Seul François-Philippe Champagne a ouvert des locaux électoraux dans le cadre de la campagne dans Saint-Maurice - Champlain, dont celui de l’avenue de Grand-Mère.

Local électoral: une question de moyens

SHAWINIGAN — La bonne vieille stratégie d’ouvrir un local pour accueillir les électeurs et rassembler les bénévoles en campagne électorale appartient-elle au passé? Dans Saint-Maurice - Champlain, seul François-Philippe Champagne a conservé cette tradition cet automne, avec un pied-à-terre sur l’avenue de Grand-Mère, à Shawinigan et sur la rue Saint-Antoine à La Tuque.

Ses adversaires politiques ont choisi d’autres stratégies, souvent par la force des choses. Plusieurs reconnaissent que financièrement, ils pouvaient difficilement supporter cette charge, compte tenu de leurs moyens limités. Ils ne se sentent toutefois pas désavantagés, préférant y voir une incitation à aller davantage vers les électeurs.

«C’est une question de budget et je ne suis pas gêné de le dire», lance spontanément Bruno-Pier Courchesne, candidat conservateur dans Saint-Maurice - Champlain. «Mais aussi, avec un local électoral, on dit aux gens de venir nous voir. Moi, je veux être sur le terrain et aller vers les gens. Tant qu’à avoir un local vide, avec personne pour accueillir les gens, je préfère être sur le terrain. Les gens peuvent aussi communiquer avec moi par les réseaux sociaux.»


« C’est une question de budget et je ne suis pas gêné de le dire »
Bruno-Pier Courschesne, candidat conservateur
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Stéphanie Dufresne, candidate pour le Parti vert du Canada, transporte sa seule pancarte électorale quand elle se déplace dans le cadre de cette campagne. Elle n’a pas analysé longtemps la possibilité d’ouvrir un local électoral.

«C’est une question de ressources», concède-t-elle. «Je n’ai pas nécessairement de budget pour ça. De plus, ça entre dans ma philosophie, selon laquelle c’est le genre de ressource qui n’est pas absolument nécessaire pour passer un message. Je ne pense pas que ce soit essentiel.»

Barthélémy Boisguérin, représentant néodémocrate dans le comté, parle plus d’un concours de circonstances pour expliquer son absence de local.

«Ma nomination est arrivée sur le tard, avec une association de circonscription qui n’était plus en place», explique-t-il. «Rebâtir une équipe, trouver un local à la dernière minute, ce n’était pas possible.»

«Idéalement, ce serait bien pour la logistique, la gestion des bénévoles, du matériel», reconnaît M. Boisguérin. «Je fais une campagne en étant présent sur le terrain et ça se passe quand même bien sans local. Mais idéalement, ça aiderait certainement. Ça peut être un lieu d’accueil pour les gens qui veulent en savoir plus.»

Nicole Morin, candidate du Bloc québécois, parle plutôt d’une décision réfléchie.

«C’est un choix», prétend-elle. «Ce n’est pas pire que Simon Allaire l’an dernier, avec la CAQ! Aujourd’hui, avec les communications, on se parle par courriel, par Skype. Surtout dans un aussi grand territoire, je trouve ça très bien d’utiliser ces moyens pour communiquer.»

Julie Déziel, candidate du Parti populaire du Canada, n’a pas donné suite à notre demande. On ne lui connaît toutefois pas de local électoral. Mme Déziel n’a pas non plus participé aux rendez-vous électoraux de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan ou du cégep. Ses pancartes, qui mettent également en vedette son chef Maxime Bernier, sont apparues en fin de semaine dernière.

Toujours convaincu

Évidemment, le candidat libéral, François-Philippe Champagne, est toujours convaincu de la nécessité d’ouvrir un local électoral en campagne. Compte tenu de l’étendue de Saint-Maurice - Champlain, il juge important de mettre deux endroits en disponibilité.

«C’est un point de rassemblement pour les bénévoles», explique-t-il. «La politique participative, c’est d’amener les gens pour partager une cause, un objectif, un défi. C’est un lieu de partage d’idées. Rassembler des gens, c’est la façon de faire. Dans un grand comté comme le nôtre, c’est même essentiel.»

M. Champagne ajoute qu’un local électoral donne un indice de la mobilisation autour d’un candidat.

«Ça démontre notre capacité d’aller chercher une équipe de bénévoles pour aider, ça démontre l’engagement», réfléchit-il. «Si tu peux attirer des bénévoles pour faire avancer certaines idées, ça démontre que tu peux rassembler les gens. Pour moi, la pertinence d’un local est évidente.»