Luc Martel a été exclu des séances de travail privées du conseil municipal de La Tuque.
Luc Martel a été exclu des séances de travail privées du conseil municipal de La Tuque.

Luc Martel expulsé des rencontres privées du conseil municipal de La Tuque: «Il est l’opposition officielle»

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — «Il est l’opposition officielle!» Le maire de La Tuque et trois autres membres du conseil municipal ont voté l’expulsion du conseiller Luc Martel des séances de travail privées. Le principal intéressé n’en revient pas. Il conteste la décision et exige de pouvoir assister à toutes les réunions jusqu’à la fin de son mandat.

«Je désire contester votre décision de me retirer mon droit de parole et de prise de décision lors des rencontres en comité exécutif. Par ce geste vous m’empêchez d’exercer convenablement mon mandat de conseiller que j’exerce avec assiduité depuis 15 ans», indique Luc Martel dans une correspondance adressée aux élus municipaux.

Il indique également que cette décision brime les électeurs de son quartier. En entrevue avec Le Nouvelliste, il affirme qu’il n’a rien à se reprocher, mais qu’on l’accuse d’une fuite médiatique.

«J’ai demandé d’avoir la preuve de ça. Ils ne me l’ont pas donnée. Quand ils m’ont annoncé ça, on était en conseil exécutif, on était six en plus des fonctionnaires. Comment peuvent-ils prétendre que c’est moi la fuite? Tout le monde peut avoir parlé. Ils me reprochent ça à moi? Peut-être parce que je suis le seul qui pose les vraies questions? Ça dérange. […] Le seul temps qu’il (le maire) croit dans la démocratie, c’est quand tout le monde est de son bord», a lancé Luc Martel.

Le maire de La Tuque confirme que le conseiller du District de Jacques-Buteux / Terrasse Saint-Maurice / Domaine Morency a été exclu jusqu’à nouvel ordre des rencontres privées, et ce, depuis le 8 octobre.

Il indique que ce sont des manquements au code d’éthique et de déontologie qui ont mené à cette décision.

«En fait, c’est sur l’indiscrétion et la loyauté envers l’organisation. Pour des dossiers à caractère administratif, il pourra s’adresser au directeur général, pour les dossiers d’ordre politique, il pourra s’adresser au maire. La porte du maire n’est pas fermée, mais on lui a donné une marche à suivre», a expliqué M. Tremblay.

Le maire assure que Luc Martel aura les mêmes documents et la même information que les autres pour prendre les décisions. La nuance, insiste-t-il, c’est qu’il ne pourra pas participer au comité de travail privé.

Le maire Pierre-David Tremblay a confirmé l’exclusion d’un conseiller municipal lors des séances de travail privées.

«C’est comme s’il formait une opposition officielle. Normalement, les oppositions officielles ne sont pas invitées dans les rencontres privées des conseils. C’est la décision qu’a prise le conseil […] Il est l’opposition officielle. Quand tu te dissocies des propos du maire, quand tu te dissocies des avis juridiques, quand tu te dissocies des parcs parce que tu dis que ce sont des parcs politiques... C’est une opposition officielle ça. On n’est pas obligé de tous être d’accord, mais il faut le faire de bonne foi sans hypocrisie», affirme-t-il.

Pour le maire de La Tuque, la situation était devenue tendue et la confiance était brisée avec Luc Martel.

«Dans les derniers temps, ce n’était plus gérable au conseil […] On a même évalué l’option de ne plus avoir de séances privées du tout», a indiqué Pierre-David Tremblay.

Ce dernier note également que Luc Martel est toujours en droit d’assister aux réunions des comités sur lesquels il siège habituellement, le comité de sécurité publique et le comité de finance à titre d’exemple.

Selon le maire Tremblay, tous les conseillers auraient appuyé cette décision à l’exception de Jean Duchesneau qui aurait eu «une position pas claire». Jean Duchesneau estime pour sa part avoir été mis devant le fait accompli.

«C’est difficile de répondre, je n’ai pas fait partie des discussions de départ. Si j’avais eu à voter, j’aurais probablement voté contre. Je n’ai pas fait partie des discussions alors je n’en sais pas plus sur le dossier», a brièvement souligné Jean Duchesneau.

Le maire de La Tuque a indiqué qu’il allait s’expliquer davantage sur le sujet lors de l’assemblée publique de mardi prochain. Tous les membres du conseil vont se prononcer.

«Il y a de l’accumulation et c’est l’ensemble de son œuvre. Le lien de confiance n’est plus», a fait savoir Pierre-David Tremblay.

Quant à la demande écrite du conseiller Luc Martel de renverser la décision, une réunion devrait avoir lieu prochainement à ce sujet.

«Il n’est pas invité et on va lui faire une réponse officielle à ce sujet-là», a conclu le maire.