Le président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos, Clément Masse, applaudissant l’annonce faite par la vice-présidente exécutive régionale au Québec de l’AFPC, Magali Picard.

Lock-out à l'ABI: l’AFPC donne son appui

Bécancour — Malgré la grisaille d’un lock-out qui perdure, les travailleurs syndiqués de l’Aluminerie de Bécancour ont vu poindre mardi un rayon de soleil sur la ligne de piquetage, soit l’annonce de l’appui de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC).

En plus de remettre un premier chèque de 1000 dollars, la vice-présidente exécutive régionale de l’AFPC pour la région de Québec, Magali Picard, a fait part de sa volonté d’inviter ses quelque 180 000 membres au Canada à emboîter le pas. 

«On commence une campagne à l’AFPC. On va solliciter toutes nos sections locales pour qu’ils viennent en aide aux travailleurs d’ici. Les montants les plus substantiels vont arriver dans les prochains jours, les prochaines semaines. Tous nos éléments seront appelés à donner une contribution à travers le pays pour faire en sorte que les gens ici soient capables de faire ce combat jusqu’à la fin», a-t-elle déclaré. 

À son avis, «les fonctionnaires fédéraux, les professionnels de recherche, les gens qui travaillent dans les universités au Québec sont extrêmement sensibles à ce qui se passe ici». 

«Personne n’est à l’abri de voir son régime de pension être menacé. Ça semble être la mode, les entreprises, les gouvernements font croire à la population, à leurs travailleurs, que les régimes à prestations déterminées sont visées par des pertes énormes et c’est la raison pour laquelle les entreprises ont de la difficulté alors que c’est complètement faux. Alors, c’est important pour nous de soutenir les travailleurs d’ABI, de leur dire de ne pas lâcher. C’est extrêmement important qu’ils fassent cette bataille et que jamais ils n’acceptent un régime à deux vitesses en ce qui a trait à leur régime de pension. On sera là, on va les soutenir, on les soutient financièrement», a-t-elle ajouté.

Celle-ci a donné l’exemple d’une intervention de l’AFPC lors de la crise au Lac-Mégantic «pour le soutien des gens qui étaient visés par un recours criminel», à raison de plus de 20 000 dollars.

«Ça fait partie de notre mission, de nos croyances. Il faut dire que lorsqu’on parle des régimes de pension, nos gens sont très à l’écoute. On a un gouvernement qui nous ramène encore un projet de loi C-27 pour vanter les régimes à prestations cibles. Chez nous, les gens réagissent fortement. On ne veut absolument pas voir d’ouverture à ce niveau. La pension est un revenu différé. Il faut arrêter cette propagande selon laquelle on ne peut plus se payer ça aujourd’hui un régime à prestations déterminées. C’est complètement faux. C’est choquant de voir une entreprise telle qu’ABI faire en sorte que ces gens-là sont dans la rue depuis le mois de janvier. C’est un enjeu important ici. C’est la raison pour laquelle c’est extrêmement important pour l’AFPC d’être au rendez-vous et de soutenir ces travailleurs-là», renchérit Mme Picard.

Le président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos, Clément Masse, a parlé «d’un exemple frappant de l’appui intersyndical». «Ça démontre une solidarité face à notre conflit», conclut celui qui confirme l’impact du conflit sur les emplois de près de 130 étudiants cet été. Et d’ici mai, le Tribunal des droits de la personne devrait trancher la question de l’équité salariale chez les étudiants qui travaillent à l’ABI.