«Je suis avec Romy. Lâche pas Romy!», a lancé Jean-François Lisée en commentant les propos du patron de presse, qui est aussi son prédécesseur.

Lisée invite PKP à le rejoindre

Jean-François Lisée invite Pierre Karl Péladeau à se joindre à son équipe pour les prochaines élections. Mais on comprend qu’il n’entend pas lui céder sa place de chef du Parti québécois.

M. Lisée fait-il contre mauvaise fortune bon cœur? À Trois-Rivières, il a invité M. Péladeau à briguer un poste de député au prochain scrutin et à devenir ministre dans un éventuel gouvernement qu’il dirigerait.

Dans une entrevue accordée à l’émission Médium large de Radio-Canada, plus tôt en journée, Pierre Karl Péladeau n’a pas annoncé comme tel son retour au PQ. Mais il s’est dit «en réserve de la république». Il a souligné que la vie familiale et la politique sont conciliables.

Il a noté que sa fille Romy, âgée de neuf ans, l’a encouragé à replonger en politique avant d’ajouter, comme pour minimiser ce qu’il venait de dire, qu’il ne sait pas s’il suivra ses conseils. Il s’est aussi dit loyal et «attentif à la collégialité».

«Je suis avec Romy. Lâche pas Romy!», a lancé Jean-François Lisée en commentant les propos du patron de presse, qui est aussi son prédécesseur.

«Je pense que ce serait une bonne idée que Pierre Karl Péladeau fasse partie de l’équipe du Parti québécois en octobre prochain. Il le sait que je souhaite qu’il revienne. C’est à lui de décider.» La «porte est grande ouverte».

«Je veux qu’il sache que le chef du Parti québécois, les militants du Parti québécois, seraient très heureux qu’il fasse partie de notre équipe. Il faut avoir des équipes fortes.» Veut-il revenir maintenant ? Plus tard ? M. Lisée l’invite à prendre une décision.

Les signaux qu’il a reçus jusqu’à présent de M. Péladeau lui laissent cependant croire qu’il ne reviendra pas à court terme.

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LE CAUCUS DERRIÈRE LE CHEF POUR L'INSTANT

Si Pierre Karl Péladeau est apprécié de plusieurs au sein de la députation du Parti québécois, les députés serrent pour l’heure les rangs derrière Jean-François Lisée. C’est le message général qui se dégage d’une tournée téléphonique du Soleil.

Des élus du caucus péquiste disent volontiers que l’ancien chef péquiste et patron de presse demeure populaire chez de très nombreux militants et sympathisants du Parti québécois. Des présidents régionaux constatent la même chose.

Sur le fond, tous s’inquiètent de voir leur parti être aussi bas dans les intentions de vote, à tel point que les présidents régionaux du parti ont songé à adresser un texte à Jean-François Lisée afin de lui soumettre une série d’idées pour la suite des choses.

Mais ce projet a été mis sur la glace. Personne n’a vraiment envie de compliquer davantage le travail du chef Lisée à l’heure actuelle.

«Jean-François essaie de trouver des solutions», a assuré un député.

«On est en attente d’un plan de communication, d’une stratégie pour la suite des choses», a indiqué un autre élu.

Très rapidement, mardi, des députés péquistes ont cherché à décoder les propos tenus par M. Péladeau à la radio de Radio-Canada. «Pierre Karl, c’est Pierre Karl… Peut-être qu’il se positionne pour l’après-scrutin d’octobre prochain, si les choses s’avéraient mauvaises pour nous à ce moment-là», a indiqué l’un d’eux.

«Si j’étais Pierre Karl, je n’irais pas me brûler maintenant», a-t-on aussi entendu.

Un péquiste connu dans l’appareil interne, mais qui n’est pas député lui-même, estime de son côté que la sortie médiatique de M. Péladeau, loin d’être déstabilisante, est porteuse pour le Parti québécois. «Il faut qu’on soit dans l’addition», a-t-il dit.

«Pierre Karl peut être plus utile à l’extérieur qu’à l’intérieur», a laissé tomber un député qui ne croit pas qu’il propulserait le parti s’il devait le diriger à nouveau.