Tout comme les trois amis qui les accompagnaient, Daniel Désilets et sa conjointe Micheline Héroux de Trois-Rivières sont enfin de retour à la maison, sains et saufs.
Tout comme les trois amis qui les accompagnaient, Daniel Désilets et sa conjointe Micheline Héroux de Trois-Rivières sont enfin de retour à la maison, sains et saufs.

Les Trifluviens coincés en Espagne de retour à la maison

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Les cinq citoyens de la région qui étaient coincés sur la Costa Del Sol en Espagne ont finalement pu rentrer au pays dans les conditions sécuritaires espérées, compte tenu du contexte actuel.

Après des démarches qui se sont étirées sur une douzaine de jours, ils ont en effet été en mesure de s’enregistrer sur un vol d’Air Transat le 27 mars et de revenir à la maison sains et saufs, via une courte escale par Halifax. «Quand nous avons enfin pu nous asseoir dans l’avion à Malaga, on a vraiment senti le stress s’échapper. Nous avions le sentiment que nous étions sauvés. C’était très intense. Et quand nous avons atterri à Montréal, c’était le sauvetage total!», s’est exclamé Daniel Désilets, 72 ans de Trois-Rivières.

Lui, sa conjointe âgée de 71 ans et trois amis (âgés de 63 ans, 73 ans et 87 ans), se sont retrouvés bien malgré eux pris au piège de la pandémie. Le groupe de Québécois avait atterri en Espagne sur un vol de Swissair le 3 mars dernier avec un billet de retour prévu le 7 avril, qui a évidemment été annulé.

Au départ, il explique que rien ne présageait que la situation allait se détériorer aussi rapidement, d’autant plus que la crise de la COVID-19 était surtout en Chine. À son arrivée sur la Costa Del Sol, tout était normal et les commerces fonctionnaient comme à l’habitude. Le concept de pandémie est apparu selon lui le 12 mars. Suivant les conseils des autorités canadiennes, M. Désilets a ensuite acheté des billets d’avion pour rentrer au pays le plus vite possible via une escale à Paris prévue le 20 mars, et ce, à un coût de 2300 $ chacun. Mais le vol a été annulé et leur argent n’a jamais été remboursé.

Le groupe a poursuivi ses démarches mais toujours sans succès. Air Transat a ensuite dépêché entre le 22 mars et le 27 mars un avion par jour en partance de Malaga pour ramener les Canadiens à Montréal.

Le problème est qu’il leur était impossible de s’enregistrer à l’avance sur ces vols via le site de réservations d’Air Transat. Ils étaient en effet obligés de faire leurs valises, d’abandonner les condominiums qu’ils louaient à Almunécar, de se présenter à l’aéroport et de faire la file pour tenter d’obtenir des sièges sans avoir aucune garantie, ce qui leur apparaissait très dangereux vu le risque d’infection dans un aéroport.

En d’autres mots, ils demandaient un retour au pays le plus rapidement possible dans un contexte sécuritaire et fiable.

M. Désilets a alors fait appel au Nouvelliste. La publication d’un article combinée aux démarches de son fils sur les réseaux sociaux ont finalement porté fruit.

La délégation du Québec à Barcelone, Air Transat, l’ambassade du Canada et les attachés de presse et adjoints du ministre François-Philippe Champagne et de la députée Louise Charbonneau se sont mobilisés pour leur garantir un retour au Québec. Ils ont en effet pu s’enregistrer à l’avance pour le départ du 27 mars à un coût de 600 $ chacun. Ils ont également trouvé des taxis prêts à les conduire à l’aéroport et les laissez-passer du gouvernement espagnol pour circuler sur les routes.

Certes, ce fut le choc à l’aéroport. 


« Il y avait du monde, ça n’avait pas de bon sens. À première vue, il y avait plus de monde que de places dans l’avion, ce qui a augmenté notre stress de ne plus pouvoir partir. »
Daniel Désilets

À ce sujet, il tient à souligner le courage, le professionnalisme, la patience et la politesse des employés d’Air Transat. «Qu’ils acceptent de voyager en présence de présumés pestiférés comme nous, c’est déjà bon. Ils ont travaillé fort entre autres pour inciter les gens à respecter la distanciation requise dans la file d’attente», a-t-il ajouté.

Dans l’avion par contre, aucune distanciation n’était possible entre les sièges. L’avion était bondé. «Une seule place était libre et elle était à côté de nous. Tout un hasard! Nous n’avions pas le droit de nous déplacer sauf pour aller aux toilettes et c’était un à la fois. Pas de file possible. Le personnel prenait beaucoup de précautions pour éviter la contamination», a-t-il raconté.

À leur arrivée à l’aéroport de Montréal, les Canadiens ont été interrogés aux douanes à savoir s’ils avaient des symptômes de coronavirus. Et surtout, ils ont dû s’engager à rentrer directement chez eux sans faire de halte et à respecter l’isolement obligatoire. Lors d’un contrôle aléatoire à la sortie, ils ont aussi été informés qu’ils seraient contactés à leur domicile pour s’assurer qu’ils respectaient les consignes d’isolement.

Lorsque rejoint lundi matin par téléphone, M. Désilets soutient qu’aux dernières nouvelles, tout le monde semblait en bonne santé dont l’aînée de 87 ans. «On réalise à quel point nous sommes démunis et vulnérables lorsque nous ne sommes pas dans notre pays, même si l’Espagne est très évoluée. Ce n’était pas le temps de tomber malade. Par contre, j’ai constaté une belle solidarité dans toute cette affaire», a-t-il conclu.