Le président-directeur général de la Financière agricole, Ernest Desrosiers, à gauche, était de passage à Saint-Sévère, mardi, à la ferme de la famille Dupont et de Chantal Pipon, à droite sur la photo.

Les producteurs de marijuana couverts par la Financière agricole

À moins d'un an de sa possible entrée en fonction, le débat entourant la légalisation du cannabis est sur toute les lèvres,  mais qu'en sera-t-il de la protection que pourront obtenir les producteurs de marijuana? Si tout se déroule dans le respect des lois et des normes en vigueur, les producteurs devraient être traités de manière équivalente aux producteurs d'autres cultures. C'est du moins l'avenue mise de l'avant par la Financière agricole actuellement.
C'est ce qu'a affirmé le président-directeur général de la Financière agricole du Québec, Ernest Desrosiers, lors de son passage en Mauricie, mardi, dans le cadre de sa tournée des fermes de productions laitière et maraîchère du Québec. 
Même s'il est conscient de la grande sensibilité du dossier de la légalisation de la marijuana, M. Desrosiers estime que cette culture, qui est régie de manière différente, devra être analysée sous plusieurs angles au cours des prochains mois par son équipe. «Nous aussi on va devoir faire un apprentissage sur ce dossier, car c'est nouveau aussi pour nous. Mais si des gens viennent nous voir pour qu'on les soutienne, si leur projet est fait dans les règles de l'art, c'est certain qu'on va traiter leur demande», précise-t-il.
Cette visite de la ferme laitière et maraîchère de la famille Dupont de Saint-Sévère, qui dispose de nouvelles installations à la fine pointe de la technologie, s'inscrit dans la volonté du patron de la Financière agricole d'effectuer des visites dans plusieurs régions du Québec afin de discuter avec les producteurs de la présente saison des récoltes. «Pour nous, c'était un grand risque quand on a pris la décision de bâtir en neuf, mais de voir qu'il a cette préoccupation de venir nous rencontrer, c'est une belle ouverture de sa part de venir voir comment ça se déroule sur le terrain», mentionne une des propriétaires de l'endroit, Chantal Pipon.
Si la ferme de la famille Dupont a passablement été épargnée lors des inondations du printemps dernier, ce ne sont pas tous les producteurs de la région qui ont eu la même chance. En effet, dans le bilan de mi-saison en assurance récolte pour la région de la Mauricie de la Financière agricole, 32 avis de dommages en lien avec les inondations ont été répertoriés par l'organisme. Du côté du Centre-du-Québec, ce sont 20 avis qui ont été reçus.
«On a eu plusieurs demandes de producteurs de la Mauricie cette année en lien avec les inondations qui sont venues affecter leur récolte. Mais étonnamment, la saison va quand même bien actuellement malgré le retard», souligne Ernest Desrosiers.
Bien conscient de la réalité qu'ont vécue les producteurs agricoles de la région au printemps dernier, M. Desrosiers souhaite en rencontrer une grande partie pour discuter avec eux et ainsi, leur présenter les différentes alternatives qui leur sont offertes. «L'assurance récolte est un programme pour gérer les risques, mais même si on les encourage à s'assurer on est aussi conscient qu'il existe d'autres programmes qui peuvent mieux convenir à certains producteurs et c'est ce qu'on leur explique», précise M. Desrosiers.