Les négociations ne sont pas faciles depuis un an entre les parties.

L’UQTR parle de négociations de mauvaise foi

TROIS-RIVIÈRES — Alors que le Syndicat des professeurs portait plainte contre l’UQTR, le 26 avril dernier, pour ingérence et négociations de mauvaise foi, la partie patronale a répliqué, le 4 mai suivant, par une plainte, déposée elle aussi au Tribunal administratif du travail pour négociation de mauvaise foi et de façon non diligente.

Dans un document obtenu mardi par Le Nouvelliste via la Loi d’accès à l’information, on apprend que le 28 février, l’UQTR avait proposé au Syndicat de mettre sur la glace le processus d’embauche de nouveaux professeurs «pour une période de deux mois, question d’avoir une chance réaliste de procéder à un blitz de négociation.»

Or, le Syndicat avait fait savoir que ce délai était trop long et que ce n’était pas dans son intérêt d’accepter. Une trentaine de nouveaux professeurs devaient en effet être embauchés cette année. Le Syndicat avait toutefois fait valoir qu’il était «disposé à effectuer un blitz de négociations au mois d’avril 2018.»

Le 10 avril suivant, «l’UQTR présente un nouveau dépôt touchant l’ensemble des clauses monétaires révisées. Par ce dépôt, l’UQTR retire simplement plusieurs demandes dans l’objectif de faire débloquer la situation lors du blitz de négociation», indique le document du TAT.

L’UQTR accuse le porte-parole syndical d’avoir eu, à ce moment-là, «un comportement totalement irrespectueux et inacceptable nécessitant même l’intervention du conciliateur à plus d’une reprise», peut-on lire dans la plainte.

Le comité de négociation patronal aurait en effet essuyé des remarques désobligeantes ainsi que «des sourires et rires ironiques.» Considérant le dépôt patronal non raisonnable, le Syndicat renonce alors au blitz de négociation prévu. Selon l’UQTR, le Syndicat n’a plus donné de retours par la suite.

Le 16 avril suivant, l’UQTR informe le conciliateur et le Syndicat que le vice-recteur aux ressources humaines, Olivier Malo, sollicitera une rencontre avec le président du Syndicat, lui-même pour discuter du rejet en bloc du dépôt patronal révisé.

On sait que le président du Syndicat a refusé cette rencontre et que c’est à ce moment-là que le Syndicat a porté plainte au TAT puisque l’UQTR contournait ainsi le comité de négociation, ce qui serait illégal, selon la plainte déposée par le Syndicat.

L’UQTR rétorque qu’elle ne voulait pas négocier comme tel avec le président, mais simplement «présenter ses enjeux.»

Le 24 avril, après que l’UQTR eut dévoilé un document budgétaire confidentiel au Syndicat, ce dernier a craint d’être perdant et aurait fait valoir que «c’est uniquement la pression qui va régler le dossier.»

On sait que les professeurs ont annoncé publiquement leur intention de voter, en juin, 20 jours de grève à prendre selon les besoins.

«Pourtant les demandes patronales non reliées aux demandes syndicales n’ont toujours pas fait l’objet d’échanges et de discussions entre les parties depuis leur dépôt au mois de juin 2017», indique la plainte de l’UQTR.

L’UQTR estime donc que «le comportement du Syndicat démontre une absence totale de volonté réelle de négocier de façon diligente et de bonne foi.»

Depuis le début du lock-out imposé par l’UQTR, le 2 mai, les professeurs ont à maintes reprises souligné que les enjeux de cette négociation dépassent l’UQTR. La direction voudrait en effet imposer aux professeurs la prestation d’un cinquième cours dans l’année. Selon les professeurs, cette surcharge de travail signerait l’arrêt de mort de la recherche qui occupe une large part de leur temps dans l’année.

L’UQTR voudrait aussi éviter l’embauche de 30 nouveaux professeurs à cause du déficit financier énorme qu’elle doit éliminer.

Lundi, au cours d’une manifestation, les étudiants ont fait valoir que le problème se situe, à la base, au niveau d’un manque de financement des universités québécoises par le gouvernement.