Marcel Groleau est le président de l’Union des producteurs agricoles du Québec.

L’UPA maintient la pression

TROIS-RIVIÈRES — L’Union des producteurs agricoles du Québec maintiendra la pression auprès des gouvernements canadien et québécois concernant la préservation de la gestion de l’offre dans le prochain accord commercial nord-américain et l’amélioration de la fiscalité agricole.

Les renégociations entourant l’Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique attirent principalement l’attention de Marcel Groleau. Le président de l’UPA est en tournée québécoise afin de rencontrer les membres et le sujet de la gestion de l’offre préoccupe grandement le secteur agricole.

Selon le président de l’UPA, si le Canada perd ce système entourant le lait, les œufs et la volaille, le pays perdra environ la moitié de sa production laitière et la moitié des activités de transformations des produits du lait.

«À cause de la taille de nos marchés, de la taille des producteurs aux États-Unis, de notre climat, on est désavantagé si on se retrouve en compétition avec les États-Unis.»

Certains observateurs ne cachent pas leur désir de voir disparaître la gestion de l’offre. Le fait que la compétition favorise toujours le consommateur est loin d’être assuré, d’après M. Groleau.

Selon Marcel Groleau, le prix du lait ne changera pas même si le système de gestion de l’offre devait disparaître.

«Le litre de lait aux États-Unis est un loss leader (un produit vendu à perte pour attirer le consommateur dans un commerce). Il y a peu d’écart entre un 2 litres de lait ici et aux États-Unis (après conversion en devise canadienne) et il ne serait pas vendu au prix américain. Si on perd la gestion de l’offre, les intermédiaires feront plus d’argent, mais le lait va coûter le même prix au consommateur. Mais on va perdre nos producteurs et notre tissu local, car ça enlèverait des fermes laitières sur le territoire», affirme M. Groleau.

Le président rappelle que les gouvernements québécois et ontarien font front commun sur ce sujet auprès du gouvernement canadien. Ce dernier maintient sa position et doit la maintenir, car le secteur agricole ne pourrait absorber une autre turbulence, lui qui doit composer entre autres avec l’importation de fromages européens et le Partenariat Trans-Pacifique.

M. Groleau assure que l’UPA va marteler ce message auprès du gouvernement canadien. Le gouvernement québécois n’est pas en reste avec la question de la fiscalité agricole. Ce secteur est confronté à d’importantes hausses de la valeur des terres, ce qui entraîne une hausse des taxes foncières. L’UPA profitera de la prochaine campagne électorale pour parler de la nécessité d’adopter des mesures amenuisant cette surcharge fiscale.

«La valeur des terres augmente plus vite que la valeur des récoltes. Dans le secteur industriel, 1 à 2 % des revenus nets servent à payer les taxes. Dans le monde agricole, c’est 10 % actuellement, mais ça peut monter à 20 % d’ici 2020 dans les céréales. Il faut régler ça.»

L’UPA propose au gouvernement du Québec de déplafonner les dépenses du crédit de taxes foncières agricoles. L’imposition d’un plafond à la valeur des terres agricoles est aussi envisagée par l’UPA pour arriver à limiter à 10 % le pourcentage du revenu net consacré au paiement des taxes foncières.

Parlant de hausse de la valeur des terres agricoles, cette réalité n’aide en rien à la relève dans le secteur. Selon Marcel Groleau, la Financière agricole doit offrir de nouveaux programmes de financement qui pourraient proposer des taux fixes pour de longues périodes. La Financière pourrait également devenir partenaire minoritaire lors d’une transaction.

L’amélioration des programmes de couvertures de la Financière agricole est aussi rendue nécessaire concernant des événements naturels comme les inondations, les sécheresses et les épisodes de grêle.