Guérie du coronavirus, Manon Trudel est enfin libre de ses déplacements, après environ un mois en quarantaine.

Liberté retrouvée pour Manon Trudel

TROIS-RIIÈRES — Après environ un mois en quarantaine sur le navire de croisière Diamond Princess puis dans un hôpital de Toyota au Japon, Manon Trudel est enfin libre de ses déplacements. Guérie du coronavirus, la dame originaire de Sainte-Thècle peut enfin profiter du grand air en attendant la guérison de son conjoint, Julien Bergeron.

Lorsqu’elle a obtenu son congé de l’hôpital après que les deux tests réalisés en moins de 24 heures ont démontré qu’elle n’était plus porteuse du coronavirus, Manon Trudel n’avait qu’une seule envie. Elle voulait aller respirer l’air frais et voir le ciel.

«Il faisait noir et je n’avais même pas soupé. Mais c’était génial. J’avais du vent sur mon visage et j’ai détaché mes cheveux pour être sûre d’avoir du vent dans les cheveux», confie au bout du fil Manon Trudel de son hôtel du Japon.

Ne pas savoir ce qui nous attend lorsqu’on est possiblement atteint d’un virus comme celui du coronovarius est bien sûr très angoissant. Mais de vivre ces moments isolés entre quatre murs, c’est encore plus difficile, avoue Manon Trudel. Lorsqu’elle était atteinte par le virus, mais qu’elle ne subissait pas les symptômes que plusieurs doivent affronter, Manon Trudel a adopté un petit stratagème pour pouvoir sortir quelques minutes par jour.

«Je suis devenue fumeuse à l’hôpital. Où j’étais, les fumeurs pouvaient sortir fumer dix minutes par jour. Quand j’ai su ça, j’ai décidé de devenir fumeuse», mentionne-t-elle.

Manon Trudel peut rendre visite à son conjoint Julien Bergeron atteint du coronavirus seulement à travers une fenêtre de l’hôpital de la ville de Toyota au Japon.

«J’ai cherché partout une cigarette juste pour pouvoir sortir. Ils ont finalement réussi à en trouver une pour moi. J’étais tellement contente.»

Cette cigarette était la clé qui lui permettait de quitter pour quelques minutes les chambres de l’hôpital. «On m’a offert du feu et j’ai dit non. La dame a compris que je ne fumais pas pour vrai. Je suis allée fumer là quatre matins de suite. C’était extraordinaire», précise-t-elle. «C’était mon activité de la journée, même si je ne fume pas.»

Lorsque les tests ont confirmé qu’elle était atteinte du coronavirus, Manon Trudel a alors été transférée à l’étage des patients infectés. Les sorties cigarettes étaient alors chose du passé.

Des visites à travers une fenêtre

Toujours infecté par le coronavirus, Julien Bergeron, le conjoint de Manon Trudel, demeure hospitalisé. Les deux amoureux peuvent se voir, mais à travers une fenêtre extérieure de l’hôpital.

«Je me rends près de l’hôpital et Julien s’approche d’une fenêtre. Et on se parle avec des téléphones», explique la dame originaire de Sainte-Thècle.

Manon Trudel a toutefois pu voir une fois son conjoint sans vitre. Une infirmière est allée à sa rencontre avec un masque, avant d’inviter la dame à la suivre. « Je ne savais pas où elle voulait que j’aille. Elle m’a finalement amené à la chambre de Julien. Ils ont ouvert la porte et Julien était là à environ dix pieds. On a pu se voir. C’était vraiment un beau moment », avoue Manon Trudel.

Bien qu’elle soit guérie, Manon Trudel ne pense pas encore à son retour au pays. Elle précise qu’elle attend les prochains résultats des analyses de l’état de santé de son conjoint. «Si tout va bien, il va sortir au plus tôt le 10 mars», précise-t-elle. «Ça ne donne rien, pour l’instant, de planifier le retour. On ne peut rien prévoir.»