À l’avant, le président de la LDAC, Rodolphe Parent. À l’arrière, Marie-Claude Camirand, Dany Carpentier, Denis Roy, Claude Ferron, Jean-François Aubin et Valérie Renaud-Martin.

Ligue d’action civique: l’invitation n’avait pas été transmise à tous

Plusieurs candidats municipaux à Trois-Rivières n’ont pas reçu l’invitation de la Ligue d’action civique qui leur aurait permis d’afficher leur position publiquement en matière de transparence dans les affaires municipales.

Mercredi, la LDAC avait tenu un point de presse en présence de plusieurs candidats à un poste de conseiller municipal à Trois-Rivières et du seul candidat à la mairie, Jean-François Aubin, ayant signé, pour l’instant, l’engagement en 22 points de cette campagne de niveau provincial portant sur l’éthique, la transparence et les contrats publics municipaux.

Le président de la LDAC, Rodolphe Parent, qui s’est déplacé à Trois-Rivières mercredi afin de présenter ces candidats engagés, affirme que tous les candidats à la mairie du Québec ont été invités dans le cadre de la présente campagne.

La Ville de Trois-Rivières a confirmé que l’invitation a bel et bien été reçue le 31 mai dernier, mais le cabinet du maire n’y a pas donné suite, confirme la responsable des communications à la Ville Cynthia Simard. Le document n’a donc pas été transféré aux élus et encore moins aux candidats aux élections.

Le candidat à la mairie André Bertrand confirme avoir appris cette initiative en lisant Le Nouvelliste, le lendemain, jeudi. «Je n’ai jamais rien reçu», assure-t-il.

Au lendemain de notre publication, Nicolas Mêlé, qui se présente comme conseiller dans le district de Richelieu, a fait savoir lui aussi qu’il n’a jamais eu de contact de quelque nature que ce soit de la part de cette organisation.

M. Mêlé ne blâme toutefois pas la Ville qui n’a pas transmis l’invitation, mais plutôt la Ligue d’action civique elle même. M. Mêlé croit que ce n’est pas vraiment la place de la Ville de faire le messager, surtout que les candidats auraient pu être contactés directement par la Ligue.

«Ça m’a piqué», dit-il. «Quand on veut contacter les gens, on peut», fait-il valoir.

Toutes ses coordonnées, courriel, site web et cellulaire sont publics, la preuve en est, plaide-t-il, que récemment, «le Conseil régional de l’environnement de la Mauricie m’a envoyé un questionnaire auquel j’ai répondu».

Le président de la Ligue explique que l’information était aussi diffusée sur Facebook et plaide que les candidats à un poste de conseiller sont très nombreux et il reconnaît que certains n’ont pas été joints.

Le candidat à la mairie Jean-François Aubin, le seul à avoir été présent au point de presse avec quelques conseillers, indique qu’il était déjà membre de la Ligue depuis 2013. Il était donc au fait des activités de l’organisme.

M. Aubin était visiblement irrité de voir que le cabinet du maire n’avait pas diffusé cette information. «C’est honteux. C’est encore un jeu de cachette», analyse-t-il en ajoutant que ce geste s’ajoute à d’autres éléments qu’il a dénoncés dans sa campagne au sujet de l’administration d’Yves Lévesque.

Le Nouvelliste a tenté de parler au maire sortant, Yves Lévesque, à ce sujet, mais sans parvenir à le joindre.

Rodolphe Parent indique qu’il avait envoyé l’invitation aux villes pour qu’elles la partagent aux candidats. «Visiblement, Trois-Rivières n’a pas fait cet exercice-là», constate-t-il avec désolation.

Le président de la Ligue invite les candidats intéressés à signer l’engagement d’ici le 4 novembre. «Je les encourage à signer. On fera la publicité sur Facebook», ajoute-t-il.

Reste que cet imbroglio laisse un goût amer à certains candidats, même s’il n’est pas certain qu’ils auraient adhéré à la démarche de la Ligue. Pour sa part, Nicolas Mêlé indique qu’il «trouve ça un peu plate, étant donné que c’est un sujet de transparence, qu’une démarche soit faite par une organisation qui a l’air de ne pas être aussi transparente que ça».