Éric Lord

Lord dit «non», Aubin dit «oui, mais...» pour les tarifs supralocaux

TROIS-RIVIÈRES — Le dossier des tarifs supralocaux désormais imposés par la Ville de Trois-Rivières aux non-résidents désirant pratiquer un sport à Trois-Rivières fait non seulement réagir les différentes associations sportives, mais également les candidats annoncés dans la course à la mairie de Trois-Rivières. Et les avis sont clairement partagés.

Pour Éric Lord, il apparaît évident qu’il faudrait reconsidérer cette décision et ne pas aller de l’avant avec l’imposition de tarifs supralocaux. «Dans ma vision du développement de la ville, ça ne concorde pas avec ce que je pense. À mon avis, Trois-Rivières est un pôle régional. Ça vient avec des avantages et des inconvénients, mais il faut considérer le tout dans une optique de développement régional», croit M. Lord.

Selon lui, il est vrai que les contribuables de Trois-Rivières déboursent pour l’entretien des infrastructures, mais la participation de gens venant de l’extérieur de la ville se traduit en contrepartie bien souvent par des retombées économiques intéressantes pour Trois-Rivières. «Les gens qui viennent de l’extérieur pour pratiquer un sport ici, souvent ils se déplacent pour la journée. Ils vont dans les commerces, dépensent, mangent au restaurant. Ça fait aussi rouler l’économie, c’est un avantage», croit-il.

M. Lord indique qu’advenant son élection à la mairie, il n’hésiterait pas à ramener ce dossier sur la table pour le rediscuter en profondeur.

Jean-François Aubin

Pour sa part, Jean-François Aubin considère plutôt que les tarifs supralocaux ont un sens et représentent une forme d’équité pour les citoyens ayant payé plus cher de taxes pour obtenir ces infrastructures, mais que ces frais ne doivent pas non plus devenir un frein à la pratique d’activités sportives, surtout chez les jeunes.

«C’est facile d’aller s’installer dans la municipalité voisine, de payer beaucoup moins cher de taxes et de venir profiter des installations de Trois-Rivières. Mais je crois que si on implante ces tarifs, il faut aussi le faire avec des mécanismes pouvant aider certains utilisateurs, pour ne pas que ça devienne un frein aux bonnes habitudes de vie», indique M. Aubin, qui rappelle qu’il existe des fonds avec lesquels la Ville vient parfois en aide à des familles plus démunies pour certaines causes.

Jean-François Aubin insiste cependant pour considérer des tarifs supralocaux «raisonnables» et admet se questionner sur l’importance des frais imposés pour ceux qui voudraient pratiquer des sports de glace, dont le hockey, soit des frais supplémentaires de 716$. «J’avoue que c’est probablement le tarif qui me questionne le plus. Je n’ai pas vu les analyses de la Ville et il faudrait qu’on m’explique la nécessité d’imposer de tels frais», mentionne celui qui rappelle que de nombreuses villes optent déjà pour les tarifs supralocaux, dont Shawinigan et Louiseville.

Salaire des élus

Par ailleurs, questionnés au sujet de possibles augmentations de salaire pour les élus municipaux une fois l’élection à la mairie passée, les deux candidats ont tour à tout salué l’initiative de mandater un expert en ressources humaines pour faire l’étude de la valeur du travail effectué actuellement par les élus municipaux, en comparant notamment avec les autres villes et les orientations prises par des organisations comme l’Union des municipalités du Québec.

Si Éric Lord dit préférer attendre de prendre connaissance des conclusions de l’étude avant de se faire une tête, Jan-François Aubin est plus tranchant en ce qui concerne la question des allocations de transition. Ce dernier soutient qu’il en discuterait en profondeur avec le conseil s’il était élu, mais que s’il n’en tenait qu’à lui, ces allocations laissées à la discrétion des municipalités seraient abolies à Trois-Rivières. D’ailleurs, ayant lui-même touché une allocation de transition lors de sa défaite à la mairie en novembre 2017, Jean-François Aubin soutient qu’il n’accepterait pas une seconde prime de transition s’il devait à nouveau siéger un jour à l’hôtel de ville.

Concernant l’augmentation salariale, Jean-François Aubin est d’avis qu’elle ne devrait pas avoir lieu dans ce présent mandat, et devrait plutôt être discutée ouvertement lors de la campagne électorale municipale de 2021.