Les chauffeurs de taxi vont continuer de dénoncer le projet de loi 17. En mars dernier, plusieurs chauffeurs de Trois-Rivières avaient manifesté devant le bureau du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.
Les chauffeurs de taxi vont continuer de dénoncer le projet de loi 17. En mars dernier, plusieurs chauffeurs de Trois-Rivières avaient manifesté devant le bureau du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.

L’opposition exige l’arbitrage pour l’indemnisation des propriétaires de permis de taxi

La Presse canadienne
Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
QUÉBEC — L’opposition officielle crie à l’«injustice» et exige l’arbitrage pour l’indemnisation des propriétaires de permis de taxi frappés par la réforme du gouvernement Legault.

Le Parti libéral (PLQ) soutient que la procédure d’expropriation n’est pas respectée dans le rachat des permis de taxi prévu par le gouvernement. Rappelons que le gouvernement caquiste s’est engagé à dédommager les propriétaires de permis affectés par l’arrivée d’Uber et le déplafonnement du nombre de permis.

En conférence de presse mardi matin, le porte-parole du PLQ en matière de transports, Gaétan Barrette, a accusé le ministre des Transports, François Bonnardel, de prendre une «décision arbitraire» sur les modalités du rachat des permis de taxi.

«C’est de l’injustice», a dénoncé M. Barrette en mêlée de presse. Le rachat des permis de taxi est comme une expropriation de domiciles: il y a des règles à suivre et des fonctionnaires «de haut niveau» spécialisés en arbitrage ainsi qu’en expropriation au ministère des Transports doivent trancher, a plaidé le député libéral.

«Les raisons que M. Barrette donnait dans son intervention sont très bonnes. Ce n’est pas au ministre de décider de façon arbitraire le montant qui va être remis aux chauffeurs de taxi», affirme Martin Paré, propriétaire d’un taxi depuis 18 ans et membre de Taxi Coop de Trois-Rivières.

Les chauffeurs de taxi réclament plus de 1,3 milliard $ de dédommagement pour la perte de valeur de leurs permis et leur rachat à la suite de l’arrivée de l’entreprise Uber dans le marché québécois. Martin Paré estime que le gouvernement doit respecter les règles d’expropriation déjà bien définies au Québec.

«Ça serait bien qu’un arbitre mesure les positions de deux parties», précise M. Paré en ajoutant que d’autres avenues sont explorées par les chauffeurs de taxi pour obtenir gain de cause.

Des recours judiciaires contre le gouvernement ont en effet été entamés par l’industrie du taxi. «Ça serait donc très intéressant dans les circonstances faire appel à un arbitre qui pourrait donner des pistes de solution au gouvernement ou même encore arriver avec une solution qui serait équitable pour tout le monde», note Martin Paré. «Je trouve l’idée de Gaétan Barrette extrêmement intéressante.»

La commission parlementaire qui étudie le projet de loi 17 sur la réforme du transport rémunéré de personnes a repris ses travaux mardi.

Les partis d’opposition ont tenté à de multiples reprises d’obtenir les données recueillies dans les projets pilotes autorisés avec Uber au cours des dernières années, en vain.

«Le ministre en parle sans que nous sachions (les conclusions des projets pilotes), alors là, il y a une irrégularité», a déclaré M. Barrette. Le porte-parole péquiste en matière de transports, Joël Arseneau, a renchéri en s’adressant au ministre.

«Il y a une absence de faits pour appuyer votre argumentaire. On veut bien vous croire, mais est-ce qu’on ne serait pas mieux d’avoir des conclusions tirées du projet pilote avant d’aller de l’avant avec un nouveau régime?»

M. Bonnardel leur a notamment suggéré de faire une demande en vertu de la Loi d’accès à l’information.

Au lendemain d’une journée de mobilisation à Montréal, le chauffeur de taxi Martin Paré avoue que ses collègues ne lâcheront pas le morceau.

D’autres moyens de pression sont à prévoir dans les prochaines semaines. Les chauffeurs souhaitent trouver des moyens de pression qui n’auront pas trop d’impacts sur la clientèle.