Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
L’Union des municipalités du Québec s’attaque au manque de places en garderies dans les régions.
L’Union des municipalités du Québec s’attaque au manque de places en garderies dans les régions.

L’Union des municipalités du Québec s’attaque au manque de places en garderies

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
Article réservé aux abonnés
EXCLUSIF / L’Union des municipalités du Québec s’attaque au manque de places en garderies dans les régions. Il s’agit «d’une hémorragie qu’on doit freiner», selon le maire de Gaspé, Daniel Côté, qui présidera un comité visant à proposer des pistes de solution au gouvernement Legault. L’UMQ rendra publics vendredi les détails de ce nouveau groupe qui se rencontrera pour la première fois au cours de la journée.

Identifiée comme un élément central de la relance économique par les maires et mairesses sondés cet automne, la pénurie de place en garderie a des conséquences réelles sur le développement des régions du Québec, selon l’Union des municipalités du Québec (UMQ). «Si les places en services de garde se font rares dans nos régions, cela a des conséquences sur l’attraction et la rétention des familles», note la présidente de l’UMQ et mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy. 

Composé d’élus des nombreuses villes de toutes les tailles, dont Rivière-du-Loup, Lac-Mégantic, Sept-îles et Thurso, le comité qui sera annoncé par l’UMQ vendredi aura comme mission de proposer des solutions au ministre de la famille afin de revoir ce système qualifié de «désuet» par le maire de Gaspé, Daniel Côté, nommé président du groupe. 

Un problème qui fait particulièrement mal aux régions

Le problème du manque de place en garderies est particulièrement criant dans les régions, où les milieux dépendent énormément des programmes gouvernementaux. «Dans les grands centres, les garderies privées viennent un peu à la rescousse du système public. En région, on n’a pas le volume pour être attractif pour les entreprises de garde privées, alors nous sommes très dépendants du système public», note le maire de Gaspé, qui rappelle que la pénurie de places en garderies est un frein majeur au développement de sa ville. En Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, à peine 1% des places en garderies sont dans des milieux privés. À Montréal, 56% des places s’y retrouvent.


« Dans les grands centres, les garderies privées viennent un peu à la rescousse du système public. En région, on n’a pas le volume pour être attractif pour les entreprises de garde privées, alors nous sommes très dépendants du système public »
Daniel Côté, maire de Gaspé

Cette pénurie a des impacts «énormes» sur plusieurs aspects du développement régional, notamment puisque plusieurs jeunes familles doivent quitter vers les grands centres, faute de garderies. «On a de la misère à garder les jeunes familles. Beaucoup viennent s’installer ici comme jeunes professionnels, et doivent repartir quand ils ont des enfants. C’est une perte de main-d’œuvre importante dans un moment où on est en pénurie», déplore-t-il. 

Manque de données et de terrain

L’UMQ souhaite aussi que le ministère de la Famille s’assure d’avoir les données adéquates pour pouvoir voir au problème. Québec n’a aucune donnée claire sur le nombre d’enfants qui fréquentent les garderies familiales non reconnues, soit un service de garde qui n’est pas reconnu officiellement, c’est-à-dire qui ne détient pas un permis du ministère, même s’il doit respecter certaines normes. 

«Les données ne sont pas à jour ou pas adaptées au besoin. Il y a d’importantes lacunes, notamment pour les garderies en milieu familial non reconnues. Il faut arriver avec des bases, et le ministre en est conscient», explique Daniel Côté. Ce dernier souhaite aussi que le ministère axe moins ses programmes sur des nombres de places théoriques et mette l’accent sur les données du terrain. 

Daniel Côté, maire de Gaspé, souhaite que le ministère axe moins ses programmes sur des nombres de places théoriques et mette l’accent sur les données du terrain.

Au cours des dernières années, les gouvernements ont multiplié les annonces de créations de «places autorisées» avec des appels de projets. Entre 2011 et 2013, 29 535 places «autorisées» par l’entremise d’appels de projets ont été créées. En date de février 2020, seulement 45% de ces places se sont concrétisées sur le terrain.

«Le ministère parle souvent de places qui sont plus théoriques qu’autre chose. Nous, les élus municipaux, on voit la réalité sur le terrain. On a besoin de revoir le système pour quelque chose de plus flexible, d’assouplir le carcan légal», conclut M. Côté. 

L’UMQ devrait dévoiler plus de détails en journée, alors que le comité se réunira pour la première fois en fin d’avant-midi.

——

INSCRIVEZ-VOUS à notre infolettre «L’Est aujourd’hui», qui vous livre chaque mercredi nos meilleurs reportages et des inédits sur les régions de l’Est-du-Québec.