Le consortium Locus 3 et Mesar n’est plus impliqué dans le projet du nouveau colisée au District 55.

Locus 3 et Mesar ne sont plus dans le portrait

TROIS-RIVIÈRES — Le consortium formé des firmes trifluviennes Locus 3 et Mesar n’est plus impliqué dans le projet du nouveau colisée au District 55.

Les dirigeants de ce regroupement de professionnels qui a élaboré le programme fonctionnel technique (PFT) de cet important projet de 53 millions de dollars ont récemment reçu une communication dans laquelle la Ville leur indiquait que leurs services n’étaient plus requis pour la suite des choses. Le conseil municipal a d’ailleurs adopté à l’unanimité une résolution en ce sens lors de la séance ordinaire de mardi soir.

Selon le mandat qui lui avait été confié, le consortium devait en premier lieu réaliser le programme fonctionnel et technique (PFT), le devis de performance (DP) et les estimations de coûts à toutes les étapes de la construction d’un nouveau colisée. Par la suite, elle devait accompagner la Ville lors du processus d’appel d’offres pour la conception-construction, s’assurer de la qualité de la conformité des plans et devis par rapport au PFT et au DP, s’assurer de la qualité de la conformité des travaux par rapport au PFT, au DP et aux plans et devis et supporter techniquement la Ville lors de la mise en service de ce nouveau complexe sportif.

«Le lien de confiance entre la firme Locus 3 et Mesar n’était plus là. Et surtout, le mandat de Locus 3 et Mesar avait été fait avant la rédaction du contrat du Groupe TEQ [pour la construction du nouveau colisée]. Il [TEQ] a rédigé les appels d’offres et la deuxième partie du mandat, qui était de faire des audits et d’assurer la qualité des travaux, ne correspondait plus à ce qu’ils [Locus 3 et Mesar] pouvaient nous offrir. Ça ne répondait plus à nos attentes. C’est pour ces raisons que la Ville a décidé de résilier le contrat», explique, Patrice Gingras, directeur du génie à la Ville de Trois-Rivières.

Présent lors de la séance de mardi soir, un représentant de Locus 3 et Mesar, Yvan Massé, a profité de l’occasion pour prendre la parole. Selon lui, cette résiliation de contrat fait l’affaire des deux parties car le consortium dont il fait partie avait l’intention de se retirer lui-même de ce projet.

«Nos ordres professionnels nous exigent, quand nos clients ne suivent pas nos recommandations, qu’on est mieux de ‘‘décrisser de là’’ que de rester et de subir vos décisions [...] Que faites-vous quand vous voulez tuer votre chien? Vous dites qu’il a la rage. Je vous laisse avec vos examens de conscience. De toute façon, nos ordres nous demandent de démissionner car les équipes qui sont là-dessus prennent des décisions douteuses. Je vous souhaite bonne chance», a dit M. Massé au maire Yves Lévesque ainsi qu’aux conseillers à la toute fin de la séance ordinaire.

M. Massé indique avoir tenu ce discours publiquement afin de mettre les élus en garde. Il a d’ailleurs eu un bon entretien avec le maire après son intervention. Questionné à savoir quels sont les décisions ou agissements qui allaient à l’encontre du code de déontologie des ingénieurs, il se dit dans l’impossibilité de les dévoiler en raison d’une clause de confidentialité.


« Nos ordres professionnels nous exigent, quand nos clients ne suivent pas nos recommandations, qu’on est mieux de ‘‘décrisser de là’’ que de rester et de subir vos décisions »
Yvan Massé, représentant de Locus 3 et Mesar

M. Massé tient cependant à préciser que son consortium n’a absolument rien à se reprocher dans ce dossier et que toutes les tâches ont été effectuées selon les règles de l’art.

Pas d’avis formels
Le consortium Locus 3 et Mesar est formé d’ingénieurs et d’architectes, deux professions régies par des ordres professionnels et les personnes qui les pratiquent doivent respecter un code de déontologie. Or, ni l’ordre des ingénieurs du Québec ni celui des architectes n’émettent de recommandations conseillant à leurs membres de se retirer d’un contrat précis. Par contre, l’ordre des ingénieurs du Québec offre un service de consultation anonyme pour les membres ayant des questions d’ordre déontologique afin de les éclairer dans leurs décisions.