Les professionnels de la santé sont inquiets alors que la région commence à faire face à la deuxième vague de la pandémie.
Les professionnels de la santé sont inquiets alors que la région commence à faire face à la deuxième vague de la pandémie.

L’inquiétante deuxième vague de la pandémie

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — La deuxième vague de propagation du coronavirus inquiète beaucoup les professionnels de la santé qui travaillent en contact avec les patients atteints de la COVID-19. Si certains ont peur de contracter une seconde fois le coronavirus, la majorité a des craintes sur la capacité du système de santé à faire face à cette deuxième vague.

«Les professionnelles sont inquiètes, surtout celles qui sont en zone chaude. Plusieurs ont déjà contracté la COVID et ne veulent pas que ça arrive encore», affirme Nathalie Perron, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ).

«Plusieurs disent qu’elles ne reviendront pas à leur poste si elles l’ont à nouveau.»

Lors de la première vague, les CHSLD de la région ont été gravement touchés. Sur les 214 décès attribuables à la COVID-19 depuis le début de la pandémie, 124 sont survenus dans les CHSLD. La situation actuelle est tout autre, alors qu’il n’y a aucun cas dans les CHSLD de la région, confirme la directrice régionale de la Santé publique, la Dre Marie-Josée Godi. Mais les infections progressent chez les personnes plus âgées, ce qui n’est bien sûr pas souhaitable.

«Nous voyons de plus en plus de cas chez des personnes de plus de 65 ans. Il faut donc rester très vigilant pour les CHSLD», note-t-elle.

«Nous sommes passés en zone rouge pour protéger les plus vulnérables.»

La présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ), Nathalie Perron, et le président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers CSN Mauricie et Centre-du-Québec, Pascal Bastarache, quelques mois avant la pandémie.

Le président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers CSN Mauricie et Centre-du-Québec, Pascal Bastarache, avoue aussi que les travailleurs qu’il représente sont très inquiets au sujet de cette deuxième vague et de sa capacité à surcharger le système.

La situation dans les CHSLD et les hôpitaux pourrait en effet basculer rapidement pour plusieurs raisons. Le manque de personnel est toujours aussi criant, mentionnent les représentants syndicaux. «Ce qui est inquiétant, c’est que les gens travaillent déjà à équipe réduite», mentionne Nathalie Perron. «Déjà avec moins de personnel, il y a des tâches qui ne sont pas faites. Lorsque les patients sont très malades, c’est très inquiétant.»

Les préposés aux bénéficiaires recrutés et formés à la suite de la première vague de la pandémie ne corrigeraient pas tous les manques de main-d’œuvre, déplore Pascal Bastarache.

«On mentionne que l’enjeu des préposés est réglé, mais entre le 1er avril et le 12 septembre 2020, on a eu 300 nouveaux préposés de la formation de trois mois, mais il y a eu pour la même période 242 départs de préposés aux bénéficiaires», indique-t-il.

Ces problèmes d’effectifs entraînent déjà des conséquences sur les soins offerts à la population, rappelle la présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ). Les urgences de la région sont aussi bondées actuellement.

«On doit faire du délestage actuellement. Par exemple, on a juste une salle d’opération qui fonctionne à Shawinigan parce qu’on n’a pas le personnel. Et il y a d’autres endroits où ça ne va pas bien», précise Mme Perron.

«Cet aspect nous inquiète beaucoup alors que nous rentrons dans la deuxième vague. Je ne sais pas si le réseau de la santé va être capable.»