Guy Caron, président des Habitations Logis-Vie, en compagnie de son fils Alexandre et du maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.
Guy Caron, président des Habitations Logis-Vie, en compagnie de son fils Alexandre et du maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.

Logis-Vie: le rêve d’une vie autonome pour de jeunes adultes handicapés

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Pour Étienne Bouchard-Dostie, il ne manquerait pas grand-chose pour atteindre son rêve de vivre dans son propre appartement. Atteint de trisomie 21, le jeune homme de 27 ans fait preuve d’une grande autonomie depuis plusieurs années, lui qui se déplace seul en transport en commun pour aller accomplir son travail de magasinier au CHSLD Cooke. Mais son handicap demande tout de même un certain niveau de services qu’il ne peut présentement pas obtenir seul dans un appartement. Un rêve qui semble toutefois de plus en plus accessible, grâce au travail de plusieurs parents de jeunes comme Étienne, avec le projet Habitations Logis-Vie.

Cette résidence de dix appartements destinés aux adultes vivant avec une déficience intellectuelle est sur le point de voir le jour à Trois-Rivières, dans le quartier Le Citadin, développé par le promoteur Odacité, sur le boulevard des Chenaux. L’initiative de plusieurs parents, dont le papa d’Étienne, Michel Dostie, permettra bientôt à ces adultes de développer leur autonomie dans un appartement bien à eux, avec un niveau de services adéquat pour leurs besoins.

Michel Dostie et son fils, Étienne Bouchard-Dostie.

«Pour nous, c’est aussi un soulagement, parce qu’il faut penser à l’après. Ma femme et moi, nous ne rajeunissons pas. Étienne habite avec nous depuis sa naissance, mais s’il fallait qu’il déménage actuellement, il devrait aller en résidence ou en famille d’accueil. Avec le projet, c’est un gain d’autonomie pour lui, mais c’est aussi la paix d’esprit pour les parents», constate Michel Dostie.

Avec l’apport du CIUSSS Mauricie Centre-du-Québec de même que la Société d’habitation du Québec, le projet Logis-Vie offrira donc dix appartements de trois pièces et demi, à l’intérieur desquels il y aura également une cuisine, une salle à manger et un salon communs, afin qu’une forme d’entraide puisse naître entre les locataires. L’emplacement choisi, soit le quartier Le Citadin d’Odacité, assurera également la proximité en services de base pour les résidents, en plus de l’accès facile au transport en commun, explique le président de Logis-Vie, Guy Caron.

«On veut davantage que leur offrir un appartement. On veut qu’ils puissent aussi s’intégrer à une vie de quartier, ce qui est essentiel dans le projet», considère M. Caron, lui-même père d’Alexandre, qui rêve également de pouvoir atteindre ce niveau d’autonomie.

Pour Michel Dostie, il ne fait aucun doute que son fils Étienne, tout comme les autres jeunes adultes, seront bien encadrés à cet endroit. «Parfois, il ne manque pas grand-chose pour qu’ils soient autonomes. Dans le cas d’Étienne, c’est d’avoir des rappels de ce qui est à faire au moment où il doit le faire, une certaine forme de routine à établir. La façon d’établir un budget aussi. Ce sont des services qui seront dispensés dans ce projet. Mais pour le reste, il est capable de se déplacer seul, d’aller travailler et de bien faire son travail», rappelle le papa, qui explique au passage que la problématique majeure de la plupart des personnes trisomiques se situe au niveau de la communication.

Financement

À ce jour, avec l’apport de différents partenaires, dont la Ville de Trois-Rivières qui octroie un montant de 231 000 $ pour le projet en plus d’un congé de taxes de cinq ans, le projet Habitations Logis-Vie a complété plus de 75 % de son financement total de 2,4 M$.

Prochainement, le conseil d’administration lancera une campagne de sollicitation auprès des citoyens, des entreprises et des institutions afin d’amasser les 650 000 $ nécessaires pour compléter le financement et ainsi concrétiser le rêve de ces jeunes adultes et de leurs parents. Déjà, une première offensive de sollicitation a permis d’amasser 40 000 $ auprès de généreux donateurs du public.

Si tout va comme prévu pour le financement, les travaux devraient débuter en 2022 pour une intégration des premiers résidents au début de l’année 2023, espère Guy Caron.