Marilyne Lacerte est une étudiante ayant participé mardi au Happening en soins infirmiers. Cette activité dure six jours et prend fin vendredi.

L'obligation d'innover

Les grands besoins de main-d’œuvre dans le domaine de la santé forcent des organisations comme le CIUSSS régional à implanter des activités de recrutement innovantes afin de se démarquer de la concurrence.

Pour une deuxième année d’affilée, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec tient à l’hôtel Montfort de Nicolet une activité de recrutement en soins infirmiers. Quelque 400 étudiantes et étudiants participent à cette activité d’évaluation interactive. L’exercice ne se limite pas à des entrevues. Les étudiants sont soumis à une évaluation d’actes cliniques à la suite de mises en situation demandant le concours de faux patients. L’organisation souhaite ainsi embaucher environ 380 professionnels, elle qui doit rivaliser avec les autres CIUSSS du Québec pour trouver du personnel.

«Ce n’est pas facile d’avoir les ressources nécessaires pour faire face aux services qu’on veut offrir. Les 400 personnes viennent pour passer à travers un processus innovateur et unique au Québec», déclare Louis Brunelle, directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CIUSSS régional.

En raison des nombreux départs à la retraite, des gens qui quittent la région ou qui laissent tout simplement le métier, le CIUSSS a une cible d’embauche de 250 infirmières par année. Sur les 400 personnes qui prennent part au happening de cette semaine, 168 sont des candidates à l’exercice de la profession infirmière, soit des gens ayant terminé leurs études, mais en attente de leur permis d’exercice. Le CIUSSS veut toutes les embaucher (pas nécessairement à temps plein) pour une entrée au travail en juin.

Les étudiantes en soins infirmiers qui n’ont pas encore complété leur parcours scolaire peuvent aussi trouver du travail sur une base occasionnelle. Cette façon de procéder contribue à bâtir un sentiment d’appartenance envers l’organisation, car cette dernière veut attirer les étudiants le plus tôt possible dans leur parcours afin de favoriser leur rétention.

«Les étudiants vont chercher de l’expérience dans leur domaine d’emploi. Cela en fait des étudiants mieux préparés pour le marché du travail», ajoute Élise Leclair, directrice adjointe au soutien et au développement des pratiques professionnelles en soins infirmiers et d’assistance et à la prévention des infections au CIUSSS.

Laurie Massicotte et Marilyne Lacerte sont deux étudiantes de troisième année en soins infirmiers au Cégep de Trois-Rivières. Elles sont candidates à l’exercice de la profession infirmière. Les deux jeunes femmes ont apprécié leur participation à l’activité de recrutement.

«Avec les simulations, tu ne sais pas ce qui va arriver et c’est comme ça dans la vraie vie», raconte Marilyne Lacerte.

«Ils ont réussi à établir un climat assez agréable. Je ne me sentais pas comme dans une entrevue, avec le stress qui vient avec», confie Laurie Massicotte, qui affirme ne pas s’être sentie «piégée» lors du processus.

Cette impression confirme les dires d’Hélène Hinse. Cette femme fait partie de la dizaine de personnes ayant accepté de personnifier des patientes lors des simulations.

«On est là pour aider l’étudiant. Je vois son attitude, son comportement. Ça donne des pistes de solution pour améliorer son parcours», raconte Mme Hinse.

Aussi pour les préposés

Le deuxième Happening en soins infirmiers attire le double de participants de la première édition en 2017 durant laquelle 190 personnes ont été embauchées. Le CIUSSS fait beaucoup de place aux futures infirmières, mais accueille aussi cette année des candidates à l’exercice de la profession infirmière auxiliaire et des préposés aux bénéficiaires étudiants.

En 2017, le CIUSSS a mis en place différents moyens pour contrer la pénurie de préposés aux bénéficiaires avec l’objectif d’en embaucher 150 d’ici le mois d’avril. Le programme de reconnaissance des acquis et le programme de formation accélérée lancé cet automne devraient aider le CIUSSS à atteindre cette cible.

«Nous avons 21 personnes inscrites pour la formation. Il n’y a aucun abandon. Les 21 peuvent déjà donner des soins de préposés aux bénéficiaires, elles travaillent une fin de semaine sur deux depuis le 21 décembre. Dès le mois d’avril, elles seront embauchées et on vise à leur donner du travail à temps plein», raconte Mathieu Desjardins, directeur adjoint au service d’attraction, de développement et de rétention des talents au CIUSSS.

La reconnaissance des acquis permet à des gens n’ayant pas la formation requise de compléter cette étape. Une quarantaine de personnes devraient se prévaloir de ce programme.

L’activité de recrutement qui se termine vendredi à Nicolet accueille 80 étudiants qui veulent devenir des préposés aux bénéficiaires. Si tout le monde répond aux critères du CIUSSS, ce dernier se rapprochera de son objectif.