Le centre communautaire de Louiseville
Le centre communautaire de Louiseville

Louiseville: une reprise du centre communautaire envisagée

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Louiseville — Même si la Ville de Louiseville prépare toujours la démolition du centre communautaire, une reprise de la bâtisse par des groupes communautaires pourrait être envisagée.

Lors de la séance du conseil de mardi, ce sujet délicat est revenu sur le tapis durant la période de questions. Après que Michel Neveu eut déposé deux pétitions totalisant un peu plus de 700 signatures demandant au conseil de surseoir à sa décision de démolir la bâtisse, Jean-Paul Dupuis a mentionné au conseil avoir visité les lieux et croit que la bâtisse peut être réparée.

La réplique d’Yvon Deshaies n’a pas tardé à venir. Le maire a offert à M. Dupuis de reprendre la bâtisse pour la somme symbolique d’un dollar et de constituer un regroupement d’organismes pour aller chercher du financement public.

«Vous êtes capables d’aller chercher des subventions comme organismes, ce qui n’est pas le cas d’une municipalité. Mettez-vous ensemble», a déclaré le maire.

À la suite de la séance, le maire Deshaies tenait le même discours.

«S’il y a des organismes qui se mettent ensemble, on peut vendre à 1 $. On laisse le terrain et la bâtisse. S’ils veulent l’opérer, bravo!»

M. Dupuis ne s’attendait pas nécessairement à avoir cette offre du maire. Mais il assure qu’il y a moyen de faire quelque chose avec cette bâtisse pour loger des groupes communautaires.

«Que ce soit pour l’Aféas, le club de pétanque, la salle communautaire, je vais essayer. On pourrait installer la pétanque dans l’ancien local de la bibliothèque, faire des soirées de danse à la salle communautaire», énumère M. Dupuis, qui se promet d’obtenir des commandites locales afin de financer ce projet.

Selon Nadia Cardin, coordonnatrice de la Corporation de développement communautaire de la MRC de Maskinongé, il est faux de prétendre que les organismes communautaires ont accès à davantage de programmes de subventions que les municipalités. Elle ne rejette toutefois pas l’idée d’un rachat de la bâtisse par des organismes communautaires.

«Il y a eu des fonds disponibles sous d’autres gouvernements qui n’existent plus depuis une dizaine d’années. Il existe un seul fonds de financement, le programme d’immobilisation en entrepreneuriat collectif. On n’est pas admissible, car on n’est pas une entreprise d’économie sociale qui génère déjà du revenu. On n’est pas constitué. L’enjeu est qu’on soit capable de supporter les coûts qu’implique une bâtisse. A-t-on l’expertise pour ça? La porte n’est pas fermée pour l’idée d’acheter le centre communautaire. On peut créer une coopérative. Mais il faut faire une bonne évaluation. L’idée de M. Dupuis n’est pas mauvaise, mais il faut l’évaluer à long terme.»

La relocalisation du centre communautaire dans des espaces de l’école Panneton de Louiseville a été évoquée, mais doit être écartée en raison d’un besoin d’espace de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. Les intervenants dans ce dossier se reverront le 7 novembre pour faire le point sur les plus récentes informations à propos de ce sujet, soit la volonté de Louiseville de démolir la bâtisse et l’impossibilité de s’installer dans une partie de l’école Panneton.

«Il faut regarder comment on travaille la suite des choses, déclare Mme Cardin. Est-ce qu’on établit une structure communautaire? Un projet d’économie sociale? On passe par la MRC? Par Louiseville? Tous les partenaires pensent que le projet le plus intéressant est un centre multiservice pour regrouper les organismes communautaires et répondre à divers besoins. L’enjeu, c’est que le financement, il n’en pleut pas. Il faut savoir quelles sont les options possibles.»

Neveu s’adressera à la Commission municipale

Ayant échoué dans sa tentative d’obtenir des excuses publiques d’Yvon Deshaies pour des propos qu’il juge irrespectueux, Michel Neveu entend faire appel à la Commission municipale du Québec pour traiter ce dossier.

La séance du conseil a débuté avec l’intervention de M. Neveu qui y est allé d’un long préambule avant de remettre les pétitions. Rappelant que les élus doivent suivre le code d’éthique de la Ville qui prévoit que chaque élu doit traiter les citoyens avec respect, M. Neveu a dit s’attendre à des excuses publiques de la part du maire Deshaies pour ses propos tenus lors de la séance de septembre. Le maire avait alors traité M. Neveu de fouteur de merde, déplorant l’absence de celui-ci de la séance du conseil, alors qu’il discutait amplement du dossier du centre communautaire sur sa page Facebook et dans les pages d’opinions du Nouvelliste.

«Vous ne respectez pas le citoyen que je suis», a dit M. Neveu au maire Deshaies.

La demande de M. Neveu est restée lettre morte.

«Vous ne me ferez pas la morale», a répliqué le maire Deshaies.

La discussion entre M. Neveu et le conseil a alors pris fin, mais le citoyen a confirmé à l’issue de la séance qu’il n’a pas l’intention d’en rester là.

«Je vais faire une plainte à la Commission municipale du Québec pour irrespect.»