La Ville de Louiseville n’a pas l’intention de prolonger le réseau d’égout à l’extérieur du périmètre urbain de l’avenue Royale.
La Ville de Louiseville n’a pas l’intention de prolonger le réseau d’égout à l’extérieur du périmètre urbain de l’avenue Royale.

Louiseville abandonne le prolongement de l’égout sur Royale

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
LOUISEVILLE — Le conseil de Louiseville abandonne l’idée de prolonger le réseau d’égout dans la partie hors urbaine de l’avenue Royale, une décision qui déçoit le comité de citoyens formé pour ce projet, mais qui l’incite à maintenir la bataille pour parvenir à ses fins.

Les membres du conseil et les habitués des séances publiques le savent fort bien, les interventions concernant ce dossier se comptent par dizaines depuis les dernières années. Lors de la séance du conseil du mois d’août, Yvon Deshaies a confirmé que la Ville laissait tomber l’idée d’étirer le réseau d’égout à l’extérieur du périmètre urbain, ce qui concerne une trentaine des quelque 50 maisons concernées par la demande de prolongement du réseau d’égout. Environ 20 maisons sans égout public font partie dudit périmètre.

Louiseville laisse tomber ce projet de quelque quatre millions de dollars, se disant incapable d’avoir des subventions couvrant une très large part de la facture.

Cette décision déçoit grandement Paul Beaulieu, membre du comité de citoyens.

«C’est de l’entêtement. Le 3 août, on a eu une rencontre de travail avec le conseil. Ça a été une séance décousue. On n’a pas senti d’échange constructif. Il y a toujours des raisons pour ne pas aller de l’avant.»

Yvon Deshaies, maire de Louiseville.

M. Beaulieu indique que la Ville pourrait échanger des terrains actuellement en zone urbaine et non utilisés avec des terrains de l’avenue Royale situés à l’extérieur du périmètre urbain. De cette façon, la Ville pourrait profiter de l’appui d’un programme gouvernemental qui soutient les projets de ce genre, à condition que cela se passe dans le périmètre urbain. Des subventions de la Route verte et du gouvernement fédéral pourraient aussi être utilisées, ajoute M. Beaulieu, mais rien ne bouge, selon lui.

«La goutte qui a fait déborder le vase est de voir les travaux d’asphaltage mis de l’avant par la Ville. Les travaux sont avancés. On est pour ça, mais quel message ça envoie? C’est impensable en termes de planification. Le prolongement est de 1300 mètres pour 52 résidences. On ne demande pas plus que les autres. Notre-Dame Sud, Notre-Dame Nord, Grande-Carrière ont été faits. Ça ne se peut pas que le conseil mette un blocage sur un projet de service essentiel», insiste M. Beaulieu, en ajoutant que la Ville a sondé la vingtaine de propriétaires dont la maison est en zone urbaine pour savoir s’ils sont d’accord avec un projet de prolongement d’égout dont le coût annuel sur 20 ans est de 30 000 à 35 000 $.

Selon Yvon Deshaies, la Ville a décidé de se retirer de ce projet devant le nombre croissant de propriétaires qui investissent dans un équipement privé de traitement des eaux.

«On ne prolonge pas dans le secteur non urbain. Sur la trentaine de maisons, il y en a huit qui ont des installations conformes et il y en a quatre ou cinq qui s’en viennent. Si jamais l’égout était prolongé, ces gens-là devraient payer la taxe de secteur. C’est assez. On ne fera plus de démarches pour des subventions pour le non urbain. On donne aux gens jusqu’en 2021 pour se mettre conformes.»

Le maire ajoute que la Ville a contacté le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation il y a quelques mois pour discuter du dossier du prolongement de l’égout dans ce secteur. Selon M. Deshaies, le ministère a refusé de donner son accord à une aide. Le seul financement fourni par le gouvernement du Québec est de 21 000 $ par maison, une somme insuffisante, selon M. Deshaies.

Malgré la décision de la Ville de Louiseville, Paul Beaulieu et les autres membres du comité de citoyens de l’avenue Royale entendent poursuivre leurs démarches dans l’espoir que le dossier aboutisse selon leurs désirs.

«Le conseil a travaillé fort, M. Boilard (René, le directeur des travaux publics) aussi. Mais ça n’a jamais abouti. Un moment donné, il faut aboutir. La décision est définitive», déclare M. Deshaies, précisant d’autre part que la Ville doit réasphalter l’avenue Royale en 2020 pour respecter les paramètres d’utilisation d’une subvention du gouvernement.

Le maire confirme que la Ville a contacté la vingtaine de propriétaires du périmètre urbain pour connaître leurs intentions concernant un possible prolongement. Selon lui, une seule personne a répondu à la lettre de la Ville. Il indique que le coût annuel sera de 30 000 $ à 35 000 $ si jamais les contribuables acceptent cette option. Le financement du prolongement de l’égout inclut une subvention du gouvernement québécois d’environ 400 000 $ et une participation de 200 000 $ de la Ville.