Guy Arseneault, conseiller du district Val-Mauricie, à l’entrée du «quartier des D», où la vitesse maximale est passée de 50 à 40 km/h en 2015.

Limite de vitesse: pas de vagues à Shawinigan

SHAWINIGAN — Pendant que l’opinion publique s’embrase à Trois-Rivières sur la nécessité d’abaisser la limite de vitesse de 50 à 40 kilomètres à l’heure sur les rues locales et collectrices, le conseil municipal de Shawinigan n’a pas encore décidé si le projet pilote lancé en 2015 s’étendra à l’ensemble du territoire. Pour le moment, ce changement n’a pas trop soulevé de vagues dans les trois quartiers où il a été implanté.

Élu pour la première fois en 2013, le conseiller du district Val-Mauricie, Guy Arseneault, avait proposé cette avenue aux élus afin de protéger les cyclistes, les piétons et les enfants. En janvier 2015, le conseil municipal avait adopté un règlement qui réduisait de 50 à 40 km/h la limite de vitesse dans trois quartiers résidentiels du secteur Shawinigan-Sud.

«La demande venait des citoyens», rappelle M. Arseneault. «Ils voulaient des quartiers sécuritaires. Nous avions débuté avec trois et à peu près un an plus tard, nous avions ajouté la rue de la Poudrière, dans un nouveau quartier. D’autres citoyens le demandent, comme à la Place Richelieu.»

Rappelons qu’à Trois-Rivières, le conseil municipal a adopté, sur division, un vaste plan pour améliorer la sécurité routière. La mesure phare de Vision zéro consiste à réduire la vitesse de 50 à 40 km/h sur les rues locales et collectrices.

Les opposants déplorent notamment avoir été placés devant le fait accompli. À Shawinigan, M. Arseneault mentionne que la volonté de réduire la vitesse était venue à ses oreilles pendant sa première campagne électorale, à l’automne 2013.

«C’était même une demande de la majorité des gens que je rencontrais», se remémore-t-il. «J’ai amené ça au conseil et nous avons décidé de faire un projet pilote. Personne n’était contre ça; même que des gens d’autres quartiers le demandent.»

Le conseiller municipal indique que des analyses ont été effectuées après la réduction de la vitesse dans les trois quartiers en question et effectivement, les conducteurs changeaient leurs habitudes. De plus, ces observations démontraient qu’en respectant la nouvelle limite de vitesse, les automobilistes n’étaient retardés que d’une poignée de secondes.

«Ce n’est pas ça qui change la donne, même pour les gens plus pressés», fait remarquer M. Arseneault. «C’est surtout une question de sécurité.»

«La majorité des gens respectent la nouvelle limite», ajoute-t-il. «Nous avons fait des opérations radar avant et après et la vitesse a baissé dans ces quartiers. Il y a toujours des délinquants, mais le constat qu’on peut faire, c’est que la vitesse a diminué.»

Partout?

Il reste maintenant à savoir si cette mesure sera étendue à l’ensemble de la ville un jour. Il arrive parfois, lors des séances publiques du conseil municipal, que des citoyens viennent dénoncer la vitesse sur des voies un peu plus passantes. Pour le moment, autant M. Arseneault que le maire, Michel Angers, n’osent pas trop s’avancer sur les suites, même si le projet pilote remonte à près de quatre ans.

«Notre comité de circulation travaille sur des scénarios possibles et le conseil municipal prendra sans doute une décision en 2019», avance le conseiller du district Val-Mauricie.

«Il y a aussi une question de coûts», fait-il remarquer. «Jusqu’ici, c’est sûr que c’est en bas de 5000 $: une dizaine de panneaux installés à l’entrée des quartiers pour indiquer la limite de 40 km/h et quelques autres pour aviser que la limite passe à 50 km/h.»

De son côté, M. Angers ne sent pas de pression pour se précipiter dans un sens ou dans l’autre. «Il faut regarder ça et communiquer», commente le maire. «Pour le moment, c’est satisfaisant dans quelques quartiers. De là à l’étendre dans la ville au complet, on va prendre le temps de regarder ça. Nous en avons discuté, mais nous n’avons pas encore arrêté une position ferme. Dans un projet comme celui-là, on pourrait peut-être y aller avec une consultation publique.»