des moyens en place, on n’est pas à l’abri. Des médecins sont malades! C’est un virus épouvantable. On ne peut pas faire grand-chose à part espérer qu’ils soient testés et qu’ils soient tous négatifs.»

M. Carbonneau affirme être en contact régulier avec la direction de l’usine. Olymel l’informe sur l’état de la situation.

«On est pris devant une chose qu’on ne peut pas contrôler. On ne peut rien faire à part donner des consignes et faire respecter les mesures gouvernementales», précise M. Carbonneau, en soulignant que Yamachiche suspend sa politique de pénalité reliée au retard de paiement de taxes municipales depuis le 13 mars jusqu’au 27 août.

Si Yamachiche n’a pas de contrôle sur le coronavirus, elle s’arrange pour se préparer à la saison des inondations. L’eau monte graduellement dans le secteur du lac Saint-Pierre et la Municipalité a aménagé trois dépôts de sable le long du chemin Louis-Gatineau afin que les citoyens en secteur inondable puissent remplir des sacs.

«On se prépare depuis la mi-février avec la garde côtière et la Sécurité civile, dit Paul Carbonneau. On a envoyé un dépliant contenant certaines recommandations. Des employés de la Municipalité vont appeler les citoyens pour voir comment ça va. Pour les dépôts de sable, on demande aux gens de respecter la distanciation sociale. On ne veut pas que les dépôts de sable deviennent des lieux de rencontres. Malgré tout ce qui se passe, on pense à nos gens.»