L’UQTR dépose une offre globale et finale

Trois-Rivières — L’Université du Québec à Trois-Rivières a déposé une offre globale et finale, au cours des dernières heures, au Syndicat des professeur(e)s dans le cadre des négociations en vue du renouvellement de leur convention collective.

Le comité exécutif, qui s’est réuni jeudi avant-midi afin d’analyser cette ultime offre de la partie patronale, convoque une rencontre extraordinaire du conseil syndical, vendredi afin d’en disposer.

Le conseil syndical, rappelons-le, est composé de représentants de l’ensemble des départements de l’UQTR.

Ni le Syndicat ni la direction de l’UQTR n’ont voulu émettre d’autres commentaires.

Cette nouvelle ne signifie pas que les négociations entre les parties sont terminées pour autant.

Diane Gagné, professeure en relations industrielles et directrice du programme de DESS en relations de travail au département de la gestion des ressources humaines de l’UQTR, explique que le Syndicat et les délégués syndicaux peuvent accepter l’offre finale et recommander d’aller vers les membres. L’exécutif peut aussi faire valoir aux délégués syndicaux qu’il ne recommande pas d’accepter cette proposition, dit-elle. C’est ce grand forum élargi que sont les délégués syndicaux qui prendra alors cette décision, dit-elle.

La médiation ou la négociation peuvent continuer quand même si le Syndicat refuse la proposition finale de l’employeur, dit-elle. Bref, ce geste de la partie patronale ne met pas fin aux discussions.

Mercredi, le négociateur en chef du Syndicat, René Lesage, avait expliqué aux professeurs qu’avant de déposer sa dernière contre-offre, le Syndicat avait travaillé sur «l’étude des états financiers et des budgets pour essayer de voir quel est le cadre financier dans lequel le Syndicat pourrait faire une contre-proposition».

«Le deal était le suivant: vous nous donnez vraiment les chiffres et à partir de ces chiffres-là, nous allons faire une contre-proposition qui va aller respecter votre cadre financier sans créer de déficit indu», a raconté M. Lesage.

M. Lesage avait expliqué que seulement trois chiffres avaient été remis par la direction pour l’année financière qui se terminait en avril 2018. «On nous cache les chiffres», avait-il déploré. «Les chiffres ne vont être connus que le 30 septembre.»

Le Syndicat avait donc présenté une contre-proposition et s’attendait à une réponse à 14 h, mercredi. Or, en fin d’après-midi, l’UQTR publiait un communiqué indiquant qu’un écart de rien de moins que 6,2 millions $ séparait les deux parties, la contre-proposition du Syndicat s’élevant à 13 millions $ et celle de l’UQTR, à 6,8 millions $.

Il y a quelques jours, le Syndicat avait annulé une rencontre de ses membres qui devait avoir lieu le 6 juin afin de voter une vingtaine de journées de grève. Selon le Syndicat, ce geste avait été posé afin de démontrer sa bonne foi.

La semaine dernière, les parties avaient en effet mentionné qu’elles entreraient dans un blitz final de négociation cette semaine.

Rappelons que les pourparlers en vue du renouvellement de la convention collective des professeurs durent depuis un an.

Les trois enjeux principaux de ces négociations sont la recherche, le plancher d’emploi et les salaires.

M. Lesage avait aussi rappelé que le temps court et qu’on «est à minuit moins une». Rappelons en effet que le spectre d’une loi spéciale a été brandi si le conflit n’est pas réglé d’ici le 15 juin, date de la fin de la session parlementaire.

Selon la professeure Gagné, toutefois, le gouvernement n’a jamais mentionné qu’il ordonnerait un règlement du conflit. Selon elle, si le gouvernement devait adopter une loi spéciale, ce serait pour forcer les parties à se présenter devant un arbitre de différend. «Je suis certaine que s’il y a une loi spéciale, ça va être ça», dit-elle.

L’arbitre de différend entend tous les points sur lesquels les parties ne s’entendent pas. «Pour chaque clause présentée devant lui, l’arbitre choisit la meilleure des deux en fonction de ce qu’il y a sur le marché en fonction des comparables», explique-t-elle.

Rappelons que les parties travaillent déjà avec un médiateur et un conciliateur. L’arbitre de différend est une troisième ressource qui s’offre à elles.

Rappelons que tous ces développements surviennent alors que se déroule la plus grosse collation des grades de l’histoire de
l’UQTR vendredi et samedi. Pas moins de 5000 personnes y sont attendues.