Un des terrains mis en vente par le Club jockey du Québec accueille les estrades Villeneuve du GP3R.

L’hippodrome vend des terrains utilisés par le GP3R

Trois-Rivières — Le Club jockey du Québec a mis en vente trois terrains de l’hippodrome de Trois-Rivières qui ne sont pas utilisés pour ses activités. Or, ces terrains accueillent des estrades, des paddocks et une partie du circuit du Grand prix de Trois-Rivières (GP3R), événement qui en sera à sa 50e édition en 2019.

Ces trois terrains, proposés dans deux annonces de RE/MAX de Francheville, sont situés le long de la rue Papineau et près de l’avenue Gilles-Villeneuve ainsi qu’entre la rue du Stade et la piscine de l’Expo. Les prix demandés sont de 1,4 million $ pour les deux lots bordés par la rue Papineau (11 072 m2) et de 850 000 $ pour celui près de la piscine (5445 m2). Il s’agit de terrains achetés en 2012 par le Club jockey du Québec, l’entité propriétaire de l’hippodrome de Trois-Rivières, à la suite de la faillite d’Attractions Hippiques. «Ce sont des parcelles de terrains que nous n’utilisons pas», explique Serge Lemieux, directeur général du Club jockey du Québec.

«Plusieurs organismes autour de nous, dont la Ville, utilisent ces terrains, mais c’est nous qui payons les taxes.»

Le Club jockey du Québec souhaite vendre ces actifs inutilisés afin d’investir dans son offre de services. «Nous voulons faire l’acquisition d’activités commerciales qui vont nous permettre de générer de la croissance dans l’industrie des courses et ramener encore plus de profitabilité pour les acteurs de l’industrie», ajoute Serge Lemieux. «Nous sommes un OSBL. L’ensemble de nos profits va à l’industrie des courses. Nous donnons trois millions de dollars en bourses aux hommes et femmes à chevaux qui viennent courir à l’hippodrome.»

Souhaitant se départir de ces actifs, le Club jockey du Québec a approché la Ville de Trois-Rivières l’automne dernier pour lui parler de sa démarche. «On ne s’est pas caché. On comprend l’importance pour le Grand prix et pour la Ville. Alors on a bien communiqué nos intentions à la Ville il y a plusieurs semaines. On a donné évidemment la chance au coureur à la Ville bien avant de confier la vente à un courtier. Mais la Ville ne se dit pas intéressée par l’achat des terrains», précise le directeur général du Club jockey du Québec qui estime que l’hippodrome ne retire aucun avantage de ses voisins. «Il n’y a pas grand monde autour de moi qui m’aide. Le Grand prix, l’Expo et le baseball ne m’amènent rien. Et nous, je peux dire qu’on amène beaucoup à ces gens. Je fournis de l’espace, des stationnements et l’ensemble de nos terrains pendant cinq jours ainsi que des droits de passage. Nous donnons énormément aux organisations qui nous entourent, mais nous ne recevons jamais rien... sauf un compte des taxes.»

Cela dit, le Club jockey du Québec ne remet toutefois pas en question sa contribution pour la tenue du GP3R, dont l’épreuve de rallycross qui utilise une partie de la piste de l’hippodrome.

Ces terrains font toutefois l’objet de servitudes. Des droits de passage, prévoyant notamment la tenue du GP3R, y sont accolés. Serge Lemieux soutient toutefois que cela n’empêche aucunement la vente des terrains. Et que si un futur acheteur souhaite construire un bâtiment, ce qui compliquerait l’application des droits de passage, cela serait possible.

De son côté, la Ville de Trois-Rivières confirmait mardi soir que ces droits des servitudes sont associés à ces terrains. Elle mentionne que cela comprend un droit d’usage de 10 semaines de mobilisation par année pour cinq jours d’événement. La Ville, qui a mandaté des avocats pour étudier la situation, ne se dit pas inquiète pour l’avenir du GP3R. 

Joint en soirée, le directeur général du GP3R, Dominic Fugère, abondait dans le même sens en affirmant «qu’il n’y avait pas péril en la demeure». Il ne voulait toutefois pas faire de plus amples commentaires car les avocats de la Ville étaient chargés du dossier.

Avec la collaboration de Paule Vermot-Desroches