François Landry

Lueur d'espoir pour le communautaire

Le plus récent budget Leitão est accueilli comme une mince lueur d'espoir dans le milieu communautaire de la région. Bien que les organismes se réjouissent de voir que de l'argent neuf a enfin été consacré aux organismes en santé et services sociaux, ils constatent tout de même que de grands pas restent encore à franchir.
Frédéric Trudelle
Sylvie Tardif
Mardi, le ministre des Finances a annoncé une augmentation de 80 M$ sur cinq ans pour les organismes en santé et services sociaux. Plus concrètement, ce sera 10 M$ supplémentaires pour 2017-2018 et un autre 10 M$ en 2018-2019.
«Les sommes annoncées par le budget ne suffisent pas à rattraper le retard causé par des années de sous-financement, mais nous reconnaissons l'effort. C'est un premier pas dans la bonne direction  sur une voie qu'on a longtemps cru complètement bloquée», a indiqué François Landry, le coordonnateur de la Table régionale des organismes communautaires (TROC) Centre-du-Québec et Mauricie, qui représente 197 organismes communautaires dans les deux régions.
Ce dernier soutient que les politiques d'austérité du gouvernement Couillard ont fait mal aux organismes communautaires et à la population dans les dernières années. Un récent sondage de l'organisme a révélé que 60 % des organismes qu'il représente ont rencontré des problèmes de rétention de personnel, et que la moitié d'entre eux ont dû diminuer les activités faute de ressources financières ou humaines suffisantes. 
Pour répondre adéquatement à la demande des organismes dans la région, la TROC indique que les besoins seraient de 13 M$ supplémentaires. «Ça c'est pour la Mauricie et le Centre-du-Québec seulement. Là, on nous annonce 10 M$, mais pour l'ensemble du Québec. C'est un premier pas qu'il faut souligner, mais c'est loin d'être suffisant», ajoute M. Landry.
À Shawinigan, Frédéric Trudelle, directeur général du Centre Roland-Bertrand, constate que depuis des années, l'annonce d'argent neuf pour les organismes en santé et services sociaux est une première.
Pour l'organisme, qui dispose d'une aide annuelle de 620 000 $, 1,1 M$ seraient nécessaires juste à l'offre adéquate de services en fonction des besoins et à la rétention du personnel pour maintenir les acquis. Or, avec l'annonce du budget, un calcul grossier permet de croire qu'ils ne toucheront pas plus de 3000 $ d'aide supplémentaire.
«L'an dernier, nous avons fait un déficit de 23 000 $, et cette année nous prévoyons encore un déficit. Cet argent neuf servira donc à combler le déficit accumulé plutôt qu'à développer de nouveaux programmes. C'est bien que le gouvernement ait mis de l'argent neuf, ça ne s'était pas vu depuis un bout de temps. Mais on ne fera pas non plus des miracles avec ça», constate-t-il.
Du côté de Trois-Rivières, l'organisme en alphabétisation Comsep se réjouissait des mesures annoncées par le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, qui a prévu 9 M$ en 2016-2017 seulement pour l'alphabétisation en milieu communautaire. L'organisme attend d'ailleurs la confirmation de la récurrence de ces fonds pour l'année suivante. 
Cette aide, bien que digne de mention, ne pourra toutefois pas leur faire oublier les deux années «de vache maigre» vécues, alors que l'organisme subissait coup sur coup des coupes de 47 000 $ et 75 000 $ dans son budget, forçant l'arrêt de certaines activités et obligeant le personnel à solliciter la population pour boucler son année financière. 
«Ça sera difficile pour nous de l'oublier, mais on peut souligner l'effort qui a été mis cette année. Par contre, pour les personnes en situation de pauvreté, c'est la déception. Il y a quelques années, on proposait à ces personnes de venir écouter le budget avec nous et on les faisait travailler et calculer des politiques qui pourraient les aider.
On a arrêté de faire ça, parce qu'à chaque fois, il n'y avait rien d'annoncé pour eux et ça devenait triste, démotivant», se souvient Sylvie Tardif, qui dit tout de même attendre impatiemment le plan de lutte à la pauvreté du ministre François Blais, qui est attendu pour septembre.