La poursuite du développement du Complexe Baie-Jolie, qui compte plusieurs phases d’immeubles locatifs, pourrait être compromise par le changement de zonage, pour lequel il y aura référendum le 2 décembre prochain.

Liste électorale pour le référendum à Pointe-du-lac: des doutes soulevés

TROIS-RIVIÈRES — Alors que la Ville de Trois-Rivières s’apprête à tenir un premier référendum en tout près de 25 ans d’histoire sur une question de changement de zonage dans le secteur Pointe-du-Lac, des citoyens habilités à voter disent constater des irrégularités sur la liste électorale, ce qui pourrait avoir un effet direct sur le résultat du vote, craignent-ils.

En fait, selon des citoyens en faveur de ce changement de zonage, des quelque 156 personnes étant identifiées comme pouvant voter sur la liste électorale établie pour ce référendum, au moins 17 personnes ne rempliraient pas le principal critère pour pouvoir voter, soit celui de résider à cet endroit depuis le 18 septembre dernier ou avant.

On se souviendra que le conseil municipal était saisi d’un avis de motion au printemps dernier pour bloquer immédiatement tout développement de multilogements le long de la route 138 dans le secteur Pointe-du-Lac. Le conseil a d’ailleurs voté en faveur du projet de règlement en juin dernier pour que le tout devienne effectif. Or, lors de l’ouverture du registre pour s’opposer à cette modification, le nombre de douze signatures requis a été atteint et même dépassé pour demander la tenue d’un référendum sur cette question, des signatures émanant essentiellement de locataires des immeubles du développement Complexe Baie-Jolie, soutiennent certains citoyens propriétaires qui désirent que ce changement de zonage devienne effectif. L’adoption du règlement de zonage, précisons-le, bloquerait la construction d’une dernière phase de ce complexe immobilier appartenant au promoteur Georges Mouradian.

Devant l’opposition au changement de zonage, la Ville a choisi d’aller jusqu’au bout du processus et de laisser les citoyens décider, ce qui se fera lors d’un référendum le 2 décembre prochain. Un peu plus de 150 personnes de la zone concernée et des deux zones contiguës peuvent se prononcer lors de ce référendum.

La porte-parole du comité du «Oui», Nicole Morin, a eu la surprise de constater, en consultant la liste électorale fournie par la Ville en date du 6 novembre, que 17 personnes inscrites sur la liste électorale ne remplissent pas les critères pour pouvoir voter. Le principal critère était de résider dans les zones concernées depuis le 18 septembre ou avant. Or, un nouvel immeuble construit dans le cadre de ce développement d’immeubles locatifs a été livré il y a peu de temps et 17 personnes y ont emménagé le 1er octobre. Ces personnes seraient actuellement sur la liste électorale en vue du référendum du 2 décembre. «Dans deux ou trois cas, il y a eu des gens qui habitaient déjà l’immeuble voisin et qui ont déménagé d’immeuble. Ces gens-là, c’est correct, ils sont en règle. Par contre, 17 personnes ne devraient pas s’y retrouver, parce que l’immeuble qu’ils habitent, le 9771 Notre-Dame-Ouest, n’était même pas encore prêt à recevoir les locataires le 18 septembre. Il n’y avait personne dans l’immeuble», affirme Mme Morin.

Du côté de la Ville, on affirme qu’une révision de la liste électorale a été tenue les 15 et 16 novembre derniers et que la liste, telle qu’elle se trouve à l’heure actuelle, est conforme et fermée. Le porte-parole au cabinet du maire, Yvan Toutant, soutient que la Ville n’a aucune donnée indiquant que la liste électorale révisée comporterait des irrégularités.

Nicole Morin entend désormais faire de l’affichage dans ces immeubles à logements, rappelant les règles en vigueur pour le vote de ce référendum, et que toute personne qui tenterait de voter sans y être habilitée selon les règles en vigueur pourrait être passible d’une sanction selon la loi électorale. Mme Morin entend par ailleurs être très vigilante le jour du vote et vérifier les listes de pointage pour s’assurer que ces personnes n’auront pas été voter. «Si c’est le cas, j’entends en aviser le Directeur général des élections qui pourra faire enquête.»