Roger Michaud, maire de Maskinongé.

Levée du moratoire sur la pêche à la perchaude: des chiffres réclamés au ministère

MASKINONGÉ — Le conseil municipal de Maskinongé a refusé d’appuyer la demande de l’Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre qui demande la levée du moratoire sur la pêche à la perchaude.

Rappelons que l’Association, présidée par Jean Lévesque, a rencontré les municipalités riveraines du lac Saint-Pierre, au cours des derniers mois, dans le but d’obtenir des résolutions d’appui pour demander au nouveau gouvernement de lever ce moratoire et de permettre la capture d’un certain nombre de perchaudes par les pêcheurs sportifs seulement.

L’Association se base sur une étude privée réalisée par un biologiste de Nicolet à la retraite, Raymond Faucher, selon laquelle les perchaudes sont maintenant assez abondantes pour permettre une certaine pêche sportive. M. Faucher estime également que le gouvernement devrait mettre en place des mesures pour éliminer un certain pourcentage des cormorans à aigrette au lac Saint-Pierre car ils seraient, selon lui, la cause principale de l’effondrement des stocks de perchaude.

Ces conclusions, rappelons-le, sont vivement contestées par le professeur Pierre Magnan de l’UQTR qui est à la tête du comité scientifique chargé d’étudier et de suivre ce dossier en collaboration avec les biologistes du ministère.

Le maire Michaud, qui est président de l’Association des pêcheurs commerciaux du lac Saint-Pierre, estime que «si l’on veut que ça avance il faut travailler ensemble: l’Aire faunique communautaire du lac Saint-Pierre, nous autres et eux autres. Si l’on travaille en silos, ça n’avancera pas. Lorsque j’ai proposé la résolution à mes conseillers et conseillères, ils l’ont étudiée et ils en sont venus à dire qu’on va attendre que le ministère se prononce. Tant que le moratoire sera là, on va le respecter», dit-il. «Et ça, c’est la décision des conseillers et non la mienne», souligne-t-il.

«Depuis le début, je dis qu’il faut travailler ensemble et non en silos et ils s’obstinent tout le monde à travailler tout seuls», déplore-t-il.

En principe, indique M. Michaud, une nouvelle étude sur la perchaude devrait être réalisée ce printemps sur l’état des stocks avec le ministère et une autre à l’automne. «Si l’on veut faire quelque chose, à la suite de cette étude-là, c’est de mettre de la pression pour que les résultats sortent en 2020 pour rouvrir la pêche un an plus de bonne heure, soit en 2021 au lieu de 2022», propose-t-il.

«Des études ont été faites par les biologistes du gouvernement en 2013, au printemps et à l’automne, une autre en 2016, également au printemps et à l’automne et ils y retournent en 2019, au printemps et à l’automne, afin de pouvoir comparer les données», explique M. Michaud.

Le maire de Maskinongé croit que «le ministre n’ira pas contre le professeur Pierre Magnan», d’autant plus que «les grosses municipalités ont dit non» à la demande d’appui de l’Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre, rappelle Roger Michaud qui est également président de l’Association de pêcheurs commerciaux du lac Saint-Pierre. Le moratoire sur la perchaude, dit-il, lui coûte 30 % de ses revenus depuis le début du moratoire. Malgré tout, il faut obtenir des données scientifiques avant de lever le moratoire, estime-t-il. «Avec des chiffres, on peut comparer», fait-il valoir.