L'observatoire du Cégep de Trois-Rivières à Champlain.

L'Observatoire de Champlain fermé au public

L'Observatoire astronomique du Cégep de Trois-Rivières ne sera pas ouvert au grand public, l'été prochain, mais l'infrastructure conservera néanmoins son statut de laboratoire pédagogique.
La décision de suspendre les activités, pour cette année, a été prise par la direction du Cégep pour des raisons de coûts, mais surtout d'absence du financement récurrent nécessaire.
«Considérant le caractère vieillissant de cet immeuble et les frais importants que le Cégep devrait engager pour rendre ce bâtiment attrayant et sécuritaire pour le public, la direction du Cégep a pris la décision de suspendre les activités pour l'été 2017», a indiqué l'institution, mardi, par voie de communiqué.
L'escalier en bois qui mène à l'entrée de même que la terrasse sont à refaire pour des questions d'esthétique et de sécurité, indique le directeur des études du Cégep, Denis Rousseau. Il y a aussi d'autres travaux nécessaires au niveau du stationnement, notamment, pour rendre l'endroit plus attrayant, dit-il.
Fermé en 2015 par manque de financement, l'Observatoire avait été rouvert en 2016 et sa gestion avait été confiée pour la première fois à la même équipe qui s'occupe du Vieux presbytère de Batiscan, du Moulin seigneurial et du Domaine seigneurial.
Le résultat fut probant puisqu'environ 900 visiteurs se sont présentés à l'Observatoire, à l'été 2016, alors qu'on en comptait en moyenne 400 par été habituellement, indique Alain Bourbonnais, le responsable de l'équipe de gestion de ces infrastructures touristiques dans la MRC des Chenaux.
Les revenus, eux, ont été de 6000 $, soit mieux que les années précédentes, dit-il.
Malgré tout, «le maintien de cette infrastructure régionale devenait difficile dans le contexte budgétaire actuel», plaide le Cégep.
Le député Pierre Michel Auger, qui était intervenu en 2015 pour permettre la relance des activités estivales de l'Observatoire, a vu le communiqué de presse en même temps que tout le monde, mardi.
«L'an passé, j'étais allé chercher un peu de sous pour permettre l'accueil des gens pendant l'été. Mais là, on semble avoir pris une décision et je la reçois. Personne du Cégep ne m'a contacté pour me dire ce qui arriverait du futur et de ce qui arriverait pour la prochaine saison», dit-il en ajoutant qu'il n'a aucune idée des montants qui auraient été nécessaires pour continuer à rendre cette infrastructure scientifique et touristique disponible.
«J'aurais aimé qu'on puisse avoir une discussion», dit-il. «Je suis toujours ouvert à rencontrer la direction.»
Denis Rousseau indique que lors de la fermeture de 2015, «on avait lancé un cri du coeur», dit-il, un appel qui, espérait le Cégep, aurait permis de recevoir l'aide financière nécessaire récurrente pour maintenir l'actif.
«Il y a déjà eu des représentations auprès du ministère, mais c'est considéré comme un laboratoire du Collège, donc ce n'est pas financé comme un équipement à portée régionale comme un musée», explique le directeur des études.
Selon M. Rousseau, il faudrait un soutien financier d'environ 50 000 $ par année pour entretenir l'Observatoire, garder à jour les équipements scientifiques qui s'y trouvent et l'ouvrir au public en été. «C'est l'absence de financement récurrent qui fait le plus mal», fait-il valoir.
La fermeture de l'Observatoire signifie que «le potentiel touristique de la région est affecté», estime M. Bourbonnais qui se dit prêt à collaborer à nouveau avec le Cégep si l'établissement décidait de rouvrir subséquemment.
On se rappellera que des travaux d'entretien avaient été faits l'an dernier, soit la modernisation des toilettes ainsi que de la peinture, ce qui laissait espérer que l'Observatoire pourrait continuer à offrir le ciel aux visiteurs pendant encore plusieurs années.
Ce n'est pas la première fois que l'Observatoire du Cégep, qui fut construit en 1980, se voit contraint de fermer ses portes. C'est en 1997 qu'il le fait pour la première fois, faute de financement.
En 2001, l'Observatoire est reconnu comme institution muséale par le ministère de la Culture et des Communications. Mais le site sera fermé au public en 2004, 2005 et 2006, toujours pour des questions budgétaires.
L'Observatoire, indique M. Rousseau, est «d'abord un laboratoire pour un cours d'astrophysique. Si on avait une spécialité en astrophysique et qu'on donnait 25 ou 30 cours, ce serait autre chose, mais on donne un cours, là-bas», explique-t-il.