L'organisation du Festival western de Saint-Tite a poussé un soupir de soulagement, mercredi, après l'annonce du retrait de l'injonction visant à faire interdire le rodéo urbain de Montréal.

L'injonction contre le rodéo retirée

Après avoir vécu une période d'incertitude et au commencement d'un marathon de démarches judiciaires, le Festival western de Saint-Tite a poussé un soupir de soulagement, mercredi, en annonçant que l'injonction visant à faire interdire le rodéo urbain de Montréal avait été retirée.
L'organisation du Festival western n'aura donc pas à plaider sa cause devant un juge et le rodéo aura lieu comme prévu, à la fin août à Montréal.
On se souviendra que le professeur en droit de l'Université de Montréal, Alain Roy, ainsi que plusieurs étudiants, avaient déposé cette demande d'injonction en vue de faire annuler le rodéo prévu dans le cadre des festivités du 375e anniversaire de la métropole, invoquant que les rodéos ne respectaient pas certaines dispositions de la Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal.
Les deux parties ont commencé des conférences préparatoires lundi, à Montréal. Or, au terme de la présentation de la preuve, des pourparlers pour en arriver à une entente à l'amiable ont débuté.
Il a donc été convenu entre les deux parties que l'injonction du professeur Roy serait retirée et que ce dernier, tout comme la SPCA de Montréal, s'engageaient à ne pas avoir recours à d'autres processus judiciaires pour empêcher la tenue de l'événement.
En contrepartie, les acteurs impliqués ont accepté la formation d'un comité en collaboration avec le MAPAQ qui verra à identifier les différentes normes de conduite en matière de bien-être et de sécurité de l'être animal applicables aux activités de rodéo qui se déroulent dans la province de Québec. Le comité sera formé de trois représentants du domaine animalier, trois représentants de l'industrie du rodéo et deux représentants du MAPAQ. 
En outre, Alain Roy pourra désigner deux experts qui prendront part au rodéo de Montréal et de Saint-Tite, immédiatement avant et après les épreuves. Ils pourront également faire des recommandations au comité.
Soulagement
À Saint-Tite, c'est toute une organisation qui pousse un soupir de soulagement, étant donné que le jugement rendu dans cette affaire aurait pu faire jurisprudence sur l'ensemble des rodéos au Québec. Le Festival western ne cachait pas y jouer sa survie.
«C'est un soulagement, mais je déplore que ça ait causé énormément de stress à toute l'équipe, à tous nos bénévoles et à toute l'industrie, et ce, inutilement. C'est déplorable qu'on ait eu à défendre nos pratiques qui ont toujours été exemplaires», évoque le directeur général du festival, Pascal Lafrenière.
Ce dernier estime que la formation d'un comité n'est certes pas un problème pour l'organisation et n'a rien d'une victoire pour la partie adverse, étant donné que l'organisme a toujours ouvert ses portes à quiconque souhaitait venir les voir.
«On l'a toujours dit, on le répète depuis le début: venez nous voir! Notre porte a toujours été ouverte, de par nos différents événements comme la Face cachée du rodéo. Que ces experts ou ce comité viennent voir nos pratiques n'a rien d'effrayant pour nous, au contraire», indique M. Lafrenière.
Pour lui, le mouvement «Je suis rodéo» ainsi que la pétition qui a obtenu tout près de 13 000 signatures ont évidemment pesé lourd dans la balance. «Notre preuve au niveau juridique était étoffée, on a eu un appui ministériel mais aussi un fort appui populaire et je crois que ça a joué beaucoup», indique celui qui ajoute que le mouvement «Je suis rodéo» continuera de vivre tout au long de la 50e édition.
Alain Roy
De son côté, le professeur Alain Roy voit bien plus comme une victoire que comme une défaite ce dénouement même si, au bout du compte, il ne fera pas empêcher la tenue du rodéo montréalais.
«Si on a une occasion de faire progresser la cause animale au-delà d'un seul événement, il faut la saisir sans hésiter. Visiblement, la demande d'injonction aura servi de catalyseur et il faut s'en féliciter. Pour la première fois, on pourra envoyer des experts de notre choix sur les lieux des rodéos, un vétérinaire et un comportementaliste, qui auront accès aux êtres animaux en toute liberté et qui pourront produire un rapport totalement indépendant. C'est une avancée significative», indique le professeur Roy.
Ce dernier se défend bien d'avoir jeté la serviette devant une cause pour laquelle la défense de la partie adverse était trop solide. «Si ça avait été le cas, ils auraient été devant le tribunal, mais ils ont accepté une entente à l'amiable. Notre dossier était bien monté», croit Alain Roy, qui indique avoir l'intention de demeurer impliqué dans le débat malgré cette entente et qui se félicite d'avoir fait faire «un bon bout de chemin à la cause».