Une manifestation s’est tenue vendredi matin devant le CHAUR afin de revendiquer plus de personnel en hygiène et salubrité.

Les travailleurs inquiets des coupures

TROIS-RIVIÈRES — Les coupures connues depuis les derniers temps dans le système de santé mettent de plus en plus de pression sur les équipes dédiées à l’hygiène et la salubrité, soulevant des craintes chez les employés pour leur propre sécurité mais également celle des usagers des différents services du réseau. Le Syndicat du personnel paratechnique des services auxiliaires et de métiers (CSN) revendique d’ailleurs que la direction du CIUSSS-Mauricie et Centre-du-Québec augmente les effectifs pour éviter des conséquences qui pourraient s’avérer dangereuses pour la population.

Réunis à l’occasion d’une manifestation tenue vendredi matin devant le CHAUR de Trois-Rivières, les représentants du syndicat accompagnés de travailleurs ont expliqué vouloir agir en prévention, avant que des cas d’éclosion de maladies nosocomiales ne surviennent et affectent la santé des travailleurs mais également des patients.

«Il faut dénoncer au public que les mesures prises récemment font mal à notre réseau, en particulier en hygiène et salubrité. On a de la misère à appliquer nos méthodes de désinfection, on a toujours de la pression, ça presse tout le temps. Dans nos méthodes de travail, on a des choses à respecter, des temps de désinfection à respecter», résume Michel Godin, employé en hygiène et salubrité au CHAUR.

Selon lui, les équipes sont, sur chaque quart de travail, en nombre insuffisant pour répondre à la demande, tant en ce qui concerne les routes de travail déjà prévues que les cas de désinfection qui s’ajoutent au fil du temps, lorsqu’un patient quitte une chambre notamment et qu’on souhaite en monter un autre des urgences jusque sur les étages.

«Avec les années, on a de plus en plus de départs, de désinfection à faire. Ça alourdit notre tâche, on a beaucoup de difficulté à passer à travers nos routes de travail qui sont pénalisées. Dans certains cas, ça touche même des cliniques. C’est quand même important, il y en a qui vont se faire soigner dans la journée. Nos routes sont pénalisées et on visite les gens un peu en catastrophe. On a déjà connu par le passé des épisodes de C. difficile où les gens sont décédés et on ne tient pas à ce que ça arrive. On a plus de respect que ça pour nos membres et pour les citoyens», croit M. Godin.

Pour Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (CSN), il s’agit là d’une démonstration claire de l’effet des coupures. «Le problème est réglable, en ajoutant deux ou trois personnes par quart de travail. Avec l’ouverture de la phase 2 du CHAUR, on n’a aucune idée de ce qui va se passer pour nos équipes. On n’est pas ici parce qu’il y a des décès, mais parce qu’on veut prévenir», souligne M. Begley.

Le syndicat revendique notamment d’obtenir l’ajout d’une ou deux personnes par quart de travail, une équipe qui serait exclusivement dédiée à la désinfection, ce qui permettrait aux autres équipes de terminer leurs routes de travail sans devoir constamment interrompre leurs tâches.

CIUSSS
Au CIUSSS, on dit avoir déjà entamé des discussions avec les représentants syndicaux, et des actions devaient être prises cet automne. Entre-temps, des solutions spécifiques sont mises en place, notamment avec l’ajout d’heures lorsque la situation le demande, précise Valérie Provencher,porte-parole au CIUSSS. Les routes de travail ont également été modifiées en collaboration avec les équipes.

Par ailleurs, le CIUSSS assure que des postes seront ajoutés en lien avec la phase 2, mais que les heures n’ont pas été réduites. «On ne prend pas l’hygiène et la salubrité à la légère, bien au contraire, et nos équipes ont d’ailleurs un apport considérable dans la non-transmission des maladies nosocomiales», ajoute Valérie Provencher, qui révèle que les cas de ce genre de maladie ont diminué de 8 % au CHAUR, et de 21 % dans l’ensemble du réseau l’an dernier, effet direct selon elle du travail toujours soutenu des équipes en hygiène et salubrité.