Gabriel Turmel-Bussières est originaire de Sainte-Sophie-de-Lévrard
Gabriel Turmel-Bussières est originaire de Sainte-Sophie-de-Lévrard

L’expérience d’une vie

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — À titre de directeur de bord chez Air Canada, Gabriel Turmel-Bussières de Sainte-Sophie-de-Lévrard a participé au rapatriement de plusieurs Canadiens coincés à l’étranger depuis le début de la pandémie.

Pour le jeune homme de 25 ans, qui réside maintenant à Calgary, il s’agit ni plus ni moins de l’expérience d’une vie. «En tant que travailleur de première ligne, il est important de faire mon devoir de citoyen et d’aider. Je me considère très chanceux de pouvoir participer à cette expérience qui constitue l’expérience d’une vie et de partager le sentiment d’accomplissement avec nos équipes et nos passagers», a-t-il déclaré.

Il a en effet participé sur une base volontaire à cinq vols de rapatriement en provenance du Pérou, de l’Espagne et de l’Algérie, à destination de Montréal et de Toronto. Il n’est pas près d’oublier la réaction des Canadiens quand ils embarquaient dans l’avion après des jours, voire des semaines d’attente et d’angoisse. «On peut ressentir leur sentiment d’apaisement, leur confort de se sentir déjà sur le sol canadien même dans un avion d’Air Canada. Après tout, on considère l’avion comme la maison», a-t-il noté.

Il se rappelle aussi les exclamations des Canadiens lorsqu’ils ont vu arriver l’équipage d’Air Canada à l’aéroport d’Alger. «Ils disaient: ‘‘nos sauveteurs sont arrivés’’. Écoutez, j’en ai eu des frissons. Ça voulait dire beaucoup. Une fois dans l’avion, ils n’ont pas cessé de nous remercier d’être venus les chercher», a-t-il ajouté.

Et que dire des applaudissements dans l’avion. «C’était surréaliste. Quelque chose que je n’avais jamais vécu sur un vol normal d’Air Canada! Les gens étaient si heureux et soulagés d’être de retour à la maison. On a eu des applaudissements lorsque nous avons fermé les portes principales, lorsque le commandant s’est adressé aux passagers, lorsque je les ai informés que nous approchions de notre destination et lorsque je leur ai souhaité la bienvenue à la fin du vol. Les émotions étaient très fortes», a-t-il raconté.

Plusieurs de ces passagers ont versé des larmes lors de l’atterrissage et en quittant l’appareil. «C’est très rare que je vois ça, mais lorsqu’ils débarquaient de l’appareil, plusieurs ont pris la peine de nous regarder dans les yeux pour nous dire un merci qui venait du cœur, les larmes aux yeux. C’est là qu’ils réalisaient qu’ils étaient rendus à la maison et en sécurité», a mentionné M. Turmel-Bussières.

Interrogé à savoir s’il a toutefois craint d’être contaminé lors de ces opérations de rapatriement, il n’a eu aucune hésitation à répondre. «Air Canada travaille d’arrache-pied afin d’assurer de saines conditions à bord. La sécurité des passagers et des membres de l’équipage est une priorité. Plusieurs mesures ont été mises en place et je fais confiance aux autorités ministérielles qui nous guident à travers cette pandémie. Alors non, je n’ai pas vraiment de craintes», a-t-il répondu.

Parmi ces mesures, il souligne que les avions sont désinfectés à chaque vol et qu’ils sont tous équipés de filtres à air très performants, que l’équipage dispose de gants, de masques et de désinfectant. Et bien qu’il soit difficile d’appliquer les règles de distanciation sociale dans l’avion, surtout lors des vols de rapatriement qui sont pleins, le service à bord est réduit et les mouvements des passagers sont minimisés.

De toute façon, il n’entend pas fermer la porte à d’autres vols de rapatriement. «Le sentiment intérieur d’avoir accompli son devoir de citoyen est tellement comblé que je souhaite en faire d’autres. Je sais que je fais une différence et que j’aide la société», a-t-il conclu.