L’usine de production de cannabis thérapeutique de Louiseville a une superficie de 65 000 pieds carrés.

Louiseville aura son usine

Louiseville — Louiseville aura son usine de production de cannabis thérapeutique. Deux ans après avoir amorcé la préparation de son projet, l’entreprise IsocanMed vient d’obtenir sa licence de production de la part de Santé Canada. Les activités de production seront lancées ce printemps.

La nouvelle tant attendue par les promoteurs est arrivée vendredi en fin d’après-midi. Érik Bertacchini, Renato Bertacchini et Éric Bouvier, dirigeants d’une entreprise de construction à Rosemère, accueillent avec satisfaction cette annonce qui confirme que leur décision d’investir des millions de dollars est en bonne voie de rapporter.

«L’investissement total est de 10 millions de dollars. Ça comprend le terrain, le bâtiment, les équipements, les permis, tout», énumère Érik Bertacchini, très heureux d’avoir franchi une nouvelle étape dans l’objectif d’obtenir d’ici quelques mois la licence de Santé Canada permettant de vendre de la marijuana thérapeutique séchée.

Sur les 65 000 pieds carrés qu’offre la bâtisse construite cet automne dans le parc industriel de la MRC de Maskinongé, quelque 55 000 pieds carrés sont réservés à la zone de production, soit presque l’équivalent d’un terrain de football. Le plan d’affaires des trois investisseurs prévoit une production de 10 tonnes de marijuana séchée par année, soit l’équivalent de 10 millions de grammes de marijuana.

«À court et à moyen terme, on prévoit agrandir jusqu’à 500 000 pieds carrés. Mais on va agrandir selon ce que Santé Canada va nous permettre de faire et selon la façon qu’on va amorcer la première production», ajoute Éric Bouvier.

Vingt-cinq travailleurs seront embauchés à court terme afin de lancer la production de l’usine. Des emplois en biologie, en horticulture et en chimie et des postes de journaliers seront offerts. L’entreprise prévoit que ce nombre va grimper rapidement à 50 et croître davantage avec la réalisation éventuelle de la phase 2. Mais la compagnie se donne le temps de bien faire les choses afin de respecter les nombreuses conditions de Santé Canada.

«La qualité du produit sera bonne dès le départ, assure M. Bouvier. On n’a pas le choix avec Santé Canada. Mais pour la quantité, ça peut se faire sur quelques années.»

Le niveau de sécurité est très élevé à l’usine de production de cannabis thérapeutique.

Voyant la production de cannabis thérapeutique comme une occasion d’affaires, les promoteurs n’ont pas eu peur d’investir autant d’argent l’été dernier afin de lancer la construction d’une usine de production sans avoir l’assurance d’obtenir le permis de production.

Cette étape était toutefois nécessaire à l’obtention de la licence de production, de même que la vérification de différents documents comme le plan d’affaires, les méthodes de production, la sécurité des lieux et le profil des investisseurs. Le dossier doit être conforme au Règlement sur l’accès au cannabis à des fins médicales (RACFM), comme on peut le lire sur le site Internet de Santé Canada.

L’obtention de la licence de production sera suivie d’une inspection par Santé Canada. Le gouvernement fédéral vérifiera si le producteur respecte les exigences du RACFM. Une deuxième inspection est prévue au protocole avant de délivrer la licence de vente. Pour y parvenir, le producteur doit montrer patte blanche concernant la qualité du produit et les méthodes de production, mais aussi à propos de l’emballage, de l’étiquetage, de l’expédition et de la tenue de dossiers.

À l’abri des visiteurs indésirables
Les exigences de Santé Canada en matière de production de cannabis thérapeutique sont nombreuses. La sécurité de l’usine en fait partie et les promoteurs ont pris les moyens pour que leur bâtisse soit à l’abri des visiteurs indésirables.

En arrivant à l’usine de Louiseville, on a l’impression de se présenter dans un milieu comparable à un centre de détention. Une clôture de 10 pieds de hauteur, munie de barbelés, ceinture la bâtisse.

Les entrées de l’usine sont sécurisées. Chaque employé aura une carte et un code d’accès. L’entrée sera contrôlée par un gardien qui sera présent 24 heures par jour.

Des caméras de surveillance assurant une couverture totale des lieux équipent la bâtisse. Des capteurs de mouvement sont installés.

La bâtisse est aussi munie de fenêtres sécurisées.