Louise Charbonneau, candidate du Bloc québécois dans Trois-Rivières

Louise Charbonneau: Défendre «sa» ville et le Québec

TROIS-RIVIÈRES — À l’occasion de la campagne électorale fédérale, Le Nouvelliste vous présente cette semaine cinq entrevues éditoriales avec les candidats représentant, dans le comté de Trois-Rivières, les cinq principaux partis. L’ordre de publication a été déterminé selon l’ordre alphabétique des noms de famille des candidats.

Pour pouvoir devenir la candidate bloquiste dans Trois-Rivières, Louise Charbonneau a dû se battre. Confrontée à une assemblée d’investiture où se présentait également la syndicaliste Louise Chabot, la candidate bloquiste se dit aujourd’hui fière que les militants locaux aient choisi la candidate de la place, celle qui est attachée à son coin de pays depuis sa naissance. «Trois-Rivières, c’est ma ville», lancera-t-elle, en tapant avec conviction sur la table de la salle où se déroule l’entrevue.

«Je n’aurais pas voulu que personne d’autre défende les intérêts de ma ville», ajoute celle qui parle encore aujourd’hui de la fierté que lui ont transmise ses parents, des gens d’affaires qui ont été très actifs dans la vie économique de la ville, avec son père qui possédait un magasin de meubles sur le boulevard Sainte-Madeleine et sa mère, avant-gardiste, qui s’affairait à offrir des vêtements dignes des plus belles boutiques parisiennes sur la rue des Forges, au centre-ville.

Louise Charbonneau parle avec franchise en reconnaissant qu’elle n’a peut-être pas été, au départ, le premier choix de son chef, Yves-François Blanchet. Mais puisqu’elle a été le premier choix des militants, elle se réjouit grandement de voir que la démocratie a parlé et que tout le monde se rallie pour avancer dans la campagne.

La candidate, qui a milité depuis des années pour l’indépendance du Québec, continue de croire en la pertinence du Bloc québécois à Ottawa, spécialement à une époque où les enjeux environnementaux et économiques divisent clairement le pays d’est en ouest, selon elle.

«Quand il s’agit du Québec, Ottawa oublie souvent très vite. Mais avec notre présence forte, ils n’auront pas le choix de tenir compte du Québec et de ses intérêts, comme la langue, la culture, la laïcité. Si nous ne sommes pas là, on n’existe plus», croit-elle.

Enjeux locaux

Louise Charbonneau estime que Trois-Rivières a assez attendu pour voir se réaliser le projet de train à grande fréquence. «Il faut cesser les études et que ça devienne concret, et on va mettre tout notre poids pour que ça arrive», signale Mme Charbonneau, ajoutant vouloir mettre le même poids politique pour la construction de la nouvelle aérogare de l’aéroport.

Toutefois, c’est davantage vers les petits vols pour développer le tourisme régional, par exemple vers les ZEC de la Haute-Mauricie, que Louise Charbonneau croit qu’il faudra développer l’offre de services, plutôt que vers les vols gros porteurs internationaux, qui émettent beaucoup de gaz à effet de serre. Pour ces besoins, Trois-Rivières est déjà très bien desservie par les aéroports de Montréal et Québec, et le sera encore davantage avec l’accessibilité plus rapide et fréquente du train à grande fréquence, suggère-t-elle.

Louise Charbonneau souhaite également appuyer les projets de développement du Port de Trois-Rivières et aussi remettre en valeur le site des Forges du Saint-Maurice, qui a besoin de beaucoup d’amour, reconnaît-elle.

Et autant sur le plan local que national, la question de l’environnement pèsera lourd dans la balance de l’élection, croit-elle. «Les gens m’en parlent beaucoup sur le terrain, ils sont inquiets de l’avenir», résume-t-elle, avant de vanter le programme de son parti qui mise non seulement sur la péréquation verte, mais aussi sur l’électrification des transports, les programmes de rénovations vertes et les positions claires contre l’usage des pesticides et le nouveau projet Énergie-est.

Même chose quand vient le temps de parler de l’aide aux médias, où elle ne rougit pas de voir son parti proposer une taxe de 3% du chiffre d’affaires des géants du web, comme il se fait en France. «Ça fait quatre ans qu’on réclame de taxer les GAFAM», déclare celle qui croit également nécessaire qu’on s’intéresse à la question des droits d’auteurs en information et des redevances, de même que d’imposer l’équivalent de la TPS sur l’achat de publicité en ligne, un montant qui servirait à créer un fonds d’aide pour assurer la survie des médias.

Candidats

Louise Charbonneau reconnaît que dans une campagne comme celle qui se mène actuellement à Trois-Rivières, elle doit composer avec la notoriété de certains adversaires, dont celle de l’ex-maire de Trois-Rivières Yves Lévesque, candidat pour les conservateurs.

Elle demeure cependant confiante que les électeurs sauront aussi s’intéresser aux plateformes des partis, et non seulement aux individus.

«Ce n’est pas une course à la célébrité. Les gens de Trois-Rivières doivent voter pour la personne qui représentera le mieux leurs intérêts», indique celle qui affirme détenir un grand intérêt pour tous les enjeux touchant le bien-être des aînés.

«Je me sens proche d’eux et j’ai beaucoup de respect pour eux. J’aimerais, si je suis élue, pouvoir former une équipe volante de bénévoles qui iraient à leur rencontre à l’occasion dans les résidences afin de leur fournir de l’aide et du support, par exemple, pour les démarches administratives et les formulaires gouvernementaux», évoque-t-elle.

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