Inauguré il y a 50 ans, le pont Laviolette aura permis d'unir les deux rives du fleuve Saint-Laurent.

«L’inauguration du pont a été un événement majeur»

Trois-Rivières — La date du 20 décembre 1967 est une date qui restera gravée dans la mémoire de plusieurs citoyens de la Mauricie et du Centre-du-Québec, alors que le pont Laviolette reliant la rive sud et la rive nord était officiellement inauguré, permettant ainsi de simplifier à jamais les déplacements entre les deux rives. Cinquante ans plus tard, une dizaine de personnalités publiques et politiques de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont tenu à souligner l’événement sobrement, dans le cadre d’un souper partagé sur les deux rives.

«On ne se doutait pas à quel point le pont allait changer notre vie à tout point de vue à l’époque, que ce soit au niveau de notre vie sociale, économique ou culturelle. L’inauguration du pont a été un événement majeur dans l’histoire du cœur du Québec», a mentionné d’emblée le maire Bécancour, Jean-Guy Dubois.

Afin de souligner l’événement, la douzaine de personnes regroupées pour l’occasion se sont d’abord retrouvées à l’Auberge Godefroy pour l’apéro du côté de Bécancour, avant de traverser à Trois-Rivières, au Castel des Prés pour partager le repas principal ,de quoi faire un clin d’œil au lien interrives. 

«Ça aura pris 45 ans pour comprendre que le pont est en quelque sorte une poignée de main entre les deux rives, car pendant plusieurs années, on s’est regardé de dos, car on disait du côté de Bécancour que le pont servait juste à développer Trois-Rivières. Bécancour se sentait un peu négligé à l’époque, mais quand on regarde aujourd’hui, on a la chance d’avoir une université à quelques kilomètres de chez nous et un centre hospitalier majeur. On a en quelque sorte les avantages de la grosse ville, sans inconvénient» soutient M. Dubois.

Un lien interrives à saveur économique

Cinquante ans plus tard, il est désormais difficile de s’imaginer le temps où les allées et venues de la population étaient définies en fonction de l’horaire du traversier qui faisait alors le lien antre la rive sud et la rive nord, alors qu’actuellement, ce sont près de 40 000 véhicules qui circulent quotidiennement sur le pont Laviolette.

Alors que des souvenirs et des anecdotes en lien avec l’inauguration du pont Laviolette sont encore frais en mémoire pour plusieurs, au fil du temps, le pont Laviolette est devenu en quelque sorte un incontournable pour la vie sociale et économique autant du côté de la Mauricie que du Centre-du-Québec.

«On constate que le pont est très important au niveau de l’économie et du commerce de détail, car beaucoup de gens de Bécancour viennent du côté de Trois-Rivières et vice-versa», précise le député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard.

Un aspect économique qui n’est d’ailleurs pas à négliger pour l’essor du port de Trois-Rivières, estime son président, Gaétan Boivin.

«Pour le port, le pont Laviolette est un lien routier supplémentaire, car c’est ce qui nous relie à la rive sud. On a beaucoup de notre trafic qui passe par le port, donc très important pour nous et ça aide au développement du port de Trois-Rivières de façon significative. De notre côté par exemple, si on pense au cacao et chocolat, ce sont des dizaines de milliers de tonnes qui empruntent le pont pour aller à Saint-Hyacinthe donc, s’il n’était pas là, le port ne se serait pas autant développé qu’actuellement», soutient-il.

Des intervenants de Trois-Rivières et Bécancour ont souligné le 50e anniversaire du pont Laviolette mercredi. Sur la photo: Marie-Ève Turner, directrice générale par intérim du MTQ, Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour, Jean-Denis Girard, député de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, présidente du Port de Trois-Rivières, Jean Lamarche, agent d’information au MTQ, Jules Pinard, colonel honoraire de l’Association du 12e régiment blindé de Trois-Rivières, Jean Poliquin, président du CA de la Société du Parc industriel et portuaire de Bécancour, Gaétan Boivin, PDG du Port de Trois-Rivières et Yves Lacroix, président d’IDÉ Trois-Rivières.

Une tendance surprenante

Bien que 40 000 véhicules par jour empruntent le pont Laviolette, un flot assez important pour la région, il est possible de constater que rares sont les congestions aux heures de pointe sur le lien interrives. Une tendance qui s’explique facilement du côté du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports.

«Au niveau de la circulation, on constate quelque chose d’assez étonnant, car aux heures de pointe, à Montréal et Québec, on remarque que l’achalandage est plus important dans une direction en particulier, alors qu’ici, la circulation est égale de chaque côté. On peut donc dire qu’il y a autant de gens de la rive nord et de la rive sud qui entrent et qui sortent chaque jour», précise la directrice générale par intérim du MTQ, Marie-Ève Turner.

Si 50 ans se sont écoulés depuis la construction du pont Laviolette reliant Bécancour à Trois-Rivières, les automobilistes auront remarqué que de nombreux ajouts et modifications ont dû être apportés à ce lien interrives afin de le  rendre plus moderne et sécuritaire au fil des années.

«Il y a eu plusieurs réfections depuis 1967 sur le pont Laviolette. Par exemple, on a dû ajouter un système d’éclairage, procéder au remplacement du tablier, faire l’ajout d’un parapet. Au total, en 50 ans, on a effectué des améliorations pour près de 170 millions», mentionne Jean Lamarche, agent d’information au MTQ.