L'historien René Beaudoin applaudit le désir de l'UQTR de restaurer le moulin de la Commune.

«L'UQTR doit respecter l'histoire de ce moulin»

L'historien René Beaudoin applaudit à chaudes mains le désir de l'UQTR de restaurer le moulin de la Commune, mais avertit du même souffle que certaines spécificités architecturales devront être scrupuleusement observées afin de lui redonner ses lettres de noblesse sans le dénaturer.
«C'est une très belle nouvelle. C'est formidable! Mais attention, l'UQTR doit respecter l'histoire de ce moulin, et non pas celle des moulins à vent en général.» Les archives de l'Université posséderaient déjà des plans de remise en état du moulin mais, selon M. Beaudoin, ces plans ne seraient pas fidèles à la structure originale du moulin trifluvien et représenteraient plutôt celle du moulin de l'Isle-aux-Coudres. «Attention, le moulin de Trois-Rivières n'a rien à voir avec le moulin de l'Isle-aux-Coudres.»
Pour restituer à la tour circulaire ses airs d'antan, M. Beaudoin croit donc qu'il faut repartir de zéro et non pas s'en remettre aux devis existants. Et cela tant pour sa restauration extérieure que pour son aménagement intérieur.
En ce qui à trait à l'extérieur du bâtiment, l'Université devrait remonter le moulin de trois pieds et ainsi mettre en relief l'entrée principale actuellement au ras du sol. Ainsi, la galerie circulaire pourrait être reconstruite et, surtout, il ne faudrait pas accrocher à la pierre une queue de pied en cap. 
«Le moulin de Trois-Rivières ne possédait pas de queue. C'est un vire-vent qui permettait de faire tourner le toit selon la direction du vent.» Ainsi, selon l'historien, les plans actuels de l'UQTR ne prévoient ni rehaussement, ni galerie circulaire et affubleraient le moulin d'une queue tel qu'on en retrouve sur d'autres constructions du même type.
Quant aux restaurations intérieures, M. Beaudoin espère qu'on reconstruira les mécanismes du moulin, voire, dans la négative, qu'on fasse en sorte que la chose soit possible dans le futur. «Il faut que l'Université ait une vision qui va beaucoup plus loin que les deux ans projetés. Les interventions qui seront faites doivent être réversibles. Il ne faudrait pas qu'on se retrouve avec une grosse structure métallique qui nous empêche de reconstituer l'intérieur du moulin. Il ne faut pas hypothéquer l'avenir avec des décisions de courte portée. Je veux bien qu'on ne refasse pas les mécanismes maintenant, mais ne faisons pas des travaux qui rendraient impossibles cette réalisation.»
Maintenant que la volonté de l'Université est ferme, M. Beaudoin espère que l'administration ouvrira sa table de travail aux experts en moulin à vent du Québec et d'outre-Atlantique. Lui-même se propose pour mettre la main à la pâte. 
«Ce que je souhaite, mon voeu le plus cher c'est que tous ceux qui sont intéressés par le moulin puissent s'asseoir autour d'une table pour débattre de ces questions. Assurons-nous de ne pas faire d'erreur. En fonction de ce qui est réaliste et réalisable, qu'est-ce qu'on peut faire pour mettre en valeur ce bâtiment qui n'a rien à voir avec n'importe quel autre moulin au Québec? On a entre les mains un potentiel historique qui est très important», conclut avec verve M. Beaudoin.