Michelle Blanc, du Parti québécois, Monsef Derraji, du Parti libéral du Québec et André Lamontagne, de la Coalition avenir Québec, ont répondu aux questions de Donald Michaud.

L’immigration s’invite au débat

TROIS-RIVIÈRES — Le panel électoral organisé mercredi par les Manufacturiers de la Mauricie et du Centre-du-Québec (MMCQ) sur les enjeux qui concernent leurs membres a donné lieu à des échanges plutôt vifs au sujet de l’immigration.

«Nous n’avons pas une position anti-économique. Il y a des dizaines de milliers de dossiers qui ne sont pas traités. Et la régionalisation est un échec, le gouvernement libéral ayant coupé les antennes régionales», a lancé le candidat de la Coalition avenir Québec, André Lamontagne, qui a repris l’approche de son parti «en prendre moins, mais en prendre soin».

Une intervention qui a fait réagir vivement le représentant du Parti libéral du Québec, Monsef Derraji. «Je suis un immigrant et je ne suis pas un échec. On peut questionner notre bureaucratie, mais soyons fiers de notre intégration», a rétorqué celui pour qui l’immigration est l’une des trois solutions à la pénurie de main-d’œuvre, avec la formation et un milieu stimulant.

Or, pour la candidate du Parti québécois, Michelle Blanc, la pénurie de main-d’œuvre est une réalité «grandement exagérée», plaidant du même coup pour l’embauche de minorités.

«Et depuis 15 ans, le Parti libéral du Québec dort sur la switch du numérique et se fout des PME manufacturières», a-t-elle soutenu.

De son côté, le candidat libéral a vanté le bilan de son gouvernement. «On a les moyens de faire mieux et le contexte économique est positif et encourageant. Nous avons une approche globale et crédible en termes de ressources humaines, de ventes, d’investissements et d’innovation», a fait valoir M. Derraji.

Si pour l’intervenant caquiste, on doit provoquer des investissements, l’accès à Internet haute vitesse constitue un enjeu majeur pour la participante péquiste. «Il faut investir massivement dans les énergies vertes et la transition énergétique», croit Mme Blanc.

Par ailleurs, celle-ci n’a pas manqué de souligner le leadership de son chef, Jean-François Lisée, dans le dossier de l’ALENA. «J’étais au cœur de ce débat», a tenu à rappeler Monsef Derraji, qui a parlé d’une belle mobilisation et de l’importance de tisser aussi des liens avec les États américains.

Mais pour le représentant de la CAQ, la réponse aux mesures mises de l’avant par les libéraux fut plutôt faible, ce qui démontre selon lui que «les programmes ne collent pas».

Lors de cette rencontre organisée conjointement avec STIQ et Innovation et Développement économique Trois-Rivières (IDETR), les questions posées par Donald Michaud, des MMCQ, étaient inspirées du Baromètre industriel québécois, une vaste étude menée par STIQ à partir d’un échantillon de 500 PME.

Entre autres, on y apprend que le secteur manufacturier représente 13 200 établissements au Québec et emploie 419 000 personnes. La plupart des entreprises manufacturières québécoises, soit 93 %, compte moins de 100 employés.

Par rapport à la campagne électorale, le président des MMCQ, Cyrille Morvan, a parlé «d’un moment important qui a un impact sur nos entreprises». «Nous avons des feux à éteindre et beaucoup de défis à relever», a-t-il avoué.

Pour le président d’IDETR, Yves Lacroix, les investisseurs sont d’abord préoccupés par la disponibilité de main-d’œuvre. «Ce n’est pas la robotique qui va tout remplacer les 140 000 travailleurs qui vont manquer d’ici dix ans», signale l’industriel.

D’ailleurs, le président-directeur général de STIQ, Richard Blanchet, a expliqué que les trois enjeux qui menacent la croissance sont justement le recrutement, la rétention et la relève.

Finalement, dit-il, si les investissements sont en stagnation ou en recul chez les PME manufacturières, celles-ci sont conscientes de l’importance des technologies numériques.