Louiseville désire construire une salle communautaire à l’angle de l’avenue Saint-Laurent et de la rue Saint-Thomas.
Louiseville désire construire une salle communautaire à l’angle de l’avenue Saint-Laurent et de la rue Saint-Thomas.

Louiseville: une salle communautaire en plein centre-ville

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Louiseville — La Ville de Louiseville prépare un projet de salle communautaire et de bibliothèque municipale en plein cœur du centre-ville, un projet qui pourrait bien nécessiter un investissement d’environ un million de dollars à moyen terme.

Lors de la séance du conseil de mardi, les élus ont adopté une résolution prévoyant l’achat de la propriété voisine de la Maison du commis voyageur elle-même voisine de l’hôtel de ville. Le terrain de 974,1 mètres carrés et la maison sont acquis grâce à un investissement de 200 000 $ par la Ville qui prévoit démolir la maison à la fin de 2020 ou en 2021.

Cet achat de propriété est combiné à l’acquisition récente du terrain vacant de l’ancien restaurant El Greco pour 60 000 $, un espace de 356,8 mètres carrés. La Ville a aussi acheté le terrain qui abritait le commerce Gelato moyennant 47 500 $. Cette propriété abrite deux terrains de 463,2 mètres carrés et de 299,5 mètres carrés. La somme de la superficie des trois propriétés donne à la Ville un terrain global d’environ 2100 mètres carrés (environ 22 600 pieds carrés).

«Avec le terrain qu’on a acquis, on a amplement d’espace. L’objectif est de bâtir une salle communautaire avec la bibliothèque au deuxième étage. C’est le prochain gros projet de Louiseville», confirme le maire, Yvon Deshaies, en précisant que la superficie de la bâtisse n’est pas encore déterminée.

L’achat de ces trois propriétés vient protéger la Ville dans sa volonté d’installer d’ici quelques années cette salle en plein cœur de la ville, à deux pas de l’hôtel de ville et de son stationnement. Selon le maire, le but est d’offrir une salle communautaire pouvant accueillir 250 personnes assises et munie d’une cuisine. Le plan prévoit que la bibliothèque municipale sera aménagée à l’étage de la bâtisse qui sera équipée d’un ascenseur.

«C’est au centre-ville. Les gens vont pouvoir se déplacer à pied. On a du stationnement. C’est attendu comme projet», ajoute le maire.

Louiseville n’a plus de salle communautaire depuis la fermeture en septembre 2018 du centre communautaire. La bibliothèque municipale, qui logeait au centre communautaire, est installée dans un espace locatif du centre-ville.

Yvon Deshaies insiste sur la nécessité de miser sur un apport des gouvernements québécois et canadien pour réaliser ce projet. Il souhaite obtenir des subventions représentant au moins 50 % des coûts.

«Je ne suis pas pressé. Peut-être que ça ne se fera pas dans mon mandat actuel. On est un peu freiné avec la situation actuelle et je l’accepte. Mais tant mieux si le gouvernement nous sort de l’argent avant», déclare Yvon Deshaies, en soulignant qu’il sera candidat à la mairie de Louiseville en 2021 s’il demeure en bonne santé.

En achetant le terrain de l’ancien commerce Gelato incendié en même temps que le El Greco en mai 2016, Louiseville devient propriétaire d’un espace pour lequel les anciens propriétaires avaient accumulé quelque 20 000 $ en taxes impayées. Le terrain était vendu par un huissier.

En versant 47 500 $, la Ville retrouvera une grande partie de ses billes en tant que créancière. Cette somme couvrira une part de l’argent déboursé par l’administration municipale pour la démolition de la bâtisse et le nettoyage du terrain, soit un peu de 30 000 $, en plus des taxes impayées.

«On a fait une offre de 47 500 $ qui a été acceptée. L’huissier essayait depuis un an de vendre le terrain à environ 65 000 $ et il n’a pas eu d’offre. Les gens pensaient que c’était le terrain de la Ville, mais on n’était pas propriétaire», précise le directeur général, Yvon Douville.

Selon le directeur général, la Ville aurait pu attendre que le terrain soit vendu à un investisseur privé en espérant récolter l’argent couvrant les taxes impayées et les frais de démolition de la bâtisse et de nettoyage du terrain. Mais cette possibilité aurait mis un terme à la volonté de la Ville d’y construire sa salle communautaire.

«On veut réserver ce terrain pour un usage municipal, explique M. Douville. En payant 47 500 $, comparativement à 65 000 $, ça nous intéresse.»

Il peut sembler étonnant qu’une Ville décide d’installer un équipement municipal en pleine artère commerciale, un secteur enviable pour un éventuel projet privé qui aurait le potentiel de rapporter des taxes à la Ville.

«Depuis le feu au El Greco, on n’a eu aucune approche pour un projet commercial, dit le maire. Quelqu’un voulait bâtir un 12 logements, mais le conseil ne voulait pas. On garde le terrain et on fait notre salle à cet endroit.»

En attente du ministère de l’Éducation

Une décision du ministère de l’Éducation pourrait avoir une incidence sur le financement de la salle communautaire de Louiseville.

Le projet de salle communautaire se prépare, alors que la Ville est toujours en discussions avec un promoteur privé qui a l’intention d’acheter le centre communautaire et de le transformer en immeuble à logements. Mais avant d’aller de l’avant avec cette possibilité, la Ville de Louiseville attend une décision du ministère de l’Éducation concernant l’usage de la propriété.

Louiseville est devenue propriétaire de la bâtisse du centre communautaire au milieu des années 1970. Mais en acceptant de céder à la Ville l’ancienne école des métiers, le ministère de l’Éducation avait exigé que les lieux soient utilisés à des fins publiques. L’arrivée possible d’un promoteur immobilier vient changer la donne et Louiseville doit obtenir l’aval du gouvernement pour aller plus loin dans cette voie.

«Le ministère de l’Éducation peut autoriser la modification de l’usage ou s’opposer. S’il refuse, il reprend le terrain et le centre communautaire dans son état actuel», mentionne Yvon Douville.

Si Louiseville obtient l’autorisation, elle pourra discuter davantage avec le promoteur. Advenant que les discussions achoppent, elle devra investir quelque 670 000 $ pour démolir la bâtisse. Mais si jamais l’Éducation refuse de modifier l’usage des lieux, le ministère redevient propriétaire et la Ville n’a pas à se préoccuper de la démolition de la bâtisse. L’argent prévu pour la démolition serait ainsi libéré pour d’autres projets, comme la construction d’une salle communautaire.