Les bandelettes sous-urétrales ont causé des problèmes à des patientes québécoises.
Les bandelettes sous-urétrales ont causé des problèmes à des patientes québécoises.

Les urologues répondent à Cynthia Gagné

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — L’Association des urologues du Québec, par la voix de son président Steven P. Lapointe, a répondu au cri du cœur lancé par Cynthia Gagné, cette femme de Saint-Boniface qui poursuit ses démarches dans le dossier des bandelettes sous-urétrales.

Alors que cette mère de famille disait vouloir tendre une main au système de santé au nom des centaines de femmes souffrant de problèmes liés à ces bandelettes, l’association a voulu apporter quelques précisions.

Pour le regroupement de 168 urologues, les conséquences indésirables liées à l’implantation du dispositif qui vise à prévenir l’incontinence urinaire à l’effort représentent encore une proportion minime des patientes ayant reçu ce traitement. C’est ce qu’il explique dans une lettre ouverte publiée ce matin dans nos pages.

«On mentionne dans votre lettre que 800 femmes participent à un groupe Facebook pour les femmes pour qui la pose de bandelettes pour incontinence urinaire a été très problématique. Donc, au Québec, sur près de 80 000 patientes qui ont subi l’intervention sur une période de près de 20 ans, environ 1 % des patientes opérées ont présenté ces complications sévères. Dans toutes les sphères de la médecine, il existe pour certains patientes et patients diverses complications à des traitements qu’on ne retrouve pas pour l’ensemble des personnes guéries ou soulagées par des interventions», note le président de l’Association des urologues du Québec.

Le regroupement dit toutefois comprendre la détresse des femmes confrontées à ces complications. «Nous prenons cette situation avec sérieux et sommes très sensibilisé(e)s à leur désarroi. Il faut savoir qu’heureusement, des traitements de retrait de bandelettes sont réalisés ici au Québec par des spécialistes reconnu(e)s. Nul besoin d’aller aux États-Unis. D’autre part, nous collaborons avec le Collège des médecins pour nous assurer que les femmes qui ont développé ces complications reliées aux bandelettes soient convenablement orientées. Les résultats de ces travaux seront connus au printemps», indique M. Lapointe, réagissant aux informations divulguées par Cynthia Gagné voulant que les chirurgies de retrait des bandelettes ne sont que partielles au Québec, et que la RAMQ peine à fournir une liste constante des spécialistes au Québec, plusieurs informations contradictoires ayant été cumulées par le groupe de soutien de Cynthia Gagné à ce sujet.

Selon le Dr Lapointe, plusieurs séances de formation ont été tenues depuis trois ans auprès des spécialistes pour mieux comprendre les développements récents concernant cette délicate chirurgie ainsi qu’au sujet des complications potentielles associées à la pose de bandelettes aux patientes.

Alors que Mme Gagné faisait état que des urologues se sont infiltrés sur le groupe de soutien de ces femmes au cours des derniers mois, le Dr Lapointe indique finalement ne pas être au courant de ces activités et de ne pas endosser ces démarches.