Lock-out à l'UQTR: le suspense persiste

TROIS-RIVIÈRES — Il n’a pas été possible de savoir, dimanche soir, si le conseil d’administration de l’UQTR a décidé ou non de lever le lock-out imposé aux professeurs depuis le 2 mai. Les médias sont invités à un point de presse, lundi, à 10 h 30, en présence du président du conseil d’administration, Robert Ricard et du recteur, Daniel McMahon, qui était de retour de son voyage en Jamaïque dimanche. L’UQTR n’a émis aucun commentaire.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, écrivait sur sa page Facebook, en fin de soirée, dimanche, une phrase qui contribue à maintenir le suspense: «L’Université du Québec à Trois-Rivières s’expliquera demain (lundi) sur la décision qu’elle a prise face à la levée du lock-out.» Le député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, a indiqué au Nouvelliste, en après-midi, que le gouvernement «veut rapidement qu’on passe à autre chose. Il faut que l’UQTR opère normalement. Il est important qu’il y ait des négociations. On a des étudiants qui sont pris en otages. On demande que ça se règle».

Le député Girard a indiqué que la ministre David a discuté avec le recteur McMahon au terme de la rencontre du conseil d’administration, dimanche soir. Elle laissera le soin à l’Université de faire ses annonces avant de commenter elle-même la décision.

Il est à noter que la levée du lock-out, lorsqu’elle se fera, ne fera pas en sorte que la vie reprendra subitement son cours normal à l’UQTR dès le lendemain.

Le vice-président aux relations de travail du Syndicat, René Lesage, a indiqué au Nouvelliste que si le lock-out est levé, l’Université devra établir un protocole de retour au travail et devra aussi faire quelque chose d’équivalent pour les étudiants. «C’est à la direction de voir que ça se fasse en harmonie. On va tout faire pour faciliter le retour à la normale», indique-t-il.

Si le lock-out n’est pas levé, lundi, les professeurs se réuniront en conseil syndical. M. Lesage indique qu’il va prendre conseil auprès des professeurs pour la suite des choses.

Toujours selon M. Lesage, le nœud de la négociation, qui devra se poursuivre, demeure principalement le plancher d’emploi.

On se rappellera que 31 nouveaux professeurs devaient être embauchés, en juin, par l’UQTR. René Lesage indique que c’est là la cause principale du lock-out. Dans le dernier dépôt patronal de vendredi dernier, la direction est en effet bien loin du compte puisqu’elle propose une hausse d’environ une dizaine de professeurs.

M. Lesage se demande pourquoi la ministre ne sort toujours pas sa nouvelle formule de refinancement des universités qui, selon lui, est prête depuis trois semaines. Selon cette nouvelle formule, en effet, l’UQTR sera «grandement gagnante» et pourrait, dit-il, élaborer un nouveau plan de redressement pour éteindre son lourd déficit.

Le recteur Daniel McMahon.

M. Lesage dit craindre que l’UQTR préfère garder ce nouvel influx d’argent pour investir dans du béton au lieu d’investir dans ses ressources professorales.

Les professeurs en lock-out avaient décidé de ne pas manifester, dimanche, lors de l’arrivée des membres du conseil d’administration au pavillon administratif Pierre-Boucher.

Après avoir multiplié les discussions à ce sujet via internet, les professeurs ont convenu entre eux de «laisser les acteurs concernés tenir cette réunion sans pression indue», a indiqué leur porte-parole, Jason Luckerhoff. «Nous souhaitons bien sûr une entente négociée et une fin rapide au conflit. Nous avons toujours négocié de bonne foi et nous continuons à la faire», a-t-il indiqué au Nouvelliste.

Les professeurs ont donc décidé de «laisser le c.a. prendre sa décision dans le respect et dans l’intérêt de l’UQTR», dit-il.

Rappelons que la pétition qui a circulé au cours des derniers jours parmi les 445 professeurs de l’UQTR demandant la démission du recteur, Daniel McMahon, s’est clôturée, le 11 mai, par 256 signatures. Trois professeurs siègent au conseil d’administration de l’UQTR. Un de ces professeurs, Éliane Moreau, a signé cette pétition.

Les professeurs continuent à avoir des appuis d’un peu partout. Une pétition circule aussi en ce moment à l’Université du Québec à Montréal demandant la fin du lock-out.

Rappelons que le 11 mai dernier, le contenu d’une offre globale, mais non finale, faite par la direction de l’UQTR a été envoyée par courriel aux professeurs et a rapidement été partagée aux médias. Cette façon de faire a été qualifiée d’illégale par le Syndicat qui entend porter plainte contre cette manœuvre au Tribunal administratif du travail.