L'inquiétude continue de monter avec l'eau en Mauricie-Centre-du-Québec

Les niveaux d'eau des rivières continuent d'être une source de préoccupation et avec les prévisions météo de la fin de semaine, la région ne semble pas au bout de ses peines.
Plus de 50 mm de pluie sont tombés sur la région entre dimanche soir et mardi. Entre 30 et 50 mm de pluie sont prévus en fin de semaine en raison d'une nouvelle dépression qui se déplace vers le Québec. C'est sans compter les 30 à 40 mm d'eau qui devraient s'ajouter aux cours d'eau d'ici jeudi en raison de la fonte des neiges du nord de la Mauricie et des quelques millimètres de pluie attendus.
«Si ça se concrétise, on parle d'un fort risque de débordement et d'inondation», confirme Thomas Blanchet, porte-parole de la Sécurité civile.
Les intervenants ont à l'oeil la rivière Saint-Maurice, dont le niveau est préoccupant. L'eau a monté près de la route 155 à la hauteur de Trois-Rives, de Saint-Roch-de-Mékinac et de La Tuque et le ministère des Transports du Québec demeure aux aguets.
«Le niveau est haut et stable depuis lundi, mais on surveille étroitement. On a deux patrouilles de monitorage, 24 heures sur 24, qui observent le niveau d'eau. Si le besoin se crée, ils peuvent amener la circulation à se faire en alternance ou réduire la vitesse», commente Jean Lamarche, porte-parole de la direction régional du MTQ.
Shawinigan a émis des avis préventifs d'évacuation, alors que des maisons sont inondées notamment à Saint-Boniface, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, à Bécancour et à Saint-Étienne-des-Grès. Des chemins à Sainte-Anne-de-la-Pérade et à Saint-Paulin sont entre autres recouverts d'eau. Le scénario est le même pour des municipalités comme Maskinongé et Louiseville.
Les cours d'eau sont sous haute surveillance de même que le fleuve Saint-Laurent dont le niveau avoisine les 3,61 mètres face à Trois-Rivières, 3,50 mètres dans le secteur de Bécancour et surtout 3,72 mètres à la hauteur du Port Saint-François à Nicolet. Le zoo-école Zoo académie de Nicolet voit ses installations être inondées depuis plus d'une semaine, mais la situation a dégénéré mardi alors que l'équipe a dû relocaliser une trentaine de ses 50 animaux.
«On a déplacé notre loup dans notre chenil. Nos 12 chevaux et nos cinq ânes sont à l'extérieur, car l'écurie est dans l'eau, explique Caroline Métayer Dallaire, directrice opérationnelle. Tous les animaux sont en sécurité. Mais là, on souhaite que l'eau baisse. On est vraiment découragés!»
Pendant que les animaux étaient déplacés au sec, l'équipe du zoo surveille attentivement la condition de deux louves qui sont sur le point de mettre bas. Les bêtes demeurent dans leur parc, mais profitent d'un plancher surélevé.
Le niveau élevé du fleuve a également entraîné des inondations du côté de l'île Saint-Quentin à Trois-Rivières.
Un ponceau emporté
La journée de mardi a commencé brutalement à Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Vers 1h 30 du matin, un ponceau a été emporté par le courant, créant un affaissement majeur du chemin de la Rivière-à-Veillet.
Une voiture de patrouille de la Sûreté du Québec circulait d'ailleurs sur cette portion de route et est tombée dans un trou d'environ un mètre. Les policiers ont été soignés pour des blessures mineures, mais ils ont été chanceux dans leur malchance: le trou a pris de l'ampleur durant la nuit, coupant la route en deux.
Le MTQ est à préparer les plans et devis. La reconstruction de la route devrait se faire d'ici quelques semaines.
Selon le maire Christian Gendron, ce ponceau reçoit l'eau de la rivière à Veillet qui se déverse dans la rivière Batiscan. Le niveau de la Batiscan est exceptionnellement élevé en 2017, constate le maire.
«La dernière fois qu'on a vu la rivière aussi haute, c'est en 1996, lors du déluge du Saguenay. C'était ma première année comme chef des pompiers et j'ai été servi: on avait évacué le camping en pleine nuit à cause de la crue des eaux, près de 3000 personnes, en plus des citoyens en bordure de la rivière Batiscan», se souvient M. Gendron.
En attendant la reconstruction de la route, les usagers doivent emprunter différents détours pour parvenir à circuler dans le secteur. C'est le cas des autobus scolaires qui transportent les élèves de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.
Quelque 125 élèves fréquentant les écoles Le Tremplin (Sainte-Geneviève) et Versant de la Batiscan (pavillon Saint-Gabriel à Saint-Stanislas et Saint-Charles à Sainte-Geneviève) sont touchés par ces chemins de détour.
Pour les élèves de Saint-Prosper, un détour de 18 km se fait par l'autoroute 40. Pour les élèves habitant Saint-Stanislas et Sainte-Geneviève, le détour passe par Saint-Narcisse et est de 30 km.
«Les deux transporteurs sont en action avec les écoles et les familles pour aviser les gens du changement des circuits, déclare Anne-Marie Bellerose, porte-parole de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. On a une belle collaboration de nos transporteurs. Ils se sont virés de bord rapidement ce matin (mardi).»
D'autre part, le MTQ procède à des travaux d'enrochement le long de la route 153, dans le secteur de Baie-de-Shawinigan, après l'érosion de la berge.
Rue fermée à Nicolet
Le débordement du fleuve Saint-Laurent incite la Ville de Nicolet à fermer la rue Paul-Hubert. Aucune évacuation obligatoire n'a été décrétée par l'administration municipale. 
De plus, la Ville a décrété la fermeture de la passerelle de l'Anse du Port jusqu'à nouvel ordre et rappelle que le secteur est réservé à la circulation locale seulement.
Bécancour distribue des sacs de sable
La Ville de Bécancour met à la disposition de ses citoyens des sacs de sable afin de faire face à la montée du niveau du fleuve Saint-Laurent. Les citoyens doivent se rendre à l'atelier municipal, avenue Nicolas-Perrot. 
Le service est accessible 24 heures par jour.