L’arrosage de la pelouse demeure interdit à Shawinigan pour une période indéterminée.
L’arrosage de la pelouse demeure interdit à Shawinigan pour une période indéterminée.

L’interdiction d’arrosage est maintenue à Shawinigan

SHAWINIGAN — Contrairement à la majorité des municipalités de la région, la Ville de Shawinigan maintient son interdiction d’arrosage sur l’ensemble de son territoire pour une période indéterminée. Toutefois, l’émission de permis pour des travaux de terrassement reprend et les citoyens peuvent à nouveau laver leur véhicule une fois par semaine.

Au cours des derniers jours, Nicolet, Louiseville, Bécancour et Trois-Rivières ont annoncé la levée de l’interdiction d’arroser les pelouses. Les municipalités avaient dû demander la collaboration des citoyens en raison de la canicule et d’une consommation plus importante que la moyenne à travers la région.

La Ville de Shawinigan avait émis cet avis le 17 juin et il demeure en vigueur, malgré des températures moins accablantes. Il semble que les niveaux des lacs à la Pêche et des Piles, les deux principales sources d’approvisionnement, demeurent anormalement bas.

L’interdiction d’arroser la pelouse est donc maintenue, avec ou sans système automatique. L’arrosage du jardin ou de potager, des boîtes à fleurs, des jardinières et des plates-bandes est permis manuellement. Le remplissage des piscines peut être effectué pendant la nuit, de 22 h à 6 h. Enfin, le lavage d’un véhicule est à nouveau autorisé une fois par semaine, avec un seau ou un pistolet d’arrosage à fermeture automatique.

Par ailleurs, les permis d’arrosage recommencent à être émis, mais les demandes doivent évidemment rencontrer des critères bien spécifiques.

Véronique Gagnon-Piquès, agente au Service de communications et des relations avec les citoyens, mentionne que la surconsommation d’eau potable est observée dans tous les secteurs de Shawinigan.

«C’est sûr qu’on est tous tentés d’arroser nos terrains quand on le voit jaunir», comprend-elle. «Mais il faut demander la collaboration des gens, leur demander d’attendre encore un peu. Il faut s’assurer que nos sources d’approvisionnement aient un bon niveau d’eau.»

L’engagement de la Ville de Shawinigan envers le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques lui impose visiblement des mesures strictes de consommation. Mme Gagnon-Piquès indique que plusieurs autres villes maintiennent l’interdiction d’arrosage à travers le Québec, mais effectivement, les Shawiniganais doivent respecter leur engagement de consommation responsable pour continuer à puiser leur eau potable dans les deux lacs plutôt que dans la rivière Saint-Maurice.

«Shawinigan ne fait pas bande à part», commente la porte-parole. «Bien sûr, nous avons un engagement auprès du ministère de l’Environnement pour puiser des quantités maximales dans nos lacs. En 2010, tout le monde s’était engagé à une consommation responsable de l’eau pour continuer à s’approvisionner dans le lac des Piles et le lac à la Pêche. Nous avons cet enjeu supplémentaire par rapport à des municipalités qui s’approvisionnent dans le fleuve Saint-Laurent, par exemple.»

La Ville de Shawinigan avait sonné l’alarme une première fois lors de la première canicule de la saison, le 26 mai. Pour la même période, elle observait alors une consommation de 30 % à 50 % supérieure par rapport aux années précédentes. Un mois plus tard, la vigilance des citoyens est toujours sollicitée.

«Nous avons eu un peu de répit avec les précipitations des derniers jours», reconnaît Mme Gagnon-Piquès. «Quand il pleut, les gens ont moins tendance à arroser. Mais il faut rester vigilant. Ce n’est pas comme s’il pleuvait aux deux jours. Nous avons eu un mois de juin particulièrement sec, qui a eu un effet sur les sources d’approvisionnement.»

Difficile d’évaluer combien de temps durera cette interdiction d’arroser les pelouses à Shawinigan. Dame Nature jouera évidemment un rôle, mais le comportement de la population dictera également le rythme.

«Ça prend un niveau d’eau qui se stabilise», résume l’agente aux communications. «Ça peut être de la pluie, jumelée avec une consommation responsable de l’eau.»

La Ville prévient que des agents à la réglementation et l’Escouade bleue sillonneront les quartiers pour veiller au respect de cette interdiction d’arrosage. Les contrevenants s’exposent à une amende totale de 151 $ pour une première infraction et de 274 $ à la suite d’une récidive.