Louis Plamondon

Louis Plamondon: le passionné de la politique

«Mon père me disait que ce n'est pas le travail qui fait mourir». À 72 ans, Louis Plamondon affiche l'enthousiasme du débutant en politique. Pourtant, il sollicite rien de moins qu'un dixième mandat comme député fédéral de Bécancour-Nicolet-Saurel.
Depuis sa première élection en 1984 sous la bannière conservatrice, l'homme ne ralentit pas la cadence. Il se fait toujours aussi omniprésent aux quatre coins du comté, participant à une dizaine d'activités chaque fin de semaine. Les vacances, très peu pour lui. Et pas plus qu'une semaine à la fois.
«J'adore les gens. Ça me comble», confie-t-il, eau minérale à la main. Sur la terrasse du Resto-Bières Le Thymbré à Nicolet, tantôt il saluera des clients, tantôt il répondra à son portable pour régler un cas de citoyen aux prises avec un problème postal, avant de se rendre à un autre rendez-vous.
Il faut dire qu'après 31 ans de vie politique à parcourir les45 municipalités de sa circonscription, il a su développer un «système en 33 points» pour maintenir le contact avec son milieu. Outre le suivi téléphonique et les correspondances, M. Plamondon va jusqu'à faire de trois à six salons funéraires par semaine pour exprimer ses sympathies aux endeuillés.
«Je suis un passionné de la politique depuis l'âge de 15 ans. Et j'ai toujours pensé que le Québec avait les moyens d'être un État normal», raconte ce fils de marchand de chevaux de Saint-Raymond-de-Portneuf qui, au fil du temps, deviendra membre du RIN. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si le premier livre qu'il a lu fut celui de Marcel Chaput ayant pour titre Pourquoi je suis séparatiste.
Le jeune Plamondon se plaira à assister à «toutes les assemblées politiques de tous les partis». «Je rêvais d'être politicien», avoue celui qui s'amènera à Sorel en 1964 pour y exercer sa profession d'enseignant.
Vingt ans plus tard, ses nombreuses implications communautaires font de lui un candidat de choix pour le Parti progressiste-conservateur du Canada. Il se laisse tenter par le discours du chef Brian Mulroney qui promet le retour du Québec dans l'honneur et l'enthousiasme au sein du giron constitutionnel. Mais c'est dans l'opposition, comme député du Bloc québécois, qu'il trouvera sa plus grande satisfaction.
«J'étouffais au pouvoir. Le parlementarisme britannique fait une place de choix à l'opposition. Au pouvoir, on est porté à prêcher alors que là, je suis porté à écouter. J'ai cette liberté de parole et plus de temps pour être attentif aux réclamations», explique le frère du célèbre parolier, Luc Plamondon.
Car s'il reconnaît avoir ce rôle de législateur, le député sortant se voit davantage comme l'ombudsman de son comté «qui rejoint les gens dans leur quotidien». Et si les citoyens sollicitent son intervention pour différentes questions telles que les prestations de chômage, le doyen de la Chambre des communes se sert de son vaste réseau de contacts auprès de l'appareil administratif pour répondre positivement à tous ces cas particuliers qui lui sont soumis.
«Je sens que je suis beaucoup plus efficace d'année en année et j'ai hâte d'aller au bureau», affirme celui qui n'envisage aucunement la retraite «tant que je vais aimer ça et que je serai en santé».
Par ailleurs, ce rare survivant de la vague orange de 2011 ne cache pas avoir vécu un moment de découragement. «Je trouvais que ça allait mal. Mais je me suis dit que si je m'en vais, c'est la fin du Bloc», admet celui qui, aujourd'hui, se réjouit du retour de Gilles Duceppe.
Son seul regret? Ne pas avoir assez vu grandir ses deux filles, dira-t-il. «J'ai manqué quelque chose», laisse échapper celui qui peut néanmoins se reprendre avec ses petits-enfants.
Bécancour-Nicolet-Saurel
Population: 93 779
Candidats
CLAUDE CARPENTIER,
Parti libéral du Canada
LOUIS PLAMONDON,
Bloc québécois
NICOLAS TABAH,
Nouveau Parti démocratique
Priorités
Création d'un fonds de développement économique régional
Freiner l'érosion des berges
Maintien de la gestion de l'offre