L’école de Saint-Élie-de-Caxton compte parmi la douzaine d’écoles qui avaient été affectées par les précipitations de l’hiver dernier.
L’école de Saint-Élie-de-Caxton compte parmi la douzaine d’écoles qui avaient été affectées par les précipitations de l’hiver dernier.

L’hiver dernier aura coûté 800 000 $

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Shawinigan — L’hiver 2018-2019 avec ses précipitations successives de neige, de pluie et de verglas et son mercure en dents de scie aura finalement coûté une petite fortune à la Commission scolaire de l’Énergie, soit 800 000 $.

Cette dernière demande maintenant au ministère de l’Éducation de combler ce déficit occasionné par le déneigement, le déglaçage et les réparations de toitures, indique le directeur général de la Commission scolaire, Denis Lemaire.

C’est sans compter le déplacement des élèves dans certaines écoles plus affectées, et ce, jusqu’à la fin de l’année scolaire. «C’est sûr que ça a amené des coûts monstres», dit-il.

Pour donner une idée des problèmes coûteux occasionnés par le déneigement, le directeur rappelle qu’à l’école de Saint-Gérard-des-Laurentides «il y avait tellement de glace et c’était tellement dangereux que chacune des personnes qui déneigeaient était attachée à une grue au cas où le toit lâcherait», raconte-t-il.

À cette école, «le déneigement s’est fait entre autres à la scie mécanique parce qu’il y avait trois couches de glace et ça équivalait à plus d’un pied de glace au total.»

Au cours de l’été dernier, la Commission scolaire a été obligée de refaire plus d’une douzaine de toitures de même que la structure intérieure des toitures.

La Commission scolaire affiche 1,6 M$ de déficit pour son exercice financier 2018-2019, dont 800 000 $ attribuables à cette situation.

Rappelons que 84 des 150 élèves de l’école Petite-Rivière de Saint-Gérard-des-Laurentides avaient aussi dû être logés dans le nouvel agrandissement de l’école Sainte-Marie de Saint-Boniface, après la relâche du mois de mars, par mesure de prévention. Les fermes de toit de l’école avaient en effet subi une déformation permanente et difficile à corriger à l’avant de la bâtisse.

Une situation similaire était également survenue à Saint-Élie-de-Caxton, à l’école Villa-de-la-Jeunesse, où les 134 élèves avaient dû être évacués. D’autres écoles du territoire ont aussi été affectées par le dur hiver.

La Commission scolaire tente de faire valoir au ministère que «si les dommages avaient été créés par une tornade et que le toit avait été soulevé, probablement qu’on aurait été dédommagé, mais là, c’est l’inverse. Le toit se serait effondré si l’on n’avait rien fait», plaide-t-il.

«On n’a pas la marge de manœuvre pour faire face à une situation comme l’année passée», signale le directeur général.

L’autre partie du déficit, explique-t-il, est attribuable à l’assurance salaire. «Vous allez me dire que 800 000 $ d’assurance salaire c’est énorme, mais nous avons une masse salariale de 10 millions $ et ça n’a vraiment pas été une bonne année, l’an passé. Il y a eu plus de maladies», explique-t-il.

«Au niveau des gestionnaires, sur un budget de 7 millions $, on a à peu près 40 000 $ d’assurance maladie. Si un directeur d’école tombe malade, tu passes de 40 000 $ à 65 000 $, mine de rien, ça fait une augmentation de 3 %. Il y a des aspects comme ça qui sont hors de notre contrôle», explique M. Lemaire.

«Nous sommes une des commissions scolaires au Québec qui investit le plus au niveau des élèves en difficulté et les besoins sont de plus en plus grands. On ne se le cache pas. On est dans un milieu très touché, car 75 % de nos écoles sont en milieu défavorisé donc, ça amène plus d’élèves en difficulté. Ce sont des investissements de plus. On est en train de travailler pour voir comment on peut soutenir le plus d’élèves possible à moindre coût, mais en même temps, on ne fait pas de miracles et l’an passé, ça a été une grosse année en termes de coûts additionnels», explique-t-il.