Le curé de la paroisse Du-Bon-Pasteur, François Donaldson.
Le curé de la paroisse Du-Bon-Pasteur, François Donaldson.

Les ventes de cinq églises de Trois-Rivières autorisées [VIDÉO]

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — La fabrique de la paroisse Du-Bon-Pasteur peut aller de l’avant avec les ventes de cinq églises faisant partie de son parc immobilier. L’évêque de Trois-Rivières, Mgr Luc Bouchard, l’a en effet autorisée à accepter les offres d’achat non sollicitées pour les églises Saint-Sacrement, Saint-Jean-de-Brébeuf, Sainte-Marguerite, Notre-Dame-des-Sept-Allégresses et Jean-XXIII. 

La paroisse touchera une somme totale estimée à 2,2 millions de dollars en vertu de ces transactions. Il n’a cependant pas été possible de connaître les sommes que les promoteurs payeront pour chacune des églises. Le coordonnateur de la pastorale paroissiale, Michel Lévesque, a indiqué néanmoins qu’il s’agit de «montants substantiels» et a assuré qu’aucun bâtiment ne sera vendu pour la somme symbolique d’un dollar.

Outre l’église Saint-Sacrement, qui deviendra la propriété du Centre de ressources Alzheimer Carpe Diem en vertu de l’option d’achat qu’elle possédait, tous les lieux de culte seront vendus à un groupe composé de gens d’affaires trifluviens ou ayant des liens avec Trois-Rivières. Bien que leurs identités n’ont pas été dévoilées lors de la conférence de presse annonçant que Mgr Bouchard donnait son aval, ils y étaient représentés via visioconférence par leur avocat, Me Nicolas Laurin.

Ces promoteurs envisagent de transformer le site de l’église Saint-Jean-de-Brébeuf en résidence pour personnes âgées qui comptera environ 300 unités. Pour celui de l’église Sainte-Marguerite, les promoteurs caressent l’idée d’y aménager un complexe résidentiel composé de 150 logements sociaux. L’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses devrait quant à elle céder sa place à une clinique médicale. En raison de leur âge et, surtout, de leur état, ces constructions devront être détruites afin de permettre la réalisation des projets.

«C’est ce qui est sur les planches actuellement. Pour ce qui est du quatrième site [l’église Jean-XXIII], je n’ai pas de précisions à donner pour l’instant mais nous y implanterons évidemment un projet qui sera utile à la communauté», a expliqué Me Laurin.

La directrice générale de Carpe Diem, Nicole Poirier, était pour sa part physiquement présente lors de la rencontre avec les médias. Elle a profité de l’occasion pour rappeler que l’organisme qui occupe le presbytère adjacent à l’église Saint-Sacrement depuis 25 ans travaille déjà sur un projet d’agrandissement sur le terrain de stationnement situé à l’arrière des deux bâtiments. Elle a précisé cependant que l’acquisition de l’église ne le modifiera pas et que son conseil d’administration a décidé de se prévaloir de son option d’achat afin d’assurer la quiétude du secteur. Sans dénigrer les visées du promoteur qui avait déposé l’offre d’achat initiale pour le lieu de culte du boulevard Saint-Louis – ce dernier voulait le convertir en une salle de spectacle et de diffusion culturelle – elle craignait néanmoins que le brouhaha causé par de tels événements aurait passablement dérangé ses résidents. Par contre, Carpe Diem ne sait pas pour le moment ce que deviendra sa nouvelle propriété.

«On veut faire quelque chose de communautaire, d’utile et de complémentaire à notre mission. On a été surpris car on ne s’attendait pas à ce qu’il y ait une offre d’achat non sollicitée. [Avant d’utiliser notre option d’achat], on s’est assuré que ça ne mette pas en difficultés financières Carpe Diem. On est donc allé chercher un partenaire qu’on ne peut pas dévoiler pour l’instant», explique Mme Poirier.

La décision à prendre

Ces cinq ventes arrivent au moment où la paroisse Du-Bon-Pasteur est aux prises avec d’importantes difficultés financières. Effectif réduit en personnel permanent, diminution des bénévoles impliqués et baisse importante des revenus, ces problématiques ébranlaient déjà l’ensemble paroissial le plus populeux du diocèse de Trois-Rivières avant la pandémie. Sans surprise, elles se sont accentuées avec les mois de fermeture des églises lors du confinement du printemps et depuis que Trois-Rivières se retrouve en zone rouge, ce qui limite les assemblées à 25 personnes.

«Accepter ces offres nous paraissait la décision à prendre. Par la suite, les énergies seront mises à accompagner la vie des communautés chrétiennes touchées par la vente des églises. Nous découvrirons ensemble comment poursuivre notre vie de foi, notre vie paroissiale et nos activités d’évangélisation autrement. Je suis de tout coeur avec les paroissiens et paroissiennes dans ce changement dont la décision n’a pas été facile à prendre», a déclaré le prêtre modérateur de la paroisse, l’abbé François Donaldson.

Par ailleurs, Mgr Luc Bouchard présidera dans chacune des églises une dernière messe d’Action de grâce au cours de la prochaine semaine. Les dates sont déjà fixées puisque les acquéreurs prendront sous peu possession des églises, à l’exception de l’église Jean XXIII. L’acquéreur consent en effet à ce que la paroisse conserve l’utilisation de ce lieu jusqu’à nouvel ordre. La poursuite des messes dominicales reprendra d’ailleurs à l’église Jean-XXII à compter du 7 novembre prochain. À l’église Saint-Jean-de-Brébeuf, ladite célébration aura lieu ce vendredi à 16 h. Du côté de Notre-Dame-des-Sept-Allégresses, elle se déroulera à huis clos pour des mesures de sécurité le mardi 27 octobre, à compter de 10 h. Pour les églises Saint-Sacrement, elles se tiendront respectivement le jeudi 29 octobre, à 10 h et le samedi 31 octobre 2020, à 16 h.

En raison des mesures sanitaires actuellement en vigueur à Trois-Rivières, seulement 25 personnes pourront assister à ces messes. Des informations seront données par la paroisse pour les modalités de participation.